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Portrait d’une entrepreneuse: Shaërazade Estèbe, fondatrice de la Team Fourmis

Shäerazade Estèbe, Fondatrice de la Team Fourmis. © Crédit photo Joz’Ma vie

Shaërazade Estèbe, entrepreneuse et maman à plein temps, est également la fondatrice de la Team Fourmis, un club féminin qui se développe à Lyon. C’est dans son parcours qu’elle a puisé l’envie de fonder un club qui briserait l’esprit de compétition entre les femmes, et qui prônerait la solidarité dans un but bienveillant, celui d’aider les femmes à initier leurs projets en développant leur réseau professionnel et amical. Aujourd’hui le club a déjà réuni plus de mille femmes dont une centaine déjà adhérente.

Rencontre avec une superwoman de la nouvelle décennie.

Ô MAGAZINE. Tout commence en 2017 lorsque vous ressentez le besoin de sortir du salariat. Mais avant cela ?

Shaërazade Estèbe. J’ai ressenti très tôt l’envie d’entreprendre. À l’âge de seize ans lors de mes premiers jobs étudiants, je m’amusais déjà à me projeter dans les souliers de mes boss pour savoir ce que je ferais si j’étais à leur place. Je me disais : un jour je lancerai ma boite ! C’est un schéma que je reproduisais à chaque nouveau job ce qui est rapidement devenu frustrant. Après ma licence en marketing, j’ai immédiatement intégré le monde du salariat de manière officielle. J’étais un véritable couteau suisse, j’incarnais tous les rôles, animée par l’envie d’être sur tous les fronts. Mes boss me faisaient confiance et me laissaient gérer aussi bien l’administratif que l’événementiel, les formations, les réunions, les recrutements. 

J’enchaînais les expériences dans le salariat, toujours avec cette même sensation. Celle de ne jamais aller au bout de mes rêves.

Je me suis donc nourrie de mes expériences professionnelles en suivant toujours le même fil conducteur : la féminité. En intégrant des sociétés axées sur les femmes, je me rendais compte progressivement que nous les femmes, avions toutes les mêmes complexes et freins. Sans le savoir, cela allait participer plus tard à l’élaboration de mon projet. J’enchaînais les expériences dans le salariat, toujours avec cette même sensation. Celle de ne jamais aller au bout de mes rêves. J’avais pourtant des centaines d’idées de projets d’entrepreneuriat qui me dévoraient. Je me noyais dans mes pensées limitantes, convaincue que je ne pourrais jamais le faire.

Ce n’est qu’au retour de mon congé maternité; qui a été un immense séisme; que j’ai ressenti un véritable bouleversement dans ma vie. La maternité a réveillé en moi tous mes désirs les plus refoulés. J’avais beau m’investir dans mon travail, mon corps refusait de continuer le salariat. Il s’est mis à me dire stop de façon violente. Les crises de larmes et l’anxiété se sont arrêtés lorsque j’ai enfin appris à l’écouter. Je me suis alors intéressée à moi-même et à ce que je voulais vraiment.

J’ai entamé un coaching, et j’ai levé tous mes freins. J’ai pris conscience que si quelque chose nous passionne alors nous pouvons en vivre. Ma raison d’être n’était pas dans le salariat, elle était ailleurs. Je voulais fédérer, générer de la joie et accompagner les autres femmes vers la réussite. Dans une démarche de visualisation, je me suis mise à imaginer des femmes heureuses se rassembler. En Juillet 2017, j’ai rassemblé pour la première fois une vingtaine de femmes. J’ai alors mis en place le premier événement Team Fourmis. La machine était lancée.

« Team Fourmis organise des événements, dans des lieux cosy et originaux et autour de thématiques variées ; networking, ateliers développement personnel, afterwork, brunchs dominicaux.»

Ô MAGAZINE. Pourquoi avoir donné ce nom: Team Fourmis ? 

SE. Lors de mon travail d’introspection je me suis mise à lire énormément. Au détour d’une lecture, j’ai appris de nombreuses choses intéressantes sur les fourmis. Il faut savoir que les fourmis étaient présentes sur terre à la même période que les dinosaures. Petites mais robustes, elles sont toujours présentes aujourd’hui. Même en chute libre, elles sont ultra résistantes et ne peuvent pas mourir. Vigoureuses, elles peuvent porter jusqu’à mille fois leur poids, et solidaires, elles ont la capacité de travailler ensemble. Elles sont incroyables !

J’ai tout de suite ressenti un sentiment particulier. Et lors d’un weekend entre copines , il s’est confirmé. Nous avions réservé une soirée dans une discothèque dont le thème était les fourmis. C’est en voyant plusieurs personnes déguisées en fourmis que j’ai réellement saisi la synchronicité. Ce soir là, chacune de nous est repartie avec un tatouage éphémère représentant une fourmi. C’est ainsi que la Team Fourmis est officiellement née.

« La société nous dit qu’en tant que femme, le rôle de maman est inné. Elle nous challenge nettement plus en tant qu’entrepreneuse. »

Ô MAGAZINE. Être femme, mère, et entrepreneuse comment tout gérer ? 

SE. J’ai toujours su que je voulais être maman, c’était une évidence. Je ne me suis jamais posée de questions, c’était un fait ancré en moi, je n’avais aucune appréhension. En revanche, mon rêve d’entreprendre était beaucoup plus présent dans mes questionnements. Avec le recul, je comprends que la société nous dit qu’en tant que femme, le rôle de maman est inné. Inconsciemment je me disais que j’allais forcement m’en sortir dans la maternité. Néanmoins, la société nous challenge nettement plus en tant qu’entrepreneuse.

Partant de cette insinuation, j’étais persuadée que faire les deux serait un défi sérieux. J’ai repris mon activité salariale juste après la fin de mon congé maternité. Neuf mois plus tard, je quittais mon emploi pour me lancer à temps plein sur mon projet. Jonglant avec mon rôle de maman, je savais qu’il serait difficile de tout faire. Ce que je n’avais pas envisagé, c’est la pression que je ressentirai face à l’incompréhension de certaines personnes.

Souvent, je ne me sentais pas légitime en tant qu’entrepreneuse. Certaines personnes que je rencontrais ne prenaient pas mon projet au sérieux, même si elles étaient rares. Que ce soit en tant qu’entrepreneuse ou mère, on ne me permettait pas de me positionner sans culpabilité. J’ai compris que ce conflit intérieur qui naissait en moi venait des standards féminins, qu’on nous impose, je me posais mes propres freins. Il a fallu que je m’en détache.

« Notre mission : créer du lien entre femmes, nous soutenir et nous inspirer mutuellement ! Ici : zéro jugement – zéro compétition entre femmes »

Ô MAGAZINE. Bienveillance et solidarité, des valeurs humaines nécessaires pour entreprendre ? 

SE. Dès l’école primaire, j’ai subi du harcèlement de la part d’autres filles qui se moquaient de mes différences. Je ne comprenais pas cette méchanceté qui prenaient place entre filles, et que je percevais nettement moins entre garçons. Cet enfer a perduré jusqu’au BTS. Jusqu’à ce que l’une de mes enseignantes me dise : « Aujourd’hui tu es une adulte, c’est à toi de t’en sortir ». J’ai donc puisé ma force dans cette difficulté. En me demandant toujours pourquoi certaines femmes se jugent entre elles. Alors qu’elles devraient s’encenser.

Ce projet répondait a un besoin profond. Celui de créer mon monde idéal, où il ne régnerait aucune jalousie ni compétition. Où les femmes ne seraient animées que par l’envie et la détermination. J’ai compris qu’en tant que femme, nous devions travailler deux fois plus pour y arriver. Avec bienveillance et solidarité, la route est plus facile. Aujourd’hui je n’ai pas la prétention de vouloir changer le monde. À mon niveau, je souhaite néanmoins faire comme le colibri et propager la sororité.

Ô MAGAZINE. Quelles perspectives/projets pour la Team Fourmis ? 

SE. Mon premier projet de créer un club féminin bienveillant et solidaire est réalisé. Je souhaite désormais pouvoir pérenniser ce cercle de femmes et le positionner comme un média. En proposant de la visibilité à des annonceurs sur les divers supports de la Team Fourmis. En améliorant la qualité les événements que j’organise, je souhaite surtout pouvoir donner encore plus à toutes les fourmis adhérentes. Ma priorité étant de continuer les partenariats avec des marques véhiculant les mêmes valeurs que la Team Fourmis, que j’espère pouvoir à terme, développer dans d’autres villes.

“Avec bienveillance et solidarité, la route est plus facile.”

Ô MAGAZINE. Quelques conseils à donner aux femmes qui ont peur de se lancer dans l’entrepreneuriat ?

SE. Faites les choses avec le cœur et avec passion. Entreprendre, c’est d’abord se faire plaisir et faire quelque chose qui a du sens pour nous. C’est toujours bénéfique de travailler sur soi, il existe des solutions pour lever ses freins et ses pensées limitantes. En comprenant d’où ils viennent, on se réalise. Entreprendre c’est aussi apprendre à se connaître et suivre ses intuitions. C’est s’assumer pleinement, se sentir légitime et prendre confiance en soi. Il est essentiel de bien s’entourer pour se constituer un réseau. Je conseillerais donc à ces futures entrepreneuses d’adhérer de toute urgence à la Team Fourmis.

Pour plus d’informations sur la Team Fourmis ou pour adhérer au club, ça se passe par ici, ou par !

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