Tendances 2018 de l’art contemporain 3 suite

Selon leurs profils, les amateurs retournent à ce qu’ils connaissent. Les investisseurs investissent dans des concepts qui pourront devenir des révolutions microclimatiques, les décorateurs recomposent leurs styles avec les mêmes astuces autour des matières ou de la lumière ou des volumes, les amateurs flânent écoutant les histoires des comment et des pourquoi, les visiteurs espèrent trouver du champagne avec les chips les soirs de vernissage, enfin les journalistes prennent des notes et font des copier-coller pour remplir d’encre bilingue des pages glacées ou des écrans rétineux. Art contemporain, acte 3

Josephine Ekedi

C’est une femme africaine. Elle reprend les masques traditionnels, ou plutôt elle se les accapare pour les recolorer, les enrichir de sens et de vie moderne. Les couleurs fusent et giclent dans une force graphique et musicale. L’art africain n’est plus triste et terreux, il n’inspire plus une crainte superstitieuse, mais il redevient la vie bruyante aux dessins, aux photos et à l’électrisante modernité. C’est volontairement brut, mais non pas pour devenir imposant, mais pour être attirant. À mon goût ses plus belles réalisations sont les mannequins qui redeviennent à leur tour histoires, et histoires, et histoires, et souvenirs perdus dans une danse de couleurs et de paillettes et de rythme de Wax.

Perrine Vilmot

Ses dessins ont un style presque naïf pour nous laisse espionner ces vies qui se devinent dans leurs ombres. Les vies de villes, représentées un peu comme ces tapis de jeu dessinés pour les garçons qui jouent aux voitures et les filles à la poupée, elles nous laissent voir les dessus des têtes, les parapluies, les toits de voiture, et les ombres des amoureux qui s’embrassent. C’est un art qui donne envie de s’asseoir et de regarder comme un ange silencieux les vies à la Jacques Tati qui se déroulent tranquillement en bas de notre fenêtre. Voyeurisme de rue, urbanisme de vies.

William Heneuy

Peindre le vin. Gros plan sur le vin. Jeu sur les couleurs du vin, ses reflets, ses transparences. Jeu sur le cristal, sur le vin, avec le vin, dans le vin. La lumière arrive, rebondie, traverse et sort vers le regardeur. Gros plan, très gros plans jusqu’à sortir du cadre. L’ambiance est posée, imposée, le vin est aimé. Les tableaux se voient et ils n’ont plus besoin d’être regardés. Ils vous accompagnent dans votre dégustation, il porte votre verre de vin. Éclat de souvenirs d’un plaisir de boire du vin, du whisky, ou d’aimer un fruit : c’est une juste touche pour le délice.

à suivre…

Benedicte

Philosophe excentrique, Bénédicte vous cause de lifestyle, de tendances, de gastronomie, d'art et un peu sexo aussi. Et si vous cherchez un peu, vous trouverez un peu de philo, un peu partout.

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