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Interview : rencontre avec la volleyeuse Alexandra Jupiter

Interview : rencontre avec la volleyeuse Alexandra Jupiter

Une athlète qui connaît les deux types de terrain au volley ! De son mètre 90, Alexandra Jupiter a encore de fortes ambitions aux Jeux Olympiques de Tokyo, reportées à l’année prochaine en raison du Coronavirus. Démarrant sa carrière au volley-ball, la sportive de 30 ans a jeté son dévolu sur la variante en outdoor : le beach-volley. Auprès d’Ô Magazine, Alexandra Jupiter livre notamment sa pensée sur le sport féminin. Discussion de haute volée avec une smasheuse d’élite. 

Ô Magazine. Au moment de l’annonce du confinement, vous étiez en lice dans un tournoi de volley en Australie. Comment allez-vous et de quelles manières avez-vous géré cet arrêt des compétitions sportives ? 

Interview : rencontre avec la  volleyeuse Alexandra Jupiter
Alexandra Jupiter, joueuse de beach-volley. (Source Photo : @Jean-Paul Loyer)

Alexandra Jupiter. Personnellement, je vais bien et surtout ma famille se porte de même. Pour l’instant, aucun de mes proches n’est endeuillé. En ce moment, ma situation sportive et mon quotidien restent secondaires en comparaison de la gravité de la situation sanitaire due au Covid-19. Lors de l’annonce du confinement, je devais disputer un tournoi de qualification en Australie pour les Jeux Olympiques finalement reportés. Une fois là-bas, les instances sportives ont logiquement annulé l’événement puis le reste de la saison. En plus, on rentrait dans la dernière ligne droite des qualifications.

J’ai toujours des ambitions pour les Jeux bien que la pandémie ait fait des dégâts. Par la suite, il faudra reformater le système de qualification pour le tournoi olympique et se mettre de nouveau à la compétition postérieurement. Dès à présent, je me suis adaptée à cette pause forcée afin essayer d’en tirer du positif. D’ailleurs, je consacre mon temps à moi-même avec quelques exercices physiques en vue de rester en forme. 

Ô Magazine. Pendant le confinement, quels sont les exercices pratiques d’une volleyeuse de plage pour garder la forme ? 

AJ. Mon préparateur physique m’a envoyé un circuit sportif à réaliser. Toutefois, j’improvise chez moi : pratiquer la corde à sauter au balcon, faire des séries de burpees, courir sur les escaliers de secours. Grâce aux réseaux sociaux, je m’inspire de quelques challenges pour travailler ma mobilité ou ma flexibilité. C’est amusant de s’aventurer sur les réseaux sociaux : beaucoup de gens postent des vidéos ludiques ! Comme je suis moins affectée par la fatigue en cette période, j’en profite pour travailler un peu plus l’aspect physique qu’à mon habitude.

Ô Magazine. Médaillée d’or (2019) et d’argent (2018) aux Jeux méditerranéens, vous êtes partenaire avec Aline Chamereau. Comment est né votre binôme ? 

AJ. L’envie de jouer ensemble trottait dans notre tête depuis longtemps. Avant la formation du binôme actuel, on évoluait avec d’autres partenaires. En observant les affinités entre Aline Chamereau et moi, les coachs ont décidé d’essayer de nouvelles combinaisons en formant notamment notre duo. Grâce à leur soutien, nous avons créé une vraie alchimie dans le jeu qui s’avère finalement une réussite au regard de nos résultats

Interview : rencontre avec la  volleyeuse Alexandra Jupiter
Avec Aline Chamereau, elle a glané notamment l’or aux Jeux Méditérranées. (Source Photo : @Jean-Paul Loyer)

Ô Magazine. Volleyeuse de formation sur surface dure, vous pratiquez sur le sable en duo. Pourquoi le outdoor au détriment du indoor ? Où résident les disparités ?

AJ. J’ai toujours eu cette passion pour le beach. Déjà adolescente, je faisais le yoyo entre le indoor et le outdoor. Au début, je faisais du volley en salle puisqu’il y avait plus de structures. Pour me lancer au beach, je suis partie aux États-Unis par le biais de l’université afin d’avoir une opportunité. À l’époque, une bourse pour cette discipline n’existait pas encore. Donc, j’ai poursuivi la pratique en salle durant quatre ans. Ensuite, on m’a proposé d’intégrer l’Équipe de France. Après j’ai refait volontairement un changement de surface malgré les risques. Dans une carrière où la sécurité financière n’est pas garantie, je ne pouvais pas attendre 30 ans pour changer d’orientation.

En pratique, la première différence se trouve sur la surface. Sur le sable, on saute moins haut qu’en salle. Par conséquent, on joue la finesse du geste pour marquer un point de façon stratégique. Au contraire, les joueuses de salle cherchent fréquemment la rapidité et la force. À deux, il faut avoir une grande responsabilité et le contrôle des émotions. Sur un terrain très large à deux, l’effort physique est maximal car on doit être polyvalente : servir, passer, attaquer et défendre. Personne ne peut se cacher ! ! Lorsque le partenaire est en dedans, il est primordial de réussir à prendre seul les rênes du jeu pendant un temps. Dans une équipe de six joueuses, on excelle uniquement dans un domaine par rapport au poste. Voilà pourquoi, je ressens plus d’affinités avec la partique du beach que pour le volley-ball. 

Chez les volleyeuses en indoor, on joue en sélection nationale et en un club contrairement au beach-volley où on est régi uniquement sous la bannière de l’équipe nationale. Par ailleurs, le format des compétitions n’est pas le même. Au beach, on a un championnat sur une année entière dont le système est équivalent au tennis. C’est l’accumulation des résultats qui détermine notre place au classement. Pour la qualification olympique, Aline et moi, 23 ème mondiales, devons intégrer les 15 premières places. Au volley, les équipes nationales doivent participer à un tournoi continental pour avoir son billet pour Tokyo à l’image des Français qui sont qualifiés grâce à leur victoire à Berlin, en janvier dernier.

Ô Magazine. Comment le volley est devenu votre sport de prédilection ? Vous faisiez d’autres pratiques sportives ?

AJ. J’ai grandi dans un gymnase. Le volley-ball est une discipline omniprésente au sein de ma famille. Pour cause, ma mère et mon oncle ont tous deux eu une carrière professionnelle au volley en salle. Depuis mon enfance, j’assistais aux matchs de l’un et de l’autre, chaque week-end. En réalité, jouer au volley était devenu une évidence. Je me suis intéressée à d’autres sports mais sans réelle passion, à part le tennis. En revanche, j’ai beaucoup d’intérêt pour les sports en tant que spectatrice. 

Ô Magazine. Quelle est votre vision de votre discipline actuelle et du sport féminin en général ? 

AJ. Depuis son apparition aux JO de 96 à Atlanta, le beach-volley a bien évolué. Pourtant méconnue en France, la discipline est très pratiquée dans plusieurs pays. Ce sport ludique joué par les amateurs sur la plage rencontre des problématiques due la tenue. Pour ma part, jouer en maillot de bain ou en bikini est confortable, peut-être, parce que je suis habituée. Au tout début, j’avais des complexes avec mon corps. Le fait de voir les autres être à l’aise et bien dans leur peau m’a donné envie de procéder un travail sur moi-même.  

Cela m’a fait grandir néanmoins certaines pratiquantes peuvent déceler un certain malaise, d’être à moitié dénudée, dû à leur religion ou à leur culture. Dans des cas exceptionnels, il y a des dérogations pour que les joueuses de plage vêtent une tenue qui recouvre la totalité du corps. Concernant le sport féminin, il y a eu une bonne publicité lors de la Coupe du Monde de football féminin, l’année dernière. Finalement, cette grande visibilité permet au public de s’intéresser encore plus aux sportives en général. On est sur la bonne voie ! 

Interview : rencontre avec la  volleyeuse Alexandra Jupiter
Que ce soit sur sol ou sur sable, Alexandra Jupiter a le volley dans la peau. (Source Photo : @Jean-Paul Loyer)

Ô Magazine. Quelle est votre sportive préférée ?  

AJ. En ce moment, j’aime beaucoup Serena Williams. En fait, je fonctionne par crise, c’est-à-dire, je me mets à fond sur quelqu’un à un moment donné. Évidemment, je la connais mais je ne me suis jamais consacrée à l’histoire de la sportive : sa carrière, son jeu, sa mentalité, sa vie personnelle à travers les réseaux sociaux entre autres.

Ô Magazine. Quels sont vos projets à part le volley ? 

AJ. J’effectue actuellement des études en psychologie.  

Ô Magazine. Un dernier mot ! Selon vous, quelle est la définition de la femme d’aujourd’hui ? 

AJ. Forte, indépendante et engagée. Auparavant, les gens ont apposé une mauvaise étiquette aux femmes du fait qu’il y aurait une compétition entre elles. Aujourd’hui, je constate qu’il réside une véritable solidarité féminine dans tous les domaines que ce soit professionnel ou personnel.  

Donc, merci à Alexandra Jupiter de nous avoir accordé un peu de son temps ! Ainsi, on lui souhaite bonne chance pour cette quête olympique en terre nippone. En outre, vous pouver retrouver la volleyeuse sur ses comptes Facebook et Instagram. Jetez un large coup d’œil aux articles de la section sport d’Ô Magazine tels que :

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