Alexandra Recchia © Jean-Paul Loyer

Alexandra Recchia : lyonnaise, classe 1988 et quintuple championne du monde de karaté, nous raconte sa passion pour ce sport. Entre sacrifices, entraînements et concentration, il y a toujours une certitude : l’amour pour un sport qui est une véritable « école de la vie ». Une grande athlète qui nous a fait don d’une interview vibrante autour de thèmes comme les bonnes valeurs, la violence contre les femmes et l’importance de suivre ses propres rêves. Prochaine étape ? L’Open Paris Karaté 2020 !

Alexandra Recchia : une avocate devenue quintuple championne du monde de karaté

Alexandra Recchia © Jean-Paul Loyer
Alexandra Recchia © Jean-Paul Loyer

La force et l’enthousiasme pour la vie étincellent dans les yeux clairs d’une jeune avocate lyonnaise, devenue désormais une étoile du karaté. On parle d’Alexandra Recchia, athlète de l’Amicale sportive d’Evry avec un Master 2 en droit du travail et quintuple championne du monde de karaté ! Les chiffres de Alexandra sont remarquables : huit médailles d’Or entre les championnats du monde, les jeux mondiaux et les championnats d’Europe ; cinq en Argent et encore, cinq Bronzes.

Alexandra Recchia © Jean-Paul Loyer
Alexandra Recchia © Jean-Paul Loyer

Est-ce que vous commencez à avoir peur ? Vous n’avez pas vu les coups redoutables d’Alexandra ! Vitesse et concentration sont à la base de son succès, d’ailleurs. On dirait que c’était hier que cette grande athlète gagnait, pour la première fois, l’Or en individuel aux Championnats du monde de 2012, à Paris. À la suite de cet exploit mémorable, Alexandra Recchia a collectionné de nombreux succès. En attendant le prochain Open Paris Karaté 2020 du 24 au 26 janvier, notre ambassadrice sportive se prête à une interview.

Bonjour Alexandra Recchia et mille mercis d’être là avec nous de Ô magazine ! Votre passion pour le karaté est connue, mais c’est quoi, exactement, l’élément de la philosophie orientale le plus inspirant pour vous ?

« Bonjour, merci à vous, c’est un plaisir. Oui, ma passion pour le karaté est ancienne, en fait. Mes parents ont décidé de me faire commencer le karaté quand j’avais cinq ans et demi. Et je peux dire qu’à partir de ce moment, j’ai adoré ce sport ! Ce qui est très intéressant dans cette philosophie orientale, c’est le côté de la discipline.  Il y a une grande discipline dans le karaté car on apprend les bonnes valeurs comme le respect des autres, le partage de valeurs positives, vous voyez ?

Il ne s’agit pas seulement de sport et de bien-être physique, mais on parle vraiment d’une communauté. Le karaté est une communauté de gens qui aiment la vision positive de cet art martial. Dans mon expérience, je peux dire que j’ai vécu le karaté comme une véritable école de la vie, d’ailleurs ».

Pour ce qui concerne la violence contre les femmes, plusieurs entre elles choisissent le karaté pour se protéger. Mais à votre avis, le karaté peut-il aider les hommes aussi, en appréhendant le respect pour les autres et donc pour les femmes?

« Franchement, je pense que ceux qui pratiquent notre sport sont déjà des personnes qui connaissent le respect pour les autres. Je dis ça par rapport à ce que j’avais dit avant : le karaté est une communauté où les gens partagent les mêmes valeurs positives.

Il n’existe pas de violence dans le monde du karaté, en dépit de la connotation du combat qui est une lutte par antonomase. Ce qui est très intéressant, par contre, c’est que dans ce sport on a vraiment dépassé les frontières : finalement, il n’y a plus de distinction de sexe, d’origine. On est un tout dans le partage d’un bon moment de sport ».

Dans votre sport, il faut être toujours au régime, mener une vie saine. De plus, les heures d’entrainement prennent beaucoup de temps. Des fois, ça peut être stressant. Comment arrivez-vous Alexandra Recchia, à rester toujours motivée ?

« Bien sûr, comme dans la vie, on connaît des hauts et des bas dans le karaté, mais la chose la plus importante est sûrement celle de s’entourer des bonnes personnes. Il faut avoir des personnes positives auprès de soi-même, des bons entraîneurs qui te rappellent toujours que tu es là pour une raison.

Pourquoi tu as choisi ce sport ? La réponse est la passion initiale qui est toujours dans mon cœur, la chance que j’ai en partageant les mêmes valeurs dont le karaté est porte-parole. Grace aux bonnes personnes, tu peux toujours retrouver la force et la motivation, malgré les difficultés quotidiennes ».

Vous avez gagné plusieurs Ors et la liste de vos succès est longue. Mais c’est quoi la dernière pensée d’Alexandra Recchia, avant de commencer un nouveau combat ?

« Je pense exclusivement à mon combat. La concentration dans le karaté est fondamentale, parce que le manque de concentration peut être fatal pour la réussite. Donc oui, je reste très concentrée et j’essaie de me focaliser sur l’instant T du combat ».

Alexandra Recchia © Jean-Paul Loyer
Alexandra Recchia © Jean-Paul Loyer

C’est quoi le rapport avec son corps et donc avec sa féminité, pour une femme comme vous qui pratiquez du karaté ?

« Je ne pense pas qu’il existe un rapport entre féminité et sport pratiqué. Ce n’est pas vrai qu’en pratiquant un sport comme le karaté à la connotation masculine, nous les athlètes, n’avons pas de féminité. Je pense plutôt que la féminité, c’est une question d’attitude. C’est une chose qui est dans notre âme, très personnelle, et qui n’a rien à voir avec le sport qu’on pratique ou avec la façon de s’habiller ».

Vous êtes en train de préparer quelle compétition, Alexandra ?

« Cette semaine il y aura l’Open Paris Karaté 2020 ! Du vendredi 24 au dimanche 26 janvier, au stade Pierre de Coubertin à Paris ».

On sera sûrement là pour vous acclamer ! Merci beaucoup Alexandra pour votre temps. Toute l’équipe de Ô magazine vous souhaite la pleine réussite pour cette nouvelle quête et pour tous vos projets futurs !

« Merci beaucoup à vous et une bonne année 2020 pour toutes les lectrices de Ô magazine ! »

Et vous les filles ? Êtes-vous inspirées par cette héroïne du karaté ? Gardez les ondes positives de Alexandra Recchia et son message, parce que comme il disait Gichin Funakoshi, maître de karaté japonais, né en 1868 et créateur du style Shotokan :

« Le but ultime du karaté ne réside pas dans la victoire ou la défaite, mais dans la perfection du caractère de celui qui le pratique ».

Sara Jay De Rosa

Italienne née en 1987. J'ai une licence universitaire en Lettres Modernes et je travaille comme rédactrice depuis 2012. J'adore l'art, la culture, la musique et surtout l'écriture. J'ai étudié la langue française et le web-marketing à Paris où je travaille comme rédactrice/traductrice bilingue française.