Mais ne rêvons plus. Pour le luxe, il faut du goût et des moyens. Sans quoi, animal de labeur, nous travaillons pour pouvoir espérer des brindilles de luxe.

Et si ces miettes étaient le vrai luxe ? Si j’allais tous les jours dans des grands restaurants, j’en perdrais sans doute le désir, je n’aurais plus goût à manger, plus de plaisir. De même pour les beaux mecs et les grands palaces. L’acquisition du luxe est un danger pour la prolétaire que je suis : née sans, je pourrais ne plus avoir de sens à ma vie.

Consolée : il me faut juste ce qu’il faut d’argent pour me faire parfois des cadeaux luxueux, et je saurai les apprécier. Bien sûr, je devrais choisir entre une montre, un parfum, une robe, une paire de chaussure, un sac, une ceinture, des boucles d’oreilles, un pendentif, une soirée coquine, un week-end découverte,… et je maintiendrai le rêve.

Rêve de luxe à avoir coûte que coûte, malgré l’irrationalité des sacrifices. Sans ce rêve, ma socialité risquerait de se perdre. Sans lui, nous pourrions retourner à l’âge de pierre et attendre un coup de massue pour qu’un mâle exprime son désir de copuler. Le luxe est l’objectif lancé aux hommes pour qu’ils sortent de leur caverne et nous offrent quelque chose qui nous plaise, un bout de rêve contre un peu de nous.

Le luxe est au-delà du sexe. Le luxe c’est la lumière qui guide l’évolution de l’humanité. Le Luxe est la forme éternelle du monde, la seule que l’on devine, que l’on peut voir, palper, embrasser, que l’on doit désirer et qui fait de nous des humains.

Le plaisir du Luxe n’apparaît que lorsqu’on l’a attendu comme un impossible, comme l’Euro Millions, comme le prince charmant. C’est un plaisir subtil qui s’apprécie le temps qu’on n’y croit pas et qui devient de la consommation de richesses ostentatoires dès qu’on en prend conscience. Ce plaisir vous fixe à un instant d’éternité, à une extase qui n’aboutit pas et qui ne cesse d’augmenter. Un long souvenir restera, pour un doux instant d’éternité : c’est le plaisir du luxe.

Par Bénédicte

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