Portrait de Camille Cerf, marraine de Miss France 2026

Camille Cerf : de reine de beauté à reine des plateaux télé

Lors de la conférence de presse du concours Miss France 2026, une annonce historique résonne. Camille Cerf devient la première marraine officielle de l’élection, dix ans après son propre sacre. Une nomination qui dépasse le symbole et dessine les contours d’une influence durable.

Entre dentelles calaisiennes et plateaux télévisés, entre lutte contre le cancer et authenticité revendiquée, comment une trentenaire parvient-elle à conjuguer carrière médiatique et engagements profonds ? Six territoires d’action révèlent une vision renouvelée de l’élégance française, loin des paillettes éphémères.

Marraine Miss France 2026 : une première historique

Le 7 novembre 2025, TF1 convie la presse à la présentation officielle de Miss France 2026. Parmi les annonces, une nouveauté majeure : la création d’un rôle de marraine. Camille Cerf, élue Miss France en 2015, se voit confier cette fonction inédite dans l’histoire du concours.

« Je suis très fière d’être la première et j’espère qu’il y en aura plein d’autres« , déclare-t-elle lors de la conférence. Une spontanéité caractéristique qui a toujours marqué ses prises de parole publiques.

Ce rôle va bien au-delà des apparitions protocolaires. Camille accompagnera la lauréate tout au long de son année de règne, dès les élections régionales, lui apportant conseils et soutien dans une démarche profondément humaine. Lors de la conférence, elle évoque sa propre expérience : « Je me souviens que j’ai passé beaucoup de temps à ‘jouer à la Miss France’ sans l’être vraiment. On veut qu’elle sache que c’est elle la Miss France et qu’on a envie de découvrir qui elle est.« 

Cette nomination intervient dans un contexte sensible. Après les polémiques qui ont émaillé le règne d’Angélique Angarni-Filopon, Miss France 2025, l’institution cherche à apaiser le concours. La Miss Martinique avait été confrontée à une vague de harcèlement suite à sa réponse hésitante lors d’une question sur Charlie Hebdo. Frédéric Gilbert, président de la société Miss France, explique : « Une marraine qui accompagnera la Miss France en titre tout au long de l’année sur différents événements. »

Camille Cerf sera également membre du jury lors de l’élection qui se tiendra le 6 décembre 2025 au Zénith d’Amiens. Un retour symbolique dans sa région d’origine, elle qui fut la première Miss Nord-Pas-de-Calais élue Miss France le 6 décembre 2014.

Le concept de marrainage n’est pas nouveau pour elle. Elle l’avait déjà imaginé il y a dix ans, lors d’un stage au sein de la société Miss France dans le cadre de ses études en école de commerce. « Je voulais que les candidates régionales soient mieux accompagnées dès le départ. Et qui de mieux qu’une ancienne Miss France pour les épauler ? » explique-t-elle.

Créatrice de lingerie : valoriser le savoir-faire calaisien

Depuis 2019, Camille Cerf signe des collections pour Pomm’Poire, marque française de lingerie. Une collaboration qui célèbre l’artisanat des Hauts-de-France, sa région d’origine.

« Originaire de Calais, j’avais envie de valoriser le savoir-faire des Hauts-de-France« , confie-t-elle dans une interview à Tendances & Co en 2019. Ce n’est pas qu’un discours. Chaque dentelle provient de manufactures emblématiques : la Maison Noyon à Calais pour la première collection, Sophie Hallette à Caudry pour les suivantes.

Modèle Pommpoire en lingerie violette et kimono crème motif cerisier
Shooting de mode avec un modèle en ensemble de lingerie violette et kimono léger, devant un décor de fleurs de cerisier.

La première ligne, baptisée Culottée, lancée en juin 2019, marque un tournant. « Pomm’Poire n’avait pas encore créé de collection à base de dentelle, et moi je voulais absolument travailler avec de la dentelle fabriquée à Calais« , explique-t-elle. Huit pièces en dentelle française, dans les tons bleu et orange, vendues entre 27€ et 45€.

Trois autres lignes suivent en septembre 2019 : « Espiègle », « Pétillante » et « Impertinente ». Puis vient « INTRÉPIDE », entièrement fabriquée en dentelle jacquard tissée à Caudry par la maison Sophie Hallette. Au total, la collection compte cinquante pièces, du bonnet A au bonnet E, conçues pour célébrer toutes les morphologies.

Le processus créatif révèle une exigence. « Je n’ai pas dessiné de ligne à proprement parler, je ne sais pas dessiner. J’ai travaillé avec les stylistes qui se sont mis en quatre pour répondre à mes attentes« , précise-t-elle. Des nœuds qui cachent élégamment les agrafes, des bretelles ornées de dentelle, des détails dorés. Une sophistication discrète, jamais ostentatoire.

Anne Montaye, CEO de Pomm’Poire, partage cette vision. Ensemble, elles ont co-créé une lingerie qui refuse les normes inaccessibles, privilégiant l’acceptation de soi.

