Femmes battues

En 2019, le collectif « Féminicides par compagnons ou ex » a recensé pas moins de 150 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. Le mouvement de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, noustoutes.org, relaye également les informations et organise des marches pour alerter le gouvernement qui ne semble pas se préoccuper de la gravité de la situation. 

Le 3919

Une femme sur 10 est victime de violences conjugales (enquête Enveff 2001). Une femme décède tous les 3 jours sous les coups de son compagnon. La violence conjugale est un véritable problème de société, un fléau qui découle de l’éducation patriarcale donnée aux hommes et qui les autorise à posséder femmes et enfants. 

Pour venir en aide à ces femmes, la Fédération Nationale Solidarité Femmes a créé le service téléphonique national d’écoute « Violences Conjugales – Femmes Infos Services », devenu le 3919-Violences Conjugales Info en 2007. Ce numéro d’écoute est anonyme et gratuit à destination des femmes victimes de violence à caractère sexiste. Sa mission est de permettre à la personne, ou à son entourage, d’interagir avec une écoutante professionnelle pour ainsi parler de la situation et lui permettre d’agir par la suite. L’équipe d’écoute oriente la femme victime vers une association spécialisée qui pourra alors l’accompagner dans ses démarches. 

Néanmoins, le 3919 n’est pas un numéro d’urgence ! En cas de danger immédiat, il faut contacter la police, la gendarmerie ou les pompiers en composant le 17 ou le 18

La Fédération Nationale Solidarité Femmes 

Pour dénoncer les violences faites à l’encontre des femmes, et notamment les violences conjugales, des associations ont vu le jour à la fin des années 70 et créé des lieux d’accueil et d’hébergement pour venir en aide aux victimes de ces violences. Ces associations ont fusionné pour devenir la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) qui regroupe 67 associations réparties sur tout le territoire français. 

Les associations Solidarité Femmes accompagnent plus de 30 000 femmes victimes chaque année et en hébergent plus de 3 000 ainsi que des enfants. Vous pouvez consulter l’annuaire des associations juste ici : Trouver une association

Il existe également un annuaire des associations locales et nationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Il a été édité en 2012 par la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement de l’époque, Najat Vallaud-Belkacem. Cet annuaire est consultable en ligne

Fondation des Femmes

« La Fondation des Femmes est la structure qui gère les fonds récoltés lors des collectes auprès des particuliers. Elle opère leur redistribution vers les associations. Elle est sous égide de la Fondation de France. Composée d’un COMEX (Comité Exécutif), celui-ci détermine les priorités annuelles et décide de l’attribution des fonds. Le Comité Exécutif dispose de toute liberté dans l’approbation des projets. »

Pouvons-nous lire sur leur site internet, fondationdesfemmes.org.   

Avant 2014, en France, il n’existait pas de structure de collecte grand public capable de lever des fonds pour développer et soutenir les actions en faveur des droits des femmes. C’est ainsi qu’est née la Fondation des Femmes, dont le but est « de lutter efficacement contre les violences et pour l’égalité femmes-hommes ! »

Certaines associations tirent même la sonnette d’alarme face à la baisse du financement. Une pétition a également été lancée en ligne en 2018. 

Femme battue
Femmes battues, comment agir ?

De plus en plus d’associations mais toujours trop peu de moyens 

Le budget pour la lutte contre les violences faites aux femmes représente 0,007% du budget total de l’État. Des dispositifs d’accueil destinés aux femmes victimes de violences sont menacés de fermeture ou déjà fermés faute de financement. C’est par exemple le cas dans le Morbihan où la baisse des subventions a entraîné la fermeture d’un centre d’accueil pour les femmes victimes de violences conjugales. Un collectif s’est alors formé pour demander sa réouverture mais n’a reçu aucun retour de la part du gouvernement. 

« On est très choqué-e car vu les promesses faites par le président de la République on pensait qu’il y aurait plus de moyens. Il n’y a pas d’amélioration mais en plus c’est carrément une régression car il y a des lieux d’accueil qui ferment »

déplore Aurore, une bénévole du collectif.

Certaines femmes victimes de violence, notamment conjugales, se sentent tout simplement oubliées, abandonnées par la justice. Elles lancent une bouteille à la mer, comme un dernier recours, un appel à l’aide sur les réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux comme dernier recours aux violences conjugales 

Des tweets pour appeler à l’aide

En juillet 2019, le journal quotidien 20 minutes a rencontré Laura, une jeune femme victime de violences conjugales de la part de son ex-compagnon. Laura avait posté au mois de mai une série de tweets dans lesquelles elle se disait terrorisée de savoir l’homme qu’elle accuse de « tentative d’assassinat » en liberté. Grâce à son témoignage sur Twitter, qui a été vu et lu par plus de 13 000 personnes, son ex-compagnon a finalement été incarcéré en attendant son jugement. 

Comme Laura, d’autres femmes victimes de violences conjugales lancent des appels à l’aide, des témoignages sur les réseaux sociaux. 

« Elles vont sur les réseaux sociaux pour y trouver une oreille attentive qu’elles ne trouvent pas dans les commissariats ou les palais de justice »

explique Laure Salmona, co-fondatrice de « Féministes contre le cyberharcèlement », au journal 20 minutes. 

Ces femmes se sentent surtout abandonnées par la justice et n’ont plus aucune personne ni aucune institution vers laquelle se tourner. Elles s’en remettent donc à des inconnu-es sur Internet et racontent leur histoire. L’association « Putain de Guerrières » qui vient en aide aux femmes battues, encourage les victimes à se servir des réseaux sociaux pour poster leurs témoignages. « C’est un moyen efficace d’interpeller les préfectures, les ministères et la presse » estime Caroline Boisnoir, présidente de