Vous me lisez régulièrement, mais il n’y a pas que ma prose dans la vie. Et pour vous épargner la lecture passionnée des étiquettes des emballages alimentaires, je vous ai sélectionné quelques ouvrages pour l’été.

LeBodyChallenge de Valérie Orsoni est d’un excellent rapport nombre de pages et efficacité pour préparer son corps pour l’été. Vous y trouverez tous les exercices de fitness, permettant de mincir et de redonner une forme attrayante à votre corps. Organisé en un programme de 12 semaines, pour l’été, il est bien expliqué et suffisamment exemplifié en photos. Cela doit devenir votre ouvrage de référence pour travailler le corps.

Le fitness permet de perdre des lipides et de la cellulite. Il permet aussi d’améliorer la tenue du corps dans l’espace, l’équilibre, la souplesse et les réflexes. Le fitness génère progressivement un corps plus athlétique, donc plus équilibré, plus galbé, plus fort. Et oui, la mode n’est plus à la midinette anorexique, mais bien au corps dynamique qui incarne la volonté féminine. Don’t be slim, be fit.

12 semaines c’est plus que 2 mois : alors commencez maintenant !

PS : Pour celles qui ne sont pas fidèles à la salle de sport, ou qui pensent qu’il suffit d’y aller causer 2 fois par semaines pour perdre des écarts permanents, je recommande d’aller à mes suggestions de lecture psycho, plus bas.

Dans Les 101 mots du maquillage, Anne de Marnhac nous introduit à différentes visions de notre rituel à toutes. Le ton est varié, souvent amusant, assez pédagogique, et en soi rassurant. Le maquillage, et précisément le pourquoi du maquillage, nous fait rencontrer différentes cultures, différentes générations, nous rapproche là où nous ne l’aurions pas imaginé, et nous éloigne de façon parfois surprenante. Au travers ses différents emplois et ses différents débats, nous comprenons notre painturluration quotidienne et même multiquotidienne, nous le ferons à l’avenir autrement.

Ce petit livre facile à glisser dans le sac à main participe à une collection « Les 101 mots », dans laquelle l’éditeur Archibooks nous invite à redécouvrir sans effort et avec plaisir ce que l’on aime (comme la mode, le design, la gastronomie, le parfum et le champagne), et puis aussi découvrir ce qui ne nous aurait pas intéressées de prime abord (comme l’ingénierie du bâtiment).

Bien dans sa voix, bien avec soi, de Noëlla Finzi, semblerait, à la lecture du titre, donner des leçons : ski faux fer ou pot fer, té nul mé jvé tédé, vasy colle ton n° de CB en bas à droite pour être heureux. NON. Vous lirez en entendant votre voix imaginer dans votre tête. Puis vous lirez à voix haute et vous aurez le sentiment de dire ce qu’une autre pense. Ce sera un moyen d’apprendre par une voix d’une autre que vous faites vôtre. La voix sera d’abord médium de partage, de fusion, d’apprentissage. Un moyen de faire sien l’autre du monde.

J’ai découvert que ma voix doit être aussi bien soignée que mon apparence, et j’y ai plus appris à interpréter les non-dits et entendus de mon entourage (saleté de collègues !), que de me cacher derrière le mensonge contrôlé de ma parole. Certains coach de PNL ont cette approche : comprendre, non pas pour mentir, mais plutôt pour savoir qu’on ne peut pas mentir à celui qui sait interpréter, donc apprendre à interpréter. Et puis, en exprimant mieux ce que je veux dire, je le dis mieux. Là vous ne l’entendez pas parce que j’écris, mais si vous le lisez cet été, vous saurez et serez mieux à la rentrée.

Les Impressionnistes par eux-mêmes de Pascal Bonnafoux est un bel ouvrage et une approche intelligente des peintres dont on a tant vu et visité. L’ouvrage est beau (et lourd) alors il ne traînera pas à côté de votre serviette sur la plage, mais il serait bon qu’il vous accompagne le soir et lors des moments de détente. Nous y retrouvons les toiles des impressionnistes et elles sont racontées en regard de la vie de chaque peintre, en face de sa correspondance ou de son journal. Vous entrez dans le quotidien de chacun d’eux. En replongeant dans le XIXe siècle qui devenait la Belle Époque, vous lisez un autre Paris, celui des chicanes et des difficultés, vous y percevez les plaisirs et progressivement les bruits, les parfums et les silences d’une période qui se cherchait et qui nous a laissé l’école de peinture la plus copiée, enviée et suivie. Les impressionnistes y sont moins vus pour leur regard sur la lumière, que pour leur vie en devenir et instable, qu’ils appréciaient pour elle-même, telle qu’elle, avec son soleil et ses nuages, sans éternité, pleine de possibles, y peignant une peinture du maintenant.

