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Sportifs de haut niveau : la psychologie dans le sport

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JO

Les évènements sportifs de l’année ont eu le mérite de lancer sur la table la question de la psychologie dans le sport. Longtemps ignorée, la santé mentale des athlètes de haut niveau est aujourd’hui mise à l’épreuve. La pression des compétitions affecte leur bien-être mais également leurs performances.

La psychologie : un tabou dans le sport ?

Dire que ça ne va pas quand la société insidieusement nous l’interdit. Les sportifs osent enfin lever le voile sur un sujet longtemps resté tabou. Naomi Osaka s’est retirée du tournoi de Roland Garros en juin dernier pour des raisons de santé mentale. Et ce départ avait suscité plus d’interrogations que de remises en question. « It’s ok not to be ok » est le titre qu’elle a choisi pour s’exprimer au travers d’une lettre publiée dans le magazine du Time : « La presse et le tournoi ne m’ont pas crue. Je ne souhaite cela à personne et j’espère que nous pourrons édicter des mesures pour protéger les sportifs, notamment les plus fragiles. »

Publication Twitter de la couverture du Time

Est-ce un cas isolé ? « Non », assurent Philippe Godin et Meriem Salmi médecins en psychologie du sport dans une interview pour Sportmagazine. La psychologie est un sujet encore très peu abordé. Pendant des années, on a cru à tort qu’il fallait ignorer ses émotions, qu’il fallait les combattre. Alors que c’est l’inverse. Meriem Salmi explique qu’en raison de nombreuses « connotations péjoratives » associées aux psychologues, il existe une forte « réticence ». Pourtant, les blessures mentales tapissent le psychisme de beaucoup d’athlètes. Bien plus difficiles à déceler pour l’athlète lui-même que pour son entourage lorsque l’objectif n’est pas atteint ou que la pression médiatique ou personnelle est trop intense. Ce n’est pas un hasard si les athlètes olympiques sont de ceux-là. Ceux qui ne vivent parfois que pour une heure d’épreuve tous les quatre ans sont sujets à un stress oppressant voir à des états dépressifs.

Heureusement, de plus en plus d’athlètes prennent la parole et expriment les bienfaits que leur procurent leur psychologue. C’est le cas de Teddy Riner, par exemple qui affirme travailler son mental depuis plus de dix ans avec la psychologue Meriem Salmi.

La psychologie sportive, un allié plus qu’un adversaire

Le manque de connaissances conduit à de nombreuses idées reçues sur l’étude du comportement humain. Et pourtant, de nombreuses études ont déjà prouvé l’importance de muscler son mental. Les États-Unis ont été les premiers à mettre en lumière les effets de la psychologie sur les performances sportives. C’est ainsi que le métier de préparateur mental pour les sportifs est né. Dans le documentaire diffusé sur Arte Dans la tête des athlètes de haut niveau, on découvre l’entraîneur américain Bud Winter.

Il est considéré comme le premier préparateur mental. Il a enseigné la relaxation dans le sport à ses athlètes. Au vu de leurs bonnes performances, l’armée américaine l’a engagé dès 1941 pour entraîner ses pilotes. Les méthodes de Winter ont permis aux pilotes de diminuer leur stress au moment de l’assaut de Pearl Harbor et ont remporté la guerre. En 1981 il publie le livre Relax and Win: Championship Performance dans lequel il explique en détail ses techniques.

À lire également : L’appel international aux JO de Pékin, le dilemme des athlètes.

Les découvertes des neurosciences appliquées au sport

Le corps et le mental sont étroitement liés. En psychologie, il existe une technique qu’on appelle programmation neuro-linguistique (PNL). Cette méthode permet une meilleure gestion du stress en transformant ses sensations corporelles en énergie positive. Prenons le cas de Florent Manaudou : il a expérimenté cette méthode durant ses séances de musculation. Il s’agit de mettre en mémoire les sensations corporelles que lui procurent cet entraînement et de les associer à un mot, une émotion. Pour Manaudou, c’est le mot « puissance » qui a été révélateur.

Comment cela s’explique-t-il ? Pendant sa séance d’entraînement, le cerveau mobilise plusieurs de ses zones. Le cortex visuel enregistre l’image de la machine, le cortex auditif enregistre le son des poids et le système limbique retient l’énergie positive générée par le corps. Pour finir, l’hippocampe enregistre et combine toutes ces sensations et les associent au mot « puissance ». En somme, quand Florent Manaudou pensera au mot « puissance » lors des compétitions, son corps générera l’énergie ressentie lors de ses séances d’entrainement. Ainsi, le mental dope en quelque sorte notre corps. Selon Manaudou, sa qualification aux JO de Tokyo est en partie due à ses préparations.

Souvent ignorée par le passé, la psychologie dans le sport occupe aujourd’hui une place de plus en plus importante dans les débats médiatiques. Il existe un ensemble de conditions qui permettent aux athlètes d’atteindre leur résultat. Des conditions physiques mais également des psychiques. Accompagner les athlètes devient primordial. Il reste du chemin à parcourir mais la demande accrue ces dernières années en psychologues du sport et en préparateurs mentaux est sans doute le reflet d’une prise de conscience.

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