Au sein d’une atmosphère légère et confinée, une entrevue à la galerie Avant-gartiste, le haut lieu où se dévoilent les nouveaux jeunes talents d’aujourd’hui. 

Fondée et dirigée par Alexis Gremmel, la galerie Avant Gartiste se veut novatrice, procurant un espace fécond et constructif dédié aux artistes émergents, qui s’élancent en avant de toutes les facultés intellectuelles, à l’époque où à lieu les plus grands développements, ils tentent de répandre des idées neuves et d’exercer sur la société, qu’ils reflètent, une énergie positive.

De Paris, New-York à Miami, Alexis souhaite estomper les frontières de l’art,  par l’Art. Aller au-delà des limites afin d’insuffler dans le milieu, un élan plus éclairé et avant-coureur ! À l’affût de nouveautés, il collabore avec de jeunes artistes brisant toute frontière traditionnelle entre « sphère esthétique » et existence.

Pour le mois de février : La mystique Manon Couse nous dévoile The Winter Show.

VENUS I

VENUS II

VENUS III

Peintre, photographe et plasticienne, un brin touche-à-tout, notre artiste mélancolique érotique questionne sa place dans le monde, en mettant a nu le corps voluptueux de femmes tantôt fortes, tantôt faibles, aimantes ou aimées, pleines de vie ou fanées et sonde ainsi l’impact et l’image qu’incarne la Femme depuis des milliers d’années.

ROCOCCO I

Bornée entre deux idéaux féminin : la Vierge Marie et Vénus, déesse de la Beauté et de l’Amour.

Entre fécondité et sexualité, mère ou Femme ?

Manon nous entraîne le long d’une promenade spirituelle au plus profond de notre inconscient collectif et invoque en nous la Femme de la sublimation.

PROFANE ET SACRE 

ROCOCCO II

Je souhaiterai finir par cette fameuse Allégorie, qui malgré le temps n’a jamais vieillie, et incarne en tout point cette ballade introspective et vous aidera peut-être à atteindre la rive :

C’est une femme belle et de riche encolure,

Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.

Les griffes de l’amour, les poisons du tripot,

Tout glisse et tout s’émousse au granit de sa peau.

Elle rit à la mort et nargue la Débauche,

Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche,

Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté

De ce corps ferme et droit la rude majesté.

Elle marche en déesse et repose en sultane ;

Elle a dans le plaisir la foi mahométane,

Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,

Elle appelle des yeux la race des humains.

Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde

Et pourtant nécessaire à la marche du monde,

Que la beauté du corps est un sublime don

Qui de toute infamie arrache le pardon.

Elle ignore l’Enfer comme le Purgatoire,

Et quand l’heure viendra d’entrer dans la Nuit noire,

Elle regardera la face de la Mort,

Ainsi qu’un nouveau-né, – sans haine et sans remord.

Allégorie, Baudelaire

Entretien

Que représente la femme pour toi ?

« Pour moi la femme est un être humain biologiquement définie. Libre aux personnes de cette catégorie de s’apposer les adjectifs culturels qui leur conviennent. Je dirai donc tous les adjectifs présents dans le dictionnaire et même les autres. On est potentiellement femme. »

Te considères-tu comme une artiste mélancolique érotique ?

« Je pense d’une part que tout est érotique, l’art étant pulsion de vie (eros), mais que l’érotisme d’une oeuvre (tel que vous l’entendez) est inhérent au regardeur. J’utilise avant tout la nudité pour échapper au portrait et rester dans l’expression de l’idée(al). C’est mon coté classique, je suis très attachée à l’iconographie et à sa symbolique. »

Cite moi trois personnes qui t’inspire ?

« Dead or alive ?

Aujourd’hui: Cy Twombly que je viens de découvrir à Pompidou, quel maitre, ma pote Aude, par ce qu’elle est un peu ma bibliothécaire quand même, et puis Bon Iver, Kate Tempest, Gerhard Richter ou Léonard de Vinci, désolée, j’hésite… »

Donne moi trois œuvres de n’importe quels domaines qui semble pour toi être intemporels ?

« Seul la musique et les beaux arts ont la capacité d’être intemporels. L’architecture, la mode, etc, évoluent trop intimement avec les besoins de la société. Le maître absolu en la matière c’est Balthus. Si on plaçait une de ses œuvres dans n’importe quelle salle du Louvre par exemple, elle ne detonnerait jamais. Il a abandonné tout anecdotisme et s’est inspiré des représentations de l’Égypte Antique. C’est un génie. Après lui personne ne peut se prétendre intemporel. A part peut être la Joconde, ou la Pieta de Dali. »

De cette grande introspection, dis nous, toi, quel genre de femme es-tu ?

« Je suis une femme, c’est très récent et c’est déjà pas mal, laissez moi le temps. »

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