Pour parcourir les expos, pour vivre des moments différents, sans claquer vos primes de vacances sur un lèche-vitrines compliqué ou sur un dance floor trop régulièrement alcoolisé, et bien procurez-vous Expo in the City. En attendant d’avoir l’ouvrage papier glacé, très bien organisé, bien annoncé, permettant d’optimiser vos miam-miam et vos vroum-vroum, aller sur le site web, abonnez-vous, faites-vous plaisir, sortez.

À méditer : (Proposition universelle) Il existe plus de livres qu’on en lira jamais, même avec l’éternité devant soi. (Proposition singulière) Vous qui faites encore cet effort amazing pour me lire patiemment, vous être aujourd’hui moins nombreuses que ceux qui écrivent. (Proposition conclusive) En attendant la fin incalculable de votre méditation, je vous ai sélectionné encore quelques ouvrages.

The Ghost in the shell de Shirow Masamune est à découvrir. Je me moque que vous ayez déjà été fantasmer sur Scarlett Joanson, le manga c’est différent, c’est pas pareil. Justement, lire un manga, c’est entrer dans une autre culture. Pour ceux qui ne connaissent pas, parlons-en :

B-A-BA : il faut lire à l’envers, en commençant par la dernière page, en lisant d’en haut à droite à en bas à gauche, même dans les vignettes.

Ensuite, tous les mangas ne se valent pas graphiquement, et Ghost in the shell fait partit de ceux qui sont les plus soignés, avec un niveau de détails agréable à l’œil. Donc si vous n’avez jamais lu de manga et que vous percevez bien l’obligation sociale d’en avoir lu un avant votre mariage, alors vous pouvez vous lancer dans celui-ci sans crainte d’avoir fait le mauvais choix.

Le contenu maintenant. Les histoires sont des aventures policières dans un futur où l’intelligence artificielle et la cybernétique auront envahi organiquement l’univers humain. C’est un monde où les robots forment des opinions, où les humains sont ordinairement suraugmentés grâce à des membres artificiels et des implants informatiques neuronaux. Les méchants ne sont alors plus des gangsters, mais des hackers capables de manipuler les animés en entrant dans ce que nous appellerions, nous aujourd’hui, l’esprit, mais qui sera demain le Ghost. Ce mot même indiquant l’hybridation qui s’est opérée entre la substance pensante et l’intelligence artificielle. Les aficionados des SiFi entrent dans cet univers avec légèreté ; le novice l’affronte un peu au début, notamment à cause du rythme propre au manga qui déstabilise parfois les compétences de lecture européennes.

Ce futur hybride n’est pas présenté, il n’y a pas d’introduction, on doit y rentrer de force, jusqu’à comprendre ce qu’il s’y passe, jusqu’à déterminer ce qui restera éternellement flou, jusqu’à accepter que nous ne sommes pas améliorés et donc que certaines causalités nous resteront étrangères.

Cet univers hybride est le lieu d’interrogation sur ce qu’est l’esprit, maintenant qu’il est surefficiant en tant que Ghost. C’est aussi le moment de s’interroger sur la liberté, lorsque nous sommes dépendants de hackers pouvant modifier nos pensées et notre mémoire. Les interrogations sont bien pesées, parfois même reprises dans ces étranges commentaires apparaissant de façon chaotique autour des vignettes, qui, lorsqu’ils ne nous exposent pas un vrai problème philosophique, nous apportent des précisions inutiles sur des détails de l’histoire, ou même exposent des opinions ou les états d’âme de l’auteur.

On peut lire Ghost in the shell pour l’histoire, pour les interrogations philosophiques, ou pouvoir voir de belles femmes. Car lorsque le corps est artificiel, et l’héroïne l’est quasi totalement, ça peut être super-sexy.

Sorties :

  • The Ghost in the Shell Tome 1 le 8 mars 2017
  • The Ghost in the Shell Tome 2 le 7 juin 2017
  • The Ghost in the Shell Tome 3 le 6 septembre 2017

J’en parle déjà trop. À lire.

Puis, pour la plage, je vous recommande la collection Psy pour tous, éditions In Press. Pour ma part, je me suis penchée sur L’identification selon Freud d’Alain de Mijolla, et L’humour de Marie-Frane Patti. C’est assez bien écrit. C’est mieux qu’une vulgarisation de magazine de vieille femme. Pour ceux qui ont fait un peu de psycho, ça doit remettre les notions en place. Pour les autres ça enseigne.

La psychologie est aujourd’hui présente partout. Pas seulement dans les séries policières, mais aussi dans le management professionnel et dans l’ensemble de nos accès au monde. Tous les jours, à la radio ou en soirée, quelqu’un utilise les mots d’inconscient ou de névrose, de maniaque ou d’obsession. Ce sont autant de notions de psycho employées dans une esbroufe autosuffisante pour masquer la pauvreté de sa vie intérieure réelle (cherchez les virgules). Il ne suffit pas de se dire maniaque, il faut savoir ce que cela implique pour comprendre ce que cela dit de notre passé autant que des conséquences futures.

Je ne sais pas si nous mourrons heureux, mais on reste toujours meilleur à savoir pourquoi on est soi.

Pour les plus téméraires, je ne résiste pas à recommander Platon-Nietzsche de Monique Dixsaut. J’ai eu la chance d’être son élève et je sais que cela fait de très longues années qu’elle souhaitait écrire ce livre. Ce qui en fait l’intérêt est que vous allez redécouvrir la philosophie la lire. En effet, par son approche, l’auteur ne recontextualise pas Platon et Nietzsche dans leur période historique, pour en détailler des concepts ainsi rendus désuets ; mais au contraire, l’on sent un amour pour ces auteurs. Non seulement un amour philosophique, qui comprend la permanente contemporanéité de leurs positions, mais aussi un amour de ces hommes pour la force et la virilité de leur pensée. Cet amour pousse à la relecture de ces monstres de la philosophie.

Enfin (dernier arrivé à la maison), La vie sexuelle des poissons, par Jacques Bruslé et Jean-Pierre Quignard. Tout d’abord c’est avant tout un vrai exposé sur le thème indiqué dans le titre (relisez-le). Donc ces universitaires, à force de regarder le bocal, ont découvert des comportements, c’est-à-dire des rituels, des règles, des préférences, des attitudes et des personnalités chez ces calmes amuseurs des enfants que l’on retrouve dans les douves des châteaux bien entretenus. Ceux qui veulent y verront une proximité entre les poissons et les humains, plus qu’avec les Bonobos.

Mais c’est peut-être un anthropomorphisme, c’est-à-dire qu’étant étudiés par des humains, les poissons ne peuvent être compris qu’au travers des schémas humains. Ce qui est propre au poiscail nous échapperait alors.

Ou bien c’est peut-être la preuve de l’animalité humaine, c’est-à-dire que toutes les fois où l’on se croit unique, personnel, spécial, humain, on subit la ruse de la nature. La nature nous donnerait alors, à nous comme aux poissons, l’illusion que nous choisissons notre art d’aimer, l’illusion que nous aimons quelqu’un du même âge, de même milieu social, du même endroit par liberté de pouvoir aimer qui l’on veut.

À lire cette vie des poissons, on se distrait agréablement d’une cour universelle dont on pourrait s’inspirer pour cesser les originalités inutiles, pour saisir la simplicité baroque de la nature, pour apprendre à rencontrer.

Maintenant que ça c’est dit (et écrit, et lu), revenons aux ouvrages que je vous recommande d’aller acheter chez votre libraire adoré pour le cultiver et l’aider à vivre, ou sur Internet si vous êtes agoraphobe. Parmi ces ouvrages, certains pourront être lus cet été à la place des romans policiers américains habituels ou des lots de vieux people magazines vendus dans les supérettes. D’autres de mes recommandations sont à lire maintenant, avant tout parce qu’ils vont contribuer à faire du bikini de cet été une arme de sensualité massive.

Alors, usant de mon influence, je vous le confirme : vous pouvez lire.

Par Bénédicte.

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