Fiction présidentielle : contre une politique perdante

Fiction présidentielle : contre une politique perdante

Je me suis lancée dans le fantasme intersidéral de devenir la prochaine Présidente de la République. Votez pour moi ! Après ma déclaration, ma vocation et mon exposition, et bien je fais maintenant la critique acerbe et acide des politiques qui ont eu cours jusqu’ici. J’aime le travail. Comme toujours, je sais que ça fait pêteuse, alors faites-en ce que vous voulez : commentez, commentez et commentez encore, ou organisez des meetings car je n’attends que ça.

La taille respective du capital, de l’État et du travail

Selon mon opinion, le mal-être des Français vient d’une longue série de mauvaises politiques. Ce qui explique l’attente des prochaines élections présidentielles pour que les choses changent enfin. Dans le magma politique actuel, ce qui compte le plus c’est le capital, puis l’État et, en lointaine position, le travail. L’individu humain n’est plus rien politiquement.

Aujourd’hui, un travailleur est pensé comme remplaçable, délocalisable, modifiable : il compte peu. Pour vivre, il doit exécuter et chercher la maximisation de sa productivité.

Le capital, par contre, se présente festivement : il se croit l’outil brillant de la réussite éclatante. Il s’imagine être l’origine du levier des richesses qui, en théorie, profiteront à tous. Et c’est pour cela que l’État, qui quant à lui a oublié d’où il détenait sa légitimité, met tout en œuvre pour la satisfaction du capital : il croit (ou croit croire) que le travail y gagnera mécaniquement.

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L’erreur est étatique et non pas humaine

Cette mécanique n’existe pas. Ce raisonnement qui tient la croissance économique est la rhétorique du malheur sociale.

  • Plus on travaille et plus on travaille.
  • Quand l’entreprise s’enrichit, le capital est riche.
  • Plus on travaille et plus on est fatigué, moins on n’a de loisirs.
  • Quand on travaille et que l’on est fatigué, on n’a de temps pour ses enfants, moins on a de patience pour nos proches, plus on tombe malade, plus on est malheureux.

Ces dernières propositions devraient suffire, mais je préfère surenchérir encore un peu.

  • D’après ce qui précède, dès que possible, nous irons au Prud’homme ou nous irons manifester.
  • Aussi, nos enfants mal éduqués deviendront des délinquants, des incultes sans repères familiaux, et il y aura moins des citoyens respectueux ou patriotes.
  • Et aussi, nous deviendrons asociaux ou divorcés.
  • Et enfin, nous coûterons cher à la société.

Je pense que cela suffit pour l’heure. J’invite les lecteurs à continuer cet exercice.

Et le cadre de vie, bordel !

Aujourd’hui, le travail ne compte plus autant qu’il le devrait. Ce que l’on nous demande est toujours du même refrain : « consommez ! ». Pour cela, la qualité du cadre de vie est relativement réduite. La priorité est mise sur la consommation du superflu. L’État se réjouit plus lorsque nous renouvelons notre téléviseur que lorsque nous mangeons des légumes. L’égoïsme social est prôné pour que l’individu se réalise dans la consommation et la possession. Comme si avoir faisait être. L’individu distinct singulier est nié au profit du consommateur universellement perdu.

C’est de la même façon que l’environnement humain, la culture, la famille, les amis, l’école, l’histoire et les arts sont négligés. L’environnement humain est négligé au profit de la mobilité géographique vers les pôles d’activités économiques. La famille est découpée en génération pour que tout le monde achète un toit à crédit, ainsi que le mobilier qui l’accompagne. L’amitié n’est jamais l’objet d’une pensée politique, et parfois la vie confinée est jugée plus respectueuse. Pour l’État, la société devrait être moins sociale et plus claustrophile. Il veut que l’école soit moins exigeante. L’histoire et les arts sont vus utiles seulement autant qu’ils provoquent des entrées dans les musées publics. La culture est vue comme un luxe pour les bourgeois parisiens ou bien elle est considérée comme un obstacle à la modernité. La tradition est prise pour la culture des anciens, des imbéciles ou des retardataires.

Voici, légèrement caricaturée, l’opinion des politiques sur ce qui compose notre cadre de vie. Les hommes politiques jugent que la cause économique passe bien avant ce qui nous fait être ce que nous sommes et ce qui est l’arche de notre bonheur. (Vous devinerez des messages de décroissance dans mon programme…)

Par Bénédicte, aux promesses quand même contestataires

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