Ces créations se trouvent dans les boutiques de Calais, notamment chez « Sophie et ses plaisirs », mais aussi à Lille et Abbeville. Un ancrage régional assumé. La collection est également disponible sur le site Pomm’Poire et dans une centaine de points de vente indépendants, ainsi que dans quatre corners Galeries Lafayette.

En valorisant les dentelles françaises, Camille Cerf défend bien plus qu’un artisanat. Elle protège des emplois, transmet un héritage, inscrit son action dans une économie locale et durable.

Combat contre le cancer : un héritage transformé en mission

Septembre 2013. Camille Cerf a dix-huit ans lorsque son père décède d’un cancer du poumon. Un drame qui aurait pu la briser. Il l’a forgée.

« Je vivais encore à Paris quand il est tombé malade« , confie-t-elle dans une interview à RoseUp Association. La jeune femme quitte alors la capitale pour rentrer à Calais et accompagner son père durant les six derniers mois de sa vie. « J’allais en cours le matin. L’après-midi, j’étais donc à la maison« , raconte-t-elle.

Avec sa mère et sa sœur jumelle Mathilde, elle organise des soins complémentaires : massages, réflexologie, acupuncture. « Au début, il n’avait pas très envie, mais après, c’est lui qui réclamait ces soins. Il était clair que ça lui faisait du bien. »

Cette expérience nourrit sa détermination. En décembre 2014, fraîchement couronnée Miss France, elle devient ambassadrice de la Fondation AVEC. « L’écharpe de Miss France c’est un peu un haut-parleur« , déclare-t-elle lors d’une interview pour La Chaîne du Cœur en mars 2015. « C’est aussi pour cela que j’ai voulu devenir Miss France : avoir l’occasion de faire bouger les choses. »

Son engagement ne se limite pas aux discours. Il s’incarne dans des actions concrètes. En décembre 2014, quelques jours après son couronnement, elle rend visite aux malades du service de cancérologie de l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Les images, diffusées dans l’émission Sept à Huit sur TF1, montrent une jeune femme émue mais déterminée.

« Quand on est Miss France, on doit s’investir dans une cause qui nous tient à cœur« , explique-t-elle. « Cette fondation lutte contre le cancer, mais elle s’intéresse aussi à l’humanisation des patients. C’est les traiter comme des personnes, avant de traiter le malade. La chimio traite le cancer, mais il y a aussi tout l’aspect psychologique et moral derrière, et je pense que ce côté-là est un peu laissé à l’abandon. »

En septembre 2015, elle participe à l’émission À prendre ou à laisser sur D8 aux côtés de vingt-trois autres Miss, tentant de remporter 150 000 euros pour la Fondation AVEC. En octobre 2019, elle prend part au Pasteurdon de l’Institut Pasteur, revêtant la blouse blanche pour soutenir la recherche.

Avec l’association Les Bonnes Fées, qui réunit d’anciennes Miss France, elle propose des activités pensées pour les couples confrontés à la maladie. Des massages sur deux tables côte à côte, des balades. Des moments de respiration, de normalité retrouvée.

Son témoignage conserve une transparence rare. « Mon père nous a beaucoup protégées… on n’a pas compris que c’était si grave« , avoue-t-elle dans une interview. Cette incompréhension initiale alimente aujourd’hui sa mission : que d’autres familles comprennent plus vite, qu’elles soient mieux accompagnées.

« C’est pour lui que j’ai fait Miss France« , confie-t-elle au magazine Public en 2017. « Il avait été mon premier fan quand j’ai présenté le concours Elite. » Chaque action prolonge cette fierté paternelle. Une douleur métamorphosée en force.

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Body positive et authenticité : refuser les diktats

Août 2024. Camille Cerf apparaît dans le clip Summer Body d’Héléna Bailly. Des morphologies diverses, des corps réels, un message décomplexé. Elle y incarne cette évidence trop souvent oubliée : la beauté se décline au pluriel.

Août 2023. Naissance de son fils Malo. Camille prend quatorze kilos durant sa grossesse. Sur Instagram, face à son million d’abonnés, elle documente avec transparence son parcours post-natal. Une authenticité rare dans l’univers des personnalités publiques.

Modèle Pommpoire ensemble lingerie lilas dentelle soutien-gorge
Camille Cerf posant pour sa propre marque Pommpoire.

Son combat contre le body-shaming ne date pas d’hier. En 2019, lors de vacances avec Iris Mittenaere, des messages haineux déferlent. Sa réponse publique résonne comme un manifeste : « Je ne comprendrai jamais la cruauté de certains… Je suis bien dans mon corps. » Une affirmation sereine, inébranlable.

Elle participe également au clip Sereinement de Boostee, dénonçant les injonctions contradictoires faites aux femmes. Une cohérence qui traverse toutes ses prises de position : refuser les diktats tout en célébrant la diversité.

En 2024, elle reçoit le prix de Personnalité Féminine de l’Année, reconnaissance de son engagement social et de son influence positive.

Sa vie privée reflète cette authenticité. Depuis 2021, elle partage sa vie avec Théo Fleury, mannequin discret qui partage ses valeurs. Leur fils Malo, né le 18 août 2023, les ancre dans une réalité familiale loin des paillettes. Sur les réseaux sociaux, elle documente ce quotidien sans filtre : la maternité avec ses joies et ses fatigues, son couple avec simplicité.

Les médias s’intéressent régulièrement à son parcours. Vogue et Elle la sollicitent. Les marques de cosmétique naturelle recherchent sa caution. Elle incarne une élégance compatible avec des valeurs fortes, un raffinement qui refuse les raccourcis.

Carrière télévisuelle : une présence médiatique assumée

Depuis 2015, Camille Cerf multiplie les apparitions télévisuelles. Une transition réussie, rare dans l’univers des Miss France.

Fort Boyard reste son terrain de jeu privilégié. Cinq participations au total, un record qui témoigne de son aisance physique et de sa popularité auprès du public. En août 2025, elle candidate même pour présenter l’émission après le départ annoncé d’Olivier Minne. « Il faut en imposer physiquement« , déclare-t-elle avec une confiance assumée.

Depuis 2023, elle occupe le rôle de maître-mot dans Le Mot de passe sur France Télévisions. En octobre 2024, son nom circule pour reprendre l’animation complète de l’émission, en remplacement de Laurence Boccolini. Les producteurs apprécient sa capacité à mettre les candidats à l’aise, à créer une atmosphère bienveillante.

Depuis 2017, elle anime Le Bêtisier des Camille(s) sur NRJ12, rebaptisé ainsi en 2019 après l’arrivée de Camille Lacourt. Depuis 2019, elle fait partie de la troupe Les Touristes sur TF1. En septembre 2025, elle intègre la saison 5 de Les Traîtres sur M6, confirmant sa polyvalence.

Elle multiplie également les apparitions dans Vendredi tout est permis avec Arthur, où son autodérision fait mouche. En 2015, elle joue même dans un épisode de Nos Chers Voisins, faisant ses premiers pas d’actrice.

Un projet YouTube se profile. Une plateforme qui lui permettrait de maîtriser entièrement son message, d’approfondir les sujets qui lui tiennent à cœur sans les contraintes du format télévisuel classique.

Camille Cerf a réussi une transition rare : passer du statut de Miss France à celui d’animatrice régulière du paysage audiovisuel français, sans sacrifier son authenticité. Une carrière construite méthodiquement, loin des feux éphémères.

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Réformer Miss France : pour une élégance inclusive

Septembre 2025. Camille Cerf prend position publiquement : Miss France doit évoluer. Son approche refuse la table rase. Elle propose une transformation progressive, réfléchie, respectueuse de l’histoire tout en ouvrant l’avenir.

Ses positions reflètent une volonté d’inclusion : accepter une plus grande diversité de candidates, créer un comité d’éthique indépendant, valoriser davantage l’intelligence et l’engagement citoyen. Sa vision d’un concours qui mesurerait l’impact social plutôt que la seule conformité physique.

Portrait de Camille Cerf en gilet rouge et lunettes de vue
L’ancienne Miss France, Camille Cerf, se filmant sur Instagram.

Elle reconnaît les progrès accomplis. La fin de l’épreuve en maillot de bain en 2017, l’acceptation de morphologies plus variées. Mais ces avancées ne suffisent pas à ses yeux.

Son rôle de pont entre passé et avenir lui confère une légitimité unique. En septembre 2025, elle défend publiquement des réformes. En novembre, elle devient marraine de Miss France 2026. Loin de la contradiction, cette évolution illustre sa stratégie : transformer de l’intérieur, accompagner le changement plutôt que de l’imposer de l’extérieur.

Son héritage régional inspire. Première Miss Nord-Pas-de-Calais élue Miss France le 25 octobre 2014, elle a ouvert la voie à Iris Mittenaere, Miss France 2016, également originaire de la région. Une transmission qui dépasse le simple symbole.

Une vision inclusive qui ne sacrifie rien à l’exigence. Camille Cerf ne milite pas pour un concours moins exigeant, mais pour un concours autrement exigeant. Une élégance qui n’exclut personne, qui invite chacune à révéler sa propre lumière.

Marraine Miss France 2026, animatrice télé régulière, créatrice de lingerie pérenne

Camille Cerf construit méthodiquement une carrière durable, loin des feux éphémères. Chaque choix révèle une cohérence : transmission, authenticité, ancrage territorial.

À trente ans, elle incarne ce que pourrait devenir le nouvel art de vivre français : sophistiqué sans être excluant, engagé sans moraliser, ambitieux tout en restant profondément humain. Une élégance qui ne s’impose pas, qui se partage. Entre dentelles calaisiennes et plateaux parisiens, entre combat associatif et célébration de l’authenticité, elle trace un sillon singulier dans le paysage médiatique français.

Maureen Delor Rédactrice people depuis 2016, traqueuse des célébrités en Côte d’Azur et ailleurs. Auteure de plus de 190 portraits sur les icônes féminines, les événements mondains et les influences méditerranéennes. Basée à Juan-les-Pins, observatrice des tapis rouges et des vies inspirantes.

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