Les critères de beauté au XXIème siècle

Aujourd’hui, la représentation de la beauté est omniprésente. L’invention de la photographie au XIXè siècle a démocratisé l’art de se mettre en scène et de se donner à voir. Les nouvelles connaissances scientifiques et la chirurgie esthétique poussent au désir de beauté. Enfin, les moyens de communication et les réseaux sociaux sont la consécration de la représentation de la beauté au XXIè siècle.

Ce dossier s’articulera autour de trois articles. Voici le deuxième. Les liens du précédent et prochain articles se situent à la fin de celui-ci.

À bas les poils

Au temps de la Préhistoire, la beauté était synonyme de fécondité, de donner naissance. Par ailleurs, donner naissance aujourd’hui est aussi assujetti au standard de beauté. Certaines femmes racontent que leur gynécologue, des professionnels de santé leur ont demandé de s’épiler avant l’accouchement. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans une publication de 1997, évoque très clairement que « lavement et rasage du pubis sont considérés depuis longtemps comme superflus et ne devraient plus être effectués qu’à la demande de la femme. »

Voilà un premier critère de beauté bien posé. Les poils dérangent, dégoûtent. Ils sont à cet effet une source de polémique, dans la sphère privée comme chez les célébrités. C’est le cas de Gigi Hadid. Les aisselles apparemment non épilées, elle a déchaîné les foules sur les réseaux sociaux.

Une source proche de la jeune mannequin a précisé que sous ses aisselles, ce sont des fibres de vêtements et de poussières. Présents ou pas, les poils ont provoqué une vague d’indignation. C’est une énième mise en lumière des diktats esthétiques auxquels sont quotidiennement soumises les femmes.

Pourtant, les poils sont très symboliques. Frida Kahlo, célèbre peintre mexicaine, a représenté sa pilosité dans ses nombreuses toiles. Sa moustache représente sa féminité écornée. Elle n’a pu jamais avoir d’enfant à cause de ses nombreux problèmes de santé. Elle montre ainsi sa souffrance psychologique face à sa fertilité. Frida Kahlo renie donc son appartenance à la gente féminine, en dessinant cette moustache.

Les critères de beauté au XXIème siècle
Frida Kahlo, Autoportrait au collier d’épines et colibri, 1940

Ne sois ni trop grosse, ni trop maigre

Aujourd’hui, nous vivons dans une société où l’image de soi est très importante. Les jeunes filles à l’adolescence sont en recherche constante d’elles même, et ont un besoin d’identification. De plus, le développement des médias influencent principalement leur quête de personnalité. Sont alors choisis comme référence les célébrités à la taille très fine et au corps parfait, sans cellulite. L’image de la femme du XXIè siècle est donc mince. C’est ainsi que la minceur est valorisée et également associée à des standards de beauté, d’élégance et de distinction. 

De plus, les enfants ont accès de plus en plus tôt à Internet. Et voici sur quel genre de site ils peuvent s’inscrire. Le jeu Ma Bimbo par exemple s’apparente à un jeu de mode tout à fait ordinaire. En effet, dès le début du jeu, il est donné aux utilisateurs une bimbo avec une corpulence idéale à ne pas dépasser. Au fil du temps, ils devront surveiller son poids, et même réaliser de la chirurgie esthétique.

Les critères de beauté au XXIème siècle
Le jeu mabimbo.com compte plus de 21 millions de joueurs à travers le monde

Le Thigh Gap

Mais l’obsession la plus récente du culte de la minceur est vouée au Thigh Gap. C’est-à-dire avoir un écart entre les cuisses lorsque les pieds sont joints. Sur les réseaux sociaux, les plus jeunes font face aux Thigh Gap de leurs célébrités préférées, qui exhibent leur corps parfait. Les jeunes filles veulent ressembler à Miley Cyrus, Kate Moss ou encore Cara Delevingne. Problème, cette pratique est dangereuse pour la santé. Les conséquences s’apparentent à de la fatigue extrême, une santé très fragile et un danger pour sa fertilité.

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It wouldn’t be Eating Disorders Awareness Week without a little rant about the DSM, would it? So without further ado, let’s dive head first into it… . The message in this picture is pretty self explanatory. You have a physical illness? Measure your severity with physical observations. Mental illness? Mental observations. But it seems whoever wrote the diagnostic criteria for Anorexia Nervosa missed this memo, and got it all pretty fucked up. . Ok, so they took out ‘loss of period’ in the DSM-V, WOO! They’re recognising men can also get ED’s and not everyone loses their period… fantastic news. On the other hand, we have beautiful little specifiers hanging around the end of the diagnosis. One of which being to indicate if the illness is restrictive type or binge/purge type… helpful to know! The other being the ‘severity’ of the illness. Now you’d think maybe this would include things like extent of caloric restriction, duration of time spent exercising, strength of thoughts; but no. Turns out guys if you have a BMI of 17, you only have a “mild” form of Anorexia. . Get. The. Fuck. Out. . Alright, I’ll be nice tonight and say yeah, perhaps someone with “extreme” Anorexia (BMI below 15) is going to need medical attention urgently, but perhaps so does the person with Atypical Anorexia? What about ‘Mr Mild’ over here? Language fucking matters. I can appreciate that they might rate severity using BMI to make it easier for medical doctors to understand the sense of urgency in which they need to intervene. Cool. Faaaantastic; but being handed over a patient with ‘severe Anorexia’ doesn’t tell me shit. It tells me they’re unwell, but what else is going on? If they’ve made this criteria based on weight so it’s easier for doctors, they’ve forgotten that doctors need to know medical specifics regardless (weight, blood pressure, heart rate, electrolyte levels, heart activity, presence of effects of malnutrition, etc). . And then there’s the whole fact that you have to be in a specific weight criteria to even get the diagnosis of Anorexia in the first place. This wouldn’t be so awful if it stopped there, but the fact that insurance companies won’t cover you (continued)

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L’auteure Elisabeth Azoualay, dans son ouvrage 100 000 ans de beauté, alerte sur la situation.

« Aussi bien dans les médias, chez les marques de beauté et dans l’univers de la mode, nous n’avons cessé de promouvoir la minceur, parfois de manière excessive, proche de l’anorexie. Ces acteurs ont participé à la fabrication de cette maladie mentale dont les principales victimes sont les jeunes femmes. »

Elizabeth Azoualay, extrait de son livre “100 000 ans de beauté

Pour rappel, 70 000 jeunes filles sont anorexiques en France. 

Le lien du premier article est ici.
Le lien du troisième article est ici.

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