Bilan 2017 effectué, je ne peux pas continuer 2018 ainsi. En tant que blogueuse je devrais être une meneuse, mais je ne fais que ressembler. Alors tournant le dos aux trendy commercial, je retourne à ma fuite existentielle : je décide de provoquer des rencontres, des histoires, des plaisirs et des problèmes. Première escale : le Café Pouchkine.

Voilà où j’en suis arrivée : contre l’impérialisme du manger bio, sans gluten et vegan, je continuerai à vous recommander des plaisirs charnels en tous genres, contre le féminisme de l’écriture inclusive, je continuerai d’écrire, et pour ces trouillardes qui balancent des porcs en masse, je décide de me faire draguer.

Pour ma première histoire de 2018, je vais éviter les intellos de mon âge qui ne cessent de m’expliquer pourquoi j’ai raison. Je vais aussi éviter ces jeunes foufous qui finissent dans les bras d’un homme lorsqu’ils me trouvent trop de caractère. J’éviterai encore les relous sportifs du sud qui clament à chaque regard que le sens du monde est le phalocratisme à la petite canette.

A la recherche de celui qui ne ressemble pas à mes ex, sur trois sites de rencontre, je cible ceux qui sont déjà mariés sans être en instance de divorce. Au travers les recherches discursives, j’éclaircis la masse de profils en éliminant les promesses de toujours et les plans cul, au profit de ceux qui cherchent une histoire avec une maîtresse. L’idéal serait celui qui cherche à claquer son fric en souvenirs d’amour.

Quoi ? Tu me traites ?! C’est vrai, c’est rare lorsque les femmes ne font pas demi-tour face aux hommes mariés. Pourquoi ? Par solidarité féminine ? Parce que c’est réservé aux mauvaises filles, comme la viande crue l’est aux cannibales ? Mais si sa légale le trompe déjà, ou qu’elle n’a plus de désirs, ou qu’elle vraiment vraiment trop moche mais qu’il l’aime par habitude ? Ainsi, sous prétexte que deux adultes consentants peuvent avoir une histoire dans une vie parallèle, je valide la moralité parallèle de ma requête.

Et ainsi, j’en ai ferré un. Après quelques nuits de Chat, nous décidons de nous rencontrer in real life, et il me propose le nouveau Café Pouchkine, à Paris, quartier de la Madeleine, proche de son taf (il doit être dans une banque ; encore un financier ! une poisse qui me poursuit ? un métier qui rassemble les célibataires de Panam ? un mythe qu’ils inventent tous pour ne pas parler de leur vrai boulot d’esclave ?)

Toujours est-il que son choix est charmant. L’ambiance Café Pouchkine, mi-Russe mi-Parisien au style début XIXe siècle, laisse une agréable impression de maison de poupées, de maison de sucreries, de maison de perditions pour les gourmandes. C’est aussi un lieu de luxe pendant une heure à déguster un Medovic, superbe et original. Lui et moi, côte à côte, nous discutons en fait peu. Il regarde moi puis partout, puis moi. Je fais de même.

  • Que voulez-vous savoir de moi ?
  • Rien, je préfère découvrir.
  • Vous êtes une aventureuses ?
  • Oui, non, c’est plutôt que les mots tendent facilement à mentir. Je préfère que les gestes trahissent.
  • Et qu’ai-je déjà trahi ?

De là je lui fais son portrait à partir de son choix du Café Pouchkine, de chacun de ses gestes, de la préférence de ses mots, de sa voix, et jusqu’au choix du gâteau Médovic et du thé vert Yuzu. Et puis la conversation continua à partir de ces détails vraisemblables. Lorsqu’il fut temps, nous nous séparâmes.

Le moment fut agréable. Je le trouvais assez sympathique, il dut me trouver à son goût puisqu’il me promit un restaurant pour bientôt. J’attends son SMS.

Recommended Posts

Laisser un commentaire