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Expo Talents Cachés : l’art carcéral se fait la belle !

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Talents Cachés : l’art carcéral se fait la belle !

Quand la beauté surgit de l’univers carcéral… Des quatre coins de l’Île-de-France, l’association Talents Cachés a collecté une centaine de productions artistiques réalisées par une cinquantaine de détenus, depuis leurs établissements pénitentiaires respectifs. Et les a réunies au sein d’une exposition que les spectateurs pourront découvrir à l’Espace Paulin Enfert, Paris 13, du 16 au 23 octobre. Pour nous en parler, nous avons rencontré François Charron, coordinateur de cette expo… pas comme les autres !

Depuis une dizaine d’année, François Charron s’occupe de l’exposition Talents Cachés. Auparavant, il était banquier international ! Lui et son équipe de bénévoles vont à la rencontre des détenus artistes, dans toute l’Île-de-France. En liaison avec le service d’insertion et de probation de l’administration pénitentiaire, avec l’aide de professeurs d’arts plastiques, ils admirent et sélectionnent…

Toutefois, François nous a avertis : « Nous ne sommes pas là pour pratiquer une sélection féroce à l’égard des personnes de bonne volonté. L’idée, c’est tout de même de redonner une certaine dignité aux personnes détenues. Quand on discute avec ces dernières, elles retirent généralement une grande fierté de ce qu’elles ont fait. Même si cela peut parfois paraître modeste ». À ses yeux, même un petit dessin de fleur réalisé au crayon prend une tout autre dimension si on sent que l’artiste y a mis tout son cœur ! François a ajouté : « Très souvent, c’est un moyen pour ces personnes de se réhabiliter à leurs propres yeux ; vis-à-vis de leur famille aussi. Cependant, dans le lot, il y a vraiment des œuvres très intéressantes ».

Talents Cachés : un partenariat entre l’administration pénitentiaire, la ville d’Issy-les-Moulineaux et l’association la Mie de Pain

L’expo Talents Cachés, déjà à sa 25e édition, est le fruit d’un partenariat : avec l’administration pénitentiaire tout d’abord ; également avec la ville d’Issy-les-Moulineaux, sous l’impulsion de son maire André Santini. Depuis deux ans, l’expo s’est transférée d’Issy à Paris 13. En effet, l’association la Mie de Pain* prête désormais son superbe espace Paulin Enfert à Talents Cachés.

L’administration pénitentiaire met également à la disposition des détenus des ateliers. C’est le cas à Poissy, Melun, Réau, Fleury, Fresnes, etc. François a toutefois précisé : « Quand on parle d’ateliers, il s’agit de superficies occupant l’espace de deux cellules combinées. Dans ces ateliers d’une vingtaine de m², on donne parfois aux détenus la possibilité de pratiquer plusieurs disciplines artistiques. Ils peuvent ainsi s’essayer à la peinture, gravure, sculpture ou poterie, bénéficiant parfois même d’un petit four de cuisson. Il va sans dire que, bien souvent, le matériel manque. Donc, ce sont les profs d’art qui l’apportent. Certains détenus, devenus de vrais mordus, financent l’achat de leur propre matériel. À l’occasion de ces expositions, l’association Talents Cachés en profite pour décerner des prix sous la forme de matériel : peinture, chevalets, toiles, etc. »

À défaut de matériel, les détenus artistes ont parfois recours à des expédients. Comme nous l’a dit François : « Je me souviens d’une personne qui réalisait des objets avec des allumettes. En prison, on utilise tout ce qu’on trouve : des vieux pots de yaourt deviennent ainsi de véritables œuvres d’art. La personne en question faisait donc avec des allumettes des meubles entiers grandeur nature : parfois de plus d’un mètre de haut ! C’était incroyable ».

Talents Cachés : l’art carcéral se fait la belle !
Randriambololona Haritiana, Villa Ephrussa, acrylique sur toile, 2020 – photo : Alain Moreau, pour Talents Cachés

Qui sont les artistes de Talents Cachés ?

Difficile à dire qui on a en face de soi, car, comme nous l’a dit François, « nous ne prenons pas en compte le passé des détenus ». Certains établissements sont spécialisés dans les peines de longue durée. Donc « on peut se douter que le ou la détenu(e) est un homme ou une femme comme vous et moi… mais avec un passé parfois très lourd ! Cependant, ce qu’il a pu faire à une certaine époque de sa vie, ce n’est pas notre affaire ». Nous savons seulement que certains des établissements que nous visitons peuvent abriter des personnes dangereuses. Par ailleurs, certains détenus sont des célébrités – il suffit de consulter internet. « À Poissy, Carlos vient de temps en temps jeter un œil à notre petite exposition préparatoire. Même si lui-même ne fait pas d’art ».

Les personnes purgeant des peines courtes (six mois à quatre ans) ne bénéficient pas autant des activités artistiques et autres efforts de réinsertion. Car ils n’ont pas eu le temps de trouver leurs marques au sein de l’univers carcéral. L’administration pénitentiaire connaît par conséquent un taux de récidive particulièrement élevé : plus de 60 %. François explique ce taux record ainsi : « Les personnes qui sont là pour une durée limitée… quel est leur univers quand ils sortent ? Souvent, ils retrouvent leur univers d’avant la case prison. Certes, certains ont pu se former en prison (travaux d’électricité ou de nettoyage), obtenant même un CAP ou un autre diplôme. Mais ils ont du mal à trouver un logement ou un emploi à leur sortie. Si certains membres de leur entourage leur proposent de gagner de fortes sommes en peu de temps… au lieu du smic, ils y retournent après avoir fait un calcul rapide ».

La punition… et après ?

En conséquence, François milite pour que les efforts de réinsertion se focalisent davantage sur les courtes peines. Particulièrement les jeunes qui n’ont pas de famille à eux — les plus vulnérables vis-à-vis de la récidive. Selon François, « l’idéal serait de remplacer les courtes peines par des travaux d’intérêt général au profit des collectivités. Cela serait bien préférable à la prison. D’autant qu’aux autres problèmes vient se greffer le radicalisme, une préoccupation majeure dans les prisons ! »

Aux yeux de François, les détenus sont des êtres humains. Si on veut qu’un jour ils retrouvent une place dans la société, il faut bien leur donner un espoir, une chance, l’occasion de regagner un peu de respect pour eux-mêmes. Comme il le rappelle, « le prix que l’on paye lorsqu’on est en prison est très élevé. Il faut savoir que la prison, notamment pour les jeunes, c’est beaucoup de violences. »

Une centaine d’œuvres exposées

Durant sa période « faste », l’expo Talents Cachés a réuni plus de 200 œuvres. Cette année, il faudra s’en contenter d’une centaine seulement. En effet, certains établissements n’ont pu y participer en raison de l’interruption des cours d’arts plastiques suite au Covid.

Toutes le formes d’art y sont représentées. Une femme détenue a ainsi produit des sacs en tissu, des masques, etc. Lors d’une exposition précédente, des détenus avaient réalisé de petites vidéos amusantes. Ils les avaient interprétées en se dissimulant le visage, conformément aux règles de l’administration pénitentiaire.

De la même façon, il y a cinq ou six ans, la responsable du programme de réinsertion de Nanterre avait accompagné la création d’une pièce de théâtre. À la façon du film Un Triomphe, qui se joue actuellement dans les salles. François en garde un souvenir ému. « Nous avions recruté une metteure en scène. Pendant trois mois, elle avait formé un groupe de détenus acteurs munis d’autorisations de sortie. Elle avait ainsi créé une adaptation de Hamlet, jouée par la suite dans un théâtre d’Issy-les-Moulineaux. Cela avait été une expérience extraordinaire. Les scènes mêlant des personnages féminins avaient été jouées en ombres chinoises. Cela avait représenté pour nous un grand succès. Sans compter la joie des familles de ces trois détenus, incroyablement heureuses de les voir sur scène ».

Une cérémonie de remise des prix

Afin de donner le lustre qu’il mérite au vernissage de l’expo Talents Cachés, un jury composé de personnes qualifiées se réunira. Un critique d’art en fera partie, de même que des représentants respectifs de l’administration pénitentiaire et de Talents Cachés. Ce jury décernera un prix de peinture, un prix de sculpture et un prix récompensant les objets « autres ». L’affiche de l’expo 2021 représente d’ailleurs le premier prix du jury de 2019. Tout le monde peut participer : internautes, visiteurs, etc. Lors du vernissage, des bulletins de vote sont distribués et chacun peut voter pour l’œuvre qu’il préfère.

Comme pour n’importe quelle autre exposition, les œuvres sont proposées à la vente. Cependant, certains parmi les artistes exposés réservent tout ou partie de leurs œuvres à leur famille. Comme l’a expliqué François, « nous ne prenons aucune commission bien entendu. En fait, l’argent va pour un tiers à l’indemnisation des victimes ; un autre tiers finance le pécule, formule d’épargne remise aux détenus au moment de leur sortie ; enfin, le dernier tiers alimente leur cantine, pour leurs besoins quotidiens pendant leur période d’incarcération ».

Talents Cachés : l’art carcéral se fait la belle !

* insertion des personnes sans domicile fixe.

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