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Repenser ses soirées confinées grâce au sport et le goût du jeu

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Femmes jouant au football

Passer une soirée devant la TV indique quon se fait un film. Ça s’apprécie seule ou pas loin, car faut pas parler pendant un film. Alors silence, personne ne dis rien, on écoute. En revanche, un match, une course, cest autre chose : on peut parler, commenter, se plaindre, gueuler. Alors un sport à la TV, un gros plateau-repas, des voisins pour partager, et hop ! On reprend goût au couvre-feu.

1re mi-temps

Me voilà donc assise dans le canapé avec ma voisine et son copain à regarder un match, dans leur canapé, sur leur chaîne payante que je n’ai pas. Je n’ai jamais été aussi mal habillée en public depuis la fin de ma puberté. Ma voisine est pis que moi, même pas coiffée et son mari a gardé son costume fripé du bureau. J’ai offert les boissons. Ils ont fait livrer des pizzas. Le garçon ne mange pas la croûte, les filles ne mangent que la garniture.

Règle du jeu

La soirée se passe bien. Le ballon vole, le niveau des joueurs est misérable, on discute d’autre chose. J’ai parié sur le match le même montant que j’ai investi dans les boissons. Si je perds, elles m’auront coûté le double, si je gagne j’aurai de quoi offrir aussi les pizzas la prochaine fois. C’est ce qu’on s’est dit : ça permet de programmer une autre fois bientôt, du coup !

2e mi-temps

La voisine est charmante mais manque de conversation. Son mari en a pour deux. On se voit régulièrement depuis le confinement. Le système du pari sportif permet de savoir qui paiera la prochaine soirée. Nos goûts sportifs importent peu, le plus important c’est qu’on vit, qu’on crie un peu, qu’on sorte ensemble en restant chez nous.

C’est quoi la cote ?

Psychologiquement, la cote c’est ce que vaut chaque équipe vis-à-vis des autres compétiteurs, si elle est bien placée, si elle a ses chances, ou si ce n’est pas loin d’être foutu et que la compétition ne se fait que pour les honneurs qui n’arriveront pas.

Le site de pari, en tant que bon bookmaker, propose des cotes pour chaque match. Pour cela il a plus de flair que moi, il doit s’appuyer sur des geeks du sport qui ne savent que ça ou sur des algorithmes à processeur quantique. En un mot, ils ne sont pas loin d’avoir raison, c’est leur argent qui est en jeu, mieux vaut pour eux qu’ils n’en donnent pas trop facilement sinon Monsieur le Banquier va appeler Monsieur L’Huissier. D’ailleurs, les books’ (comme on les appelle dans les films de Scorsese) ajustent les cotes en fonction du nombre de parieurs qui ont effectué un pari sur tel ou tel résultat.

Comment on fait Madame la marchande de sport ?

Si votre pari se révèle bon, cette cote sera multipliée par votre mise et vous obtiendrez votre gain. Les cotes se présentent normalement sous la forme décimale par exemple 1,02 1,10 3,65 (tient celui-là joue avec des remplaçants). Plus la cote se rapproche de 1,00, plus l’on est certain que cette équipe est la bonne. Mais alors plus cette cote est faible, et moins vous gagnerez de pognon.

Maintenant, je choisis. Le site de pari sportif (qui fait bien son travail) va multiplier automatiquement la mise par la cote afin que l’on imagine le gain espéré, qu’on se voit riche ou en tout cas contente, qu’on se projette dans un avenir hypothétique. Et, les yeux pleins de lumière à cause d’une petite tachycardie compréhensible, on valide le pari. C’est le sport ! Le cœur s’accélère encore. N’est-ce pas une connerie de parier sur ces lourdauds ? Trop tard, il est impossible d’annuler un pari.

Retour sur la soirée

Le voisin a parié 10 euros avec une cote de 1,3, alors (puisque probabilistiquement il va gagner), il empochera 10 x 1,3 = soit 13 euros. Et en déduisant sa mise, le bénéfice est de 3 euros.

Mais moi, il m’a prise l’idée de vouloir un risque de sport, de vouloir croire, de croire en l’impossible, alors j’ai choisi la cote plus importante d’un match nul et aussi celle d’une victoire des adversaires avec leur cote humiliante de 12,0. Alors là, peu de chance de gagner, mais beaucoup à gagner. Il y en a eu pour 28 euros de lambrusque, alors j’ai misé 16 euros sur les adversaires dont on a déjà oublié le nom, et 12 euros sur le match nul. Si c’est nul, les bouteilles et les paris seront remboursés (cote 5,2), si c’est l’équipe de touristes qui gagnent, je me ferai presque 200 euros, ce qui me fera bien plaisir.

Bénédicte, qui brave le couvre-feu avec ses voisins de palier

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