À quand remonte votre dernier samedi à vous ? Non, ce n’est pas le samedi où tout a déjà été planifié par Facebook ; c’est celui d’automne où l’on a envie de rien, sauf de soi. Mais comment faire ? J’ai la solution, suis-moi copine.

L’automne arrive. Chatoyante période où la nature prend toutes les couleurs des hair colorations. On a envie de marcher en forêt, pour regarder nos souliers faire voler les feuilles à la recherche des dernières bogues de châtaigne, pour sentir le vent frôler nos joues entre nos cheveux détachés, les mains plongées dans les poches de notre plus gros manteau qui se ferme mal. Mais toute cette poésie est oublieuse que l’automne est une baisse de température, toutefois assez faible en comparaison à l’augmentation profondément piquante de l’humidité. Alors l’automne, le vrai, c’est une soupe lyophilisée dans un mug bêtement rigolo, bu debout face à la fenêtre, regardant le ciel gris-rose, en faisant de courtes buées au carreau, ou pis, en laissant la condensation ruisseler sur la vitre froide. Ce dernier cliché est encore une autre forme de poésie automnale, plus réaliste, mais qui dure en général quelques minutes de spleen, puis on veut passer un bon week-end, se faire plaisir, sans sortir.

Quand les mecs renouent avec le néandertalisme en commandant des pizzas pour manger des pop-corn en mélangeant bière, coca, whisky et les restes de toutes les boissons colorées du bar, ils croient revendiquer leur virilité. Laissons-les à leur décadence qui précipite l’humanité dans l’esclavagisme réciproque et volontaire. En attendant, faisons-nous plaisir, réellement et pleinement plaisir, sans sortir.

Le samedi s’ouvre tardivement (à croire que le samedi, ni 7h, ni 8h, ni même 9h n’existent). C***, ma copine-voisine, me call, espérant qu’il reste assez de place dans mes placards pour faire du shopping. Mais c’est l’automne = je ne veux pas sortir. Aidée d’un smartphone (ça n’sert pas qu’à oublier de travailler) nous commandons un soin à domicile. Plutôt que de s’habiller trop vite fait, de se faire belle grosso modo, de choisir des impossibles détails pour sortir en mode modern life avant d’arriver à l’institut de beauté, pour patienter dans l’odeur du diffuseur humide, pour, accompagnée comme une retraitée, se retrouver en culotte en attente d’un massage et soin, l’app de Phyt’s me permet de commander une agréable esthéticienne qui viendra chez moi s’occuper de nous, sa valise remplie de soins aux mille qualités. Nous avons préparé l’odeur boisée, les bougies, nous avons monté le chauffage et nous accueillons souriantes la professionnelle souriante.

Un samedi après-midi à se faire masser, dos, jambes, pieds, visage, puis peeling, lotion, crème. La beauté comme phénomène de bonheur. Enfin ! Enfin un corps reposé, une peau détendue, un bien-être pour laisser toute la place à l’amour de l’automne, depuis chez soi.

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