L’économie locale est sans doute à privilégier face à la mondialisation en ces temps de crise sanitaire. Alors quoi de mieux que d’interroger une agricultrice française pour avoir son avis sur le fonctionnement de l’agriculture locale ? À la ferme de Villedieu, nous rencontrons Nadège, agricultrice connectée, qui croit en l’agriculture française.

Le parcours d’une jeune agricultrice

Bonjour Nadège, pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Nadège, 34 ans, agrimaman de deux jeunes enfants. Je suis « jeune agricultrice » installée avec mon mari Nicolas depuis 2018.

Nadège et son mari, Nicolas

Comment êtes vous devenue agricultrice ?

Mes parents étaient agriculteurs en Normandie, et j’ai toujours été passionnée par l’agriculture. Nicolas et moi sommes donc allé en Normandie et nous avons monté le projet de reprise de la ferme, accompagnés par mes parents.

Comment vous êtes vous lancée sur les réseaux sociaux ?

« Ce que l’on appelle l’agribashing est en fait une méconnaissance du métier, des idées reçues véhiculées par les médias et un manque cruel de communication. »

Suite à plusieurs discussions avec des voisins ou des amis au moment de notre installation, je me suis aperçue que les personnes extérieures au monde agricole ne connaissent pas notre métier : innovation, technique, précision, suivi quotidien, préservation des sols et de la biodiversité… Ce que l’on appelle l’agribashing est en fait une méconnaissance du métier, des idées reçues véhiculées par les médias et un manque cruel de communication.

Je me suis donc lancée sur les réseaux sociaux, en expliquant notre métier : la raison des interventions, les formations que nous recevons, la technique que nous appliquons…

Je reçois régulièrement des « mercis », car les gens qui suivent le compte apprennent, comprennent et par les agriculteurs qui me disent que c’est la bonne solution pour parler de notre métier.

Parlez-nous de votre ferme !

Aujourd’hui, nous apprenons encore et nous réfléchissons à des projets qui nous ressemblent à tous les deux. Ces projets devront répondre aux enjeux de notre génération en pratiquant une agriculture durable.

L’équipe au complet pour la récolte de pommes de terre

Que pensez-vous de la place de l’agriculture locale face à l’agriculture industrielle ?

Je pense qu’on ne peut pas opposer les agricultures. La chance de l’agriculture française est d’être très variée, tant en productions qu’en débouchés.

Nous sommes fiers de travailler pour des filières locales que nous souhaitons développer sur l’exploitation. A l’exemple des pommes de terre que nous vendons en direct sur la ferme depuis plus de 30 ans.

Un autre projet qui nous tient beaucoup à cœur est le projet d’un produit « mode » en lin 100% français avec l’idée d’une relocalisation d’une filière textile en France. J’ai hâte de vous présenter le projet !!! 

Le confinement a-t-il impact direct sur votre exploitation ?

« On constate un impact très positif sur la vente à la ferme. »

Au niveau de la ferme, le coronavirus qui oblige au confinement aura un impact sur nos activités et nos revenus.

Toutes les cultures de l’exploitation vont être impactées, mais pour cette année, les cultures sont implantées, la marge de manœuvre est faible.

Cependant, on constate un impact très positif sur la vente à la ferme des pommes de terre, où nous avons vendu 4 fois plus qu’en temps normal.

Mais, cela va-t-il continuer ? Faudra-t-il garder plus de production pour la vente directe pour l’an prochain, au risque de la perdre au printemps prochain ? Faut-il investir dans un nouveau bâtiment pour conserver notre production ?

Mais je pense que l’agriculture sait s’adapter, et que nous trouverons les solutions.

Les enfants de Nadège en tour de plaine

Avez-vous un message à faire passer à nos lectrices concernant le soutien aux producteurs locaux ?

« On espère que cette épreuve du confinement permettra de prendre conscience du vrai besoin d’une agriculture locale et française. »

Agriculteurs, nous sommes prêts à parier, prendre des risques pour cette agriculture durable, plus locale et circulaire. Il faut nous laisser un peu de temps pour nous adapter, car l’agriculture travaille sur des cycles longs.

L’agriculture est capable de s’adapter aux demandes des consommateurs et a conscience de son rôle essentiel pour la préservation de son environnement dans lequel nous travaillons chaque jour.

La mise en place des circuits courts est un vrai atout pour nos territoires, on espère que cette épreuve du confinement permettra de prendre conscience du vrai besoin d’une agriculture locale et française.

Si vous voulez en savoir plus sur les pratiques agricoles, et poser directement vos questions aux agriculteurs, n’hésitez surtout pas à les suivre sur les réseaux sociaux, notamment via le hashtag #FrAgTw ! Et puis en ce moment pour partager notre chance d’être à la campagne, on publie un peu de nature avec le hashtag  #FenetreOuverte !

Champ de lin en fleurs
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