Si l’on se préoccupe le plus souvent du bien-être de l’enfant dans le cadre d’une famille recomposée, le sentiment et la valeur d’une belle-mère au sein de cette cohabitation semblent tabou. Incomprise ou jugée, elle se résigne à s’effacer devant l’alliance parent-enfant. À temps plein ou non, cohabiter avec la progéniture de votre nouveau conjoint est vécu comme une épreuve pour nombre d’entre-elles. Pas toutes mamans, ces femmes subissent les aléas de la vie familiale en silence. Véritable sacrifice amoureux, dévoilons la réalité de ces sentiments mis en jeu par amour.

jeune femme recroquevillée sur elle-même

Famille recomposée : une cohabitation forcée entre l’enfant et le beau-parent


On ne souhaite jamais devenir belle-mère. Contrairement à une grossesse où l’on dispose de temps pour se préparer à l’arrivée du nouveau colocataire, voir débarquer un enfant au caractère et à l’éducation étrangers aux vôtres est une autre paire de manches. Les défis, qui surgissent à chaque moment, demandent une gestion qui n’est pas innée pour la plupart de ces nouveaux beaux-parents.
En effet, chaque garde est perçue comme une intrusion dans la vie privée, un bouleversement routinier dans l’intimité du couple. 

Il ne faut pas se leurrer, la cohabitation forcée est aussi mal vécue par l’enfant que le beau-parent. Si certaines relations réussissent à être saines et aimantes, la réalité sur les aveux des protagonistes est révélatrice. Il est difficile pour la société d’imaginer qu’une femme ne puisse pas aimer les enfants et pourtant…

Derrière l’image de la parfaite tribu recomposée, une majorité d’enfants et de beaux-parents avouent, selon une étude, préférer moins se voir, ne pas considérer l’autre comme faisant partie de sa vraie famille et ne garderaient pas contact si le couple adviendrait à se séparer.


Être belle-mère : supporter un schéma éducatif différent du vôtre.


Dans le lot des pénibilités, l’éducation de l’enfant constitue le cœur d’une vie de famille. Une fois encore, difficile de s’immiscer sur ce terrain glissant. Car si l’entente du ménage traditionnel sur le schéma éducatif relève de l’exploit, basculer le gamin entre deux systèmes d’autorité selon qu’il loge chez sa mère ou son père tourne au chaos. 
Peu importe le mode de garde, les premiers jours commencent par de constants rappels à l’ordre, qui perturbent le calme et la sérénité de votre foyer. 

Plus frustrant encore, supporter un système éducatif à l’opposé de celui reçu de ses propres parents. Les valeurs inculquées ne sont pas en adéquation avec les vôtres. Et vous n’avez parfois rien à dire.
La rébellion familiale ne vient cependant pas uniquement du chérubin…
Certaines belles-mères sont très vulnérables à l’hostilité de leurs beaux-enfants.
Irrespect, ingratitude et ignorance, deviennent les disgrâces qui transforment la gentille copine de papa en marâtre. Résister aux chocs des cultures est un défi permanent au sein de cette alliance.

accumulations de bols nommés par statut familial
Couverture du livre ” Marâtre” de Caroline de Bodinat


La nouvelle compagne, celle qui sacrifie son idéal de vie par amour


On n’accepte pas cette vie de famille recomposée pour le plaisir de se faire du mal, de se mettre dans l’inconfort et de se pousser dans ces retranchements. Non. C’est bel et bien un sacrifice amoureux envers son conjoint.
Si être parent est une épreuve dans la vie, devenir beau-parent rend le travail psychologique encore plus ardu.
Des larmes versées en silence, des erreurs de comportement à essuyer, des opinions impossibles d’exprimer… Le niveau d’ingratitude et d’inattention se dirige en majorité vers le beau-parent, surtout lorsqu’il ne reçoit pas le soutien du père. Peu supporteraient ces résignations du quotidien. L’art de garder le silence alors que l’on désire hurler.

Peu importe l’attitude et le comportement de l’enfant, cette figure d’amour éternel restera prioritaire dans les choix familiaux. En devenant la rivale, dites adieu à l’exclusivité et à la première marche sur le podium des priorités affectives. Dans le cœur de l’amoureux, la progéniture prend beaucoup de place…


Vivre avec l’enfant de l’autre : se confronter au passé de son conjoint


Lorsque vous acceptez de vivre avec la ou les progénitures de votre ami, vous acceptez indirectement l’intrusion de son ex dans votre cocon familial
Inévitablement, le deuxième parent se manifeste à chaque décision en rapport avec le minot, à la prise de garde, des vacances, les fêtes d’anniversaire et de fin d’année, sortie et vie scolaire.
Sans parler du mioche qui ramène sa mère au centre de toute conversation.
Au meilleur des cas, cela s’arrête là. Cependant, les séparations étant rarement amicales, il est plus courant que des querelles et règlements de comptes sur leur vie passée viennent animer vos moments à deux. Ce qui influent sur les humeurs de votre compagnon… Échanges de messages, appels virulents et mails insultants qui finissent en règlement de compte devant le juge… Tant de stress, d’angoisse et d’ambiance pesante qui se mêle indirectement à votre vie. 
Une chose est sûre, vous pourriez clairement vous en passer. 

enfant au coeur d'une dispute de couple
Vivre avec l’enfant d’une autre…


Découvrir son amant en “mode papa”: le malaise


La casquette du paternel endossé par le chéri à l’arrivée de l’enfant peut en perturber plus d’une. Selon votre image du ‘père idéal’, votre amoureux peut vous décevoir. Vous lui découvrez alors un autre visage… Tout de suite moins séduisant.
Autoritaire ou laxiste, le comportement de monsieur face à son rejeton n’a plus rien d’attirant. On rentre de suite dans le cadre ennuyeux de la vie de famille. Celui de l’éternel jeu des caprices, des négociations infinies et des rappels à l’ordre plus ou moins fructueux.
Et vous, toujours spectatrice de ce sempiternel rituel. 

Et pour compenser l’instabilité familiale, les parents instaurent une relation de séduction avec le gosse. Ne pas le frustrer, le couvrir de cadeaux, assouvir le moindre de ses désirs… Et ne pas vous soutenir lors de vos interventions, fait aussi partie du deal… Toujours très mal vécu.

Être parent n’est pas instinctif. Beau-parent encore moins…
Contrairement aux débats sur les conflits marâtre/beaux-enfants, celui-ci expose la vérité sur les non-dits du quotidien de la partenaire. Par amour pour leur conjoint elles acceptent une vie remplie de compromis, au sein d’une famille qui lui sera toujours étrangère. Pour palier à ce bonheur imparfait, une communication régulière sur les besoins et respect de chacun s’avère primordiale. Remettre les désirs du beau-parent au même niveau que celui de l’enfant est la clé d’une attente réussie et sereine. Car comment survivrait une famille recomposée sans un couple fort et uni ?

Prochaine étape, apprendre à améliorer vos relations.

Cindy Cauchy

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