Maria Qamar : l'art contre les préjugés

L’art contre les préjugés. Telle serait la devise pour décrire le travail de Maria Qamar. Avec humour et ingéniosité, la jeune femme bouscule ses origines tout en restant elle-même. Portrait.

Une artiste entre deux cultures

Originaire du Pakistan, Maria Qamar débarque à 9 ans au Canada au début des années 2000. Un nouveau départ dans un pays totalement différent pour la jeune fille et toute sa famille. Victime de racisme et de harcèlement à cause de ses origines, cette expérience marqua profondément la jeune fille. Une complexité telle que la future artiste doit également naviguer entre deux cultures aux mœurs totalement opposées. En effet, le poids des traditions se chevauche non sans mal avec une culture canadienne plutôt libérale. Un véritable numéro d’équilibriste auquel Maria Qamar va devoir s’astreindre afin de trouver sa place. Inspirée par cette dualité et les feuilletons indiens de son enfance, son travail d’artiste reflète son parcours singulier. Autrefois conceptrice rédactrice, l’appel de l’art fut trop fort pour la jeune femme malgré les réticences de ses parents. Dans un même ordre, ce changement démontre sa résilience et sa détermination avec l’art comme bouclier contre les préjugés.

Tableaux de Maria Qamar

Faire réfléchir et divertir le public sont deux missions de Maria Qamar. Parmi ses nombreux thèmes, il y a l’amour. Un sujet universel et existentiel auquel nous nous identifions tous.

Un style humoristique et militant

Humoristique, ironique, universel, coloré et militant. Ces épithètes pourraient décrire le travail de Maria Qamar. En effet, la jeune femme est une véritable ambassadrice de la culture desi, autre terme pour désigner les populations du sous-continent indien. Inspirée de Roy Lichteinstein pour le côté pop art, l’artiste insuffle sa touche indienne avec une pointe de romantisme typiquement nord-américaine. Le racisme, le rejet des traditions ou bien encore le féminisme sont des thèmes majeurs qui caractérisent ses œuvres. Forte de ses 194 000 abonnés sur Instagram, Maria Qamar fait aussi entendre sa voix sous son pseudonyme HateCopy. Un surnom clin d’œil à son ancien métier de conceptrice-rédactrice. Engager la conversation entre les individus pour remettre en question les traditions pour favoriser le changement. Telle est la finalité de l’œuvre de Maria Qamar. Dans un sens, critiquer les tabous et dépasser ses différences sont les deux messages qui seraient à retenir.

« Je veux que mon travail soit accessible pour tous. Que vous soyez un collectionneur intéressé dans les peintures originales ou un étudiant souhaitant montrer à ses amis votre amour de l’art. » Cette phrase de Maria Qamar illustre avec brio son mantra artistique. Une artiste universaliste qui, avec son art, lutte contre les préjugés avec finesse et humour. Une réelle bouffée d’air frais dans un monde qui se prend trop au sérieux.

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