Tout savoir sur l’excision et les mutilations génitales féminines (MGF)

Tout savoir sur l'excision et les mutilations génitales féminines (MGF)

L’excision représente l’ablation d’une partie du tissu biologique féminin. Il désigne l’amputation du clitoris et/ou des petites lèvres. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, plus de 200 millions de femmes auraient subi une mutilation génitale féminine (MGF). Qui sont les personnes concernées et comment lutter contre cette pratique susceptible d’entraîner de nombreuses complications médicales ?

Les origines de cette méthode ne sont pas claires. Cependant, des chercheurs ont découvert des momies égyptiennes dont les marques corporelles attestent cette pratique. Les débuts de l’excision semblent remonter d’avant le christianisme et l’islam. D’abord réservée aux classes sociales les plus élevées, la pratique s’est ensuite répandue dans l’ensemble de la société pharaonique. En Europe de l’Ouest et aux États-Unis, il faudra attendre les années 1950 pour voir l’excision disparaître alors qu’elle traitait différentes maladies telles que les troubles mentaux, la masturbation ou l’homosexualité.

L’excision se pratique dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient mais aussi dans différentes communautés asiatiques et sud-américaines. Certains pays disposent d’une proportion de femmes ayant subi une MGF supérieure à 75 %, selon les données de l’UNICEF en 2014. Parmi ces pays, nous retrouvons l’Indonésie, l’Égypte, le Soudan, la Somalie, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, etc. Généralement, les filles sont excisées avant l’âge de 15 ans. Mais la majorité d’entre elles subissent cette opération avant leur cinq ans. Dans le monde, l’OMS estime que trois millions de filles sont soumises aux MGF chaque année.

“L’excision est une norme sociale, ce qui signifie que décider d’abandonner la pratique ne dépend pas uniquement de ses propres préférences individuelles mais aussi et surtout des attentes réciproques au sein de la communauté dans laquelle on vit.”

L’association Excision, parlons-en !
Mutilations sexuelles féminines et excision dans le monde selon l'UNICEF en 2014.
Les MGF dans le monde en 2014. – Source : l’UNICEF.

La culture, les mythes et croyances, la religion ou la tradition sont les raisons données pour justifier les MGF.

  • L’excision réduit le désir sexuel, ce qui empêcherait tromperies et expériences prénuptiales.
  • Certaines communautés pensent que l’excision favorise la fécondité des femmes.
  • On pratique ces mutilations dans les environnements où l’on croit que cela favorise le mariage de la jeune fille.
  • L’excision perpétue une tradition. Dans certaines tribus, elle est perçue comme le passage à l’âge adulte afin de préserver l’identité culturelle.

Quels sont les risques liés à l’excision ?

Dans quelques pays, les mutilations sexuelles féminines tendent à se médicaliser. En Égypte, par exemple, en 2015, 75% des excisions étaient pratiquées par des professionnels de la santé, contre 24% en 1995. Néanmoins, l’excision est souvent pratiquée par les anciennes femmes des villages grâce au savoir transmis de génération en génération. De ce fait, le coût des complications s’élèvent chaque année à plus d’1,4 milliard de dollars.

Les conséquences pour la santé sont considérables, tant au niveau physique que psychologique : douleurs, saignements, hémorragies, infections, complications obstétricales, baisse du désir sexuel, transmission du VIH, mort dans certains cas… Ces complications surviennent d’autant plus lorsque l’excision n’est pas pratiquée par un professionnel de santé. La précarité et l’absence de soins peuvent engendrer de sérieux problèmes de cicatrisation.

Le clitoris est une zone de terminaisons nerveuses. C’est pourquoi, des douleurs peuvent perdurer tout au long de la vie d’une femme. De plus, l’absence d’hygiène et de stérilisation pour l’outil concerné augmente la probabilité de développer des infections. Les conséquences sont également très importantes sur la vie sexuelle. Quant à l’accouchement, il est souvent plus problématique car les femmes deviennent sujettes à des saignements excessifs, des déchirures du périnée ou ont souvent recours à des épisiotomies.

Enfin, l’aspect psychologique est également fortement impacté. La gravité de cette pratique peut entraîner un important stress post-traumatique, une dépression et une peur des relations intimes.

A lire : Comment mieux combattre la violence faites aux femmes ?

Une lutte quotidienne pour défendre le droit des femmes

L’excision est considérée comme une atteinte et une violation des droits humains. Elle se place à l’encontre de l’intégrité physique et mentale. En pratiquant les MGF, les jeunes femmes se voient refuser leur droit universel à la santé. Elles subissent des discriminations liées au sexe, des traitements cruels et dégradants ainsi qu’une protection de l’enfance entravée. Heureusement, ces dernières années, de nombreuses associations ont vu le jour afin d’œuvrer pour la protection féminine. Des conséquences positives en découlent d’ores et déjà. En 2020, le Soudan condamnait l’excision à trois ans d’emprisonnement alors qu’il était l’un des pays les plus pratiquants.

  • Excision, parlons-en ! œuvre à la disparition de l’excision en privilégiant un travail d’information, d’éducation et de formation.
  • SOS Africaines en Danger est une association rassemblant des réfugiées musulmanes d’Afrique de l’Ouest ayant fui l’excision et le mariage forcé.
  • Les Africaines en Danger concerne les filles restées au village qui risquent de subir des MGF.
  • La Fédération GAMS utilise la prévention afin d’inciter les femmes confrontées à n’importe quelle forme de violence à se confier.

Comment éradiquer l’excision ?

Différents acteurs se mobilisent pour l’abandon de l’excision. Des expériences de terrain sont en cours afin d’adopter des stratégies durables dans les pays concernés. En effet, ces recherches ont pour but de mobiliser les populations locales. Les associations soutiennent que pour abolir cette pratique, les locaux doivent prendre conscience du problème eux-mêmes. Il est primordial de construire un dialogue autour des droits humains et de l’égalité des sexes. Encourager les choix collectifs et éviter les jugements de valeur sont la clef d’une future prise de conscience à grande échelle.

Au niveau national, des réformes de législation et des politiques se mettent en place. Les mutilations sexuelles sont passibles d’emprisonnement dans 24 des 29 pays où elles se pratiquent. Imposer des sanctions juridiques pourrait rendre la pratique clandestine. C’est pourquoi il faut promouvoir l’opinion publique en défaveur de cette pratique. Au niveau communautaire, l’éducation et l’information permettent de sensibiliser dès le plus jeune âge les futures générations. De manière générale, toute publicité contre l’excision permet de montrer que les normes sont en train de changer.

La France fait partie des pays pionniers au niveau européen dans la lutte contre l’excision. Selon les estimations de l’INED, 53 000 femmes ayant subi une excision vivraient sur le territoire français. La législation se renforce progressivement dans l’espoir de voir cette pratique définitivement éradiquée.

Cette publication a un commentaire

  1. 1011-art

    Merci pour votre article !
    Plasticienne engagée, je me permets un commentaire en image… avec une série intitulée “Infibulation” sur le sujet des mutilations sexuelles féminines que j’ai pu présenter à des lycéens français pour la Journée des Femmes. L’action est aussi la pédagogie et le débat. A découvrir : https://1011-art.blogspot.fr/p/blog-page.html
    Mais aussi un dessin plus pudique intitulée « Noli me tangere » sur l’inviolabilité du corps de la femme : https://1011-art.blogspot.fr/p/noli-me-tangere.html

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