Parmi les plus grands noms de l’illustration française, un dessinateur au trait simple et aux décors exotiques, sophistiqués et modernes, dont l’oeuvre, largement connue du grand publique, demeure un des  plus beaux témoignages de l’Art Déco Français. 

 

Le nantais Georges Barbier est un illustrateur de mode du mouvement Art Déco, ayant dessiné pour les plus grands modistes de son époque ; Paul Poiret, Jeanne Lanvin ou Jeanne Paquin, et ayant également illustré les livres d’écrivains tels que Baudelaire, Verlaine ou Théophile Gautier.
Si l’œuvre de sa vie fut sans nul doute le recueil de dessins Falbalas et fanfreluches, série de pochoirs narratifs publiés entre 1922 et 1926, Barbier est également connu pour ses travaux dessinés dans de grands magazines de mode d’avant-guerre comme Le Journal des dames et des modes (1912-1914) ou encore la Gazette du bon ton, créée en 1912 par Lucien Vogel, s’inspirant lui-même directement des Catalogues révolutionnaires du couturier Paul Poiret. Il dessine également des prototypes de tenues pour les folies bergères et les ballets russes ; très populaires à l’époque.

Les années 20 constituent une époque très dynamique et haute en couleurs, intégrant l’automobile et l’aviation, nettement développés pendant la première guerre mondiale.
Les femmes ont les cheveux courts, militent pour le droit de vote et portent des robes signées Chanel, Poiret ou Paquin achevant de libérer leurs silhouettes des lourdes tenues incommodantes du siècle dernier.
L’Art déco, élégant et novateur, se dévoile pleinement au travers de l’Architecture, notamment de loisirs : cinémas, théâtres, salles de musique…  Les bâtiments sont hauts, fins et droits à l’image du Chrysler Building à New York de William Van Alen (1930), confrontant les courbes et les lignes droites dans un effort constant d’épuration et de cohérence. L’Art décoratif suit ce schéma, caractérisé par une rigueur géométrique rejetant les décors chargés de l’Art Nouveau. C’est dans cet environnement, débridé et industriel, que Georges Barbier conçoit de nombreux décors et costumes pour le théâtre, le cinéma ou encore le music-hall.
Son travail est connu du publique pour son exotisme, ses couleurs vives et la minutie des détails apportés à chaque tenue. A la manière des vases grecs, Georges Barbier représente ses modèles au teint rouge sur fond noir, mouvements graciles et athlétiques, comme dans ses plaquettes ‘Venus et Adonis‘ et la série érotique ‘Les chansons de Bilitis’ (1922).
L’exotisme de ses dessins, énormément apprécié par ses contemporains, s’inscrit dans une époque aux mœurs glamour et modernes. Paul Valery, écrivain, poète et philosophe, dira de Georges Barbier:

« Tandis que mon vague ramage parle de mythes dans l’abstrait, Barbier les capte d’un pur trait vainqueur du néant par l’image ».

 

En 2009, Venise organisait la première exposition entièrement dédiée à son oeuvre : ‘”Georges Barbier, the birth of Art Déco”.
Ses travaux sont néanmoins régulièrement exposés à l’occasion de rétrospectives sur l’Art Déco ou l’illustration de mode. Gardons l’oeil ouvert !

http://www.luxurytraveler.com/The_birth_of_art_deco.html

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