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Joan Crisol, photographe, met les hommes à nu

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Joan Crisol, photographe, met les hommes à nu

Avec plus de 140.000 followers sur Instagram, le photographe de nu masculin Joan Crisol attire les foules. À voir son travail, il est facile d’en comprendre la raison ! Originalité dans les poses, les expressions, les accessoires, les lieux ou les couleurs : les images de Joan interpellent. Interview à cœur ouvert…

Joan Crisol : « J’ai obtenu un diplôme universitaire de chimiste et j’ai commencé à travailler dans un laboratoire. Avant de tout plaquer quand j’ai réalisé que je n’étais pas heureux.

« Je me suis mis à à étudier la photographie. Puis j’ai quitté Barcelone pour m’installer à Madrid, car là se trouvaient tous les magazines les plus importants d’Espagne. C’est ainsi que ma carrière de photographe a démarré, il y a 22 ans déjà ! »

Joan Crisol, un enfant de la Movida espagnole

« Je n’ai jamais vraiment eu de spécialité… En fait, j’essaie de faire ce que j’aime en me demandant quelle pourrait être ma contribution artistique. Évidemment, l’érotisme fait partie intégrante de mon travail, mais cela n’a jamais été intentionnel. Cela m’a permis de m’extérioriser, en tant que jeune homme gay dans l’Espagne des années 80. À cette époque, j’avais peur d’avouer qui j’étais aux autres. J’avais aussi des anxiétés qui troublaient mon développement personnel.

« Devenir photographe a représenté pour moi une explosion sur les plans professionnel comme personnel. Comme un cri de liberté ! Or, quelle meilleure représentation de la liberté que le corps nu ? Nous nous montrons dans notre plus simple appareil, vraiment : nous sommes nous-mêmes et rien d’autre. De la même façon, ma photographie représente exactement ce que je suis.

« Durant mes premières années de carrière, aucun magazine n’a voulu m’embaucher. Les rédacteurs me disaient toujours qu’il fallait que je travaille mon identité propre, mon esthétique. Cela me rendait fou ! Si bien que je continuais de chercher et chercher encore. Avec le recul, je ne pense pas qu’il faille chercher. Au contraire, il convient d’arrêter de penser… de lâcher prise et d’attendre que tout se mette en place de façon organique. En réalité, je pense très peu à mon travail ; je planifie à peine ; et j’aime improviser, beaucoup.

« J’aime le corps masculin. Bien que je le photographie depuis plus de 20 ans, je ne m’en lasse pas. J’apprécie chaque photo que je prends, et je pense que cela se voit sur mes clichés. J’y mets toute mon énergie : je crie, je ris, je pousse l’équipement à la limite de ses possibilités techniques. C’est ainsi : je donne tout ce que j’ai à mon travail. »

Joan Crisol à l’école de la vidéo et du mouvement…

« Pendant de nombreuses années, j’ai été directeur de la photographie sur des clips vidéo pour une société de production underground à Madrid. Nous avons alors fait des vidéos pour des groupes alternatifs, presque sans budget : c’était très amusant ! J’ai ainsi beaucoup appris sur les lumières. Cela m’a poussé à utiliser un éclairage un peu particulier. Néanmoins, je suis aussi très politiquement incorrect… Héhé… et j’adore ça ! Finalement, j’ai pris toutes ces expériences comme autant d’apprentissages. C’est la raison pour laquelle j’obtiens aujourd’hui les résultats que je recherche.

« Je veux toujours continuer de jouer, apprendre et grandir en tant qu’artiste. Ainsi, je ne veux pas faire la même chose que l’année précédente. Et surtout, je ne veux pas m’ennuyer, cela serait horrible ! Les lumières font partie intégrante de mon travail, mais nous nous servons de tout ce qui nous tombe sous la main (outils, accessoires… parfois inattendus). Après tout, nous ne sommes que des artisans photographes ayant parfois recours à la technologie. Et nous recherchons ce petit plus, ce petit grain de folie qui surprendra le public. »

Parmi les commanditaires de Joan Crisol : moins de magazines, plus de marques

« Pendant dix ans, j’ai travaillé quasi-exclusivement avec des magazines féminins. J’ai également travaillé pour Playboy, FHM, Interviu (l’équivalent de Playboy, mais avec des stars de la télévision espagnole), etc.

« Malheureusement, tous les magazines féminins espagnols ont arrêté leur publication. À présent, je vis des campagnes pour sous-vêtements masculins et des magazines people.

« Bien entendu, j’adore aussi photographier les filles, mais c’est plus compliqué. Les shootings demandent plus de préparation, en termes de maquillage et de stylisme. Si bien que je ne peux me permettre d’être aussi organique que lorsque je travaille avec les ‘boys’. »

Joan Crisol : « Et vous, déshabillez-vous ! »

« Chaque personnalité que je photographie représente une expérience unique. J’aime déshabiller les gens pour la première fois. Cela témoigne de la grande confiance qui se noue entre modèle et photographe.

« Dans la vie, il convient de faire ce qui nous rend heureux, sans crainte. Ainsi, je me suis déjà déshabillé dans la rue, des plaintes ont été déposées, j’ai été insulté, etc. Mais je m’en fiche ! »

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Nestor

Nestor (nu masculin)
Nestor’s Engaging gaze (c) Joan Crisol

« Cette séance était la première que j’ai faite avec Nestor. Nous parlions sur les réseaux depuis des années. Mais, avec la pandémie, il n’avait pu se rendre à Madrid comme il l’avait prévu. À l’époque, il travaillait pour l’armée espagnole à Saragosse. Avec le corps et les proportions qui étaient les siennes, je n’avais aucun doute sur le succès de ces prises de vue. Car c’est un véritable dieu grec et les photos se devaient d’être centrées sur la beauté du muscle. Je suis très hellénique esthétiquement, donc j’aime ce type de travail. De plus, il a un regard très puissant, ce qui donne beaucoup de vie et de langage à ses photos. »

Marc

Joan Crisol, photographe, met les hommes à nu
Marc, Josdavo et Jonathan (c) Joan Crisol

« Parmi les personnes que j’aime le plus photographier, il y a les danseurs. Car ils réunissent beauté physique, mouvements du corps et expressivité… De plus, les shootings impliquant des danseurs représentent une difficulté supplémentaire (que j’adore), à savoir : représenter le mouvement. Tandis qu’ils bougent, je me dois de les observer et de capturer l’instant. C’est un challenge, mais, en général, le résultat en vaut la chandelle.

« Marc est le petit ami d’un ami à moi. Par ailleurs, il est chorégraphe et c’est un grand danseur contemporain. Cette série a été conçue entre mode, mouvement et corps. Nous avons assemblé ces éléments entre eux, sans vraiment savoir ce qui allait en sortir. En effet, j’aime travailler comme ça ! »

Jonathan

Joan Crisol, photographe, met les hommes à nu
Deux portraits de Jonathan (c) Joan Crisol

« Jonathan Guijarro est l’un de mes modèles fétiches. C’est un grand ami et il est l’un des rares modèles que je connaisse qui insiste pour être photographié toujours nu. Il préfère le nu aux photos de mode. Ce goût nous a rapprochés. Nous aimons nous échapper de Madrid, visiter des lieux et prendre des photos. Il est comme moi, accro aux photos et au corps ! Pour cette série, on nous avait laissé une maison incroyable. En deux heures de temps, j’ai pris tellement de photos que j’aurais pu en tirer cinq séries totalement différentes. Photographier des modèles incroyables sur des lieux spectaculaires me remplit toujours d’une joie intense ! »

Josdavo

« Quant à Josdavo, il a rencontré Jonathan Guijarro lors d’une session que j’ai faite il y a quelques mois pour Modus Vivendi. Depuis, ils se sont revus plusieurs fois et sont devenus amis. Josdavo est un mannequin qui vient de la mode. J’ai trouvé extrêmement intéressant de faire cette série de portraits, certains tirant davantage vers la mode, d’autres, plus érotiques. Toutes les photos de ce shooting se sont révélées spectaculaires. En fin de compte, ce qui a vraiment compté, c’était l’alchimie entre les garçons plus encore que la beauté de leurs corps. Nous sommes d’abord et avant tout humains et projetons ce que nous avons en nous-mêmes. »

Joan Crisol & Two In Red

Photographier la nudiité
Poderio Magazine (c) Joan Crisol

« Cette photo fait partie d’un projet dont la direction artistique était assurée par les deux frères jumeaux Two in Red. Je collabore régulièrement avec eux car ils ont une vision artistique particulière qui m’intéresse et que j’adore !

« PODERIO MAGAZINE est le résultat d’un travail réalisé avec des personnes dont nous avons représenté le corps de façon réaliste, qu’il soit normatif ou pas. Le but de cette série consistait à revendiquer l’égalité sous tous ses aspects. Spoiler : nous y avons inclus les portraits d’une grande sociologue et les témoignages de personnes non normatives, qui feront sûrement réfléchir vos lecteurs. Toutes les photos sont inspirées de campagnes réelles lancées par de grands noms de la mode ou de la cosmétique ! »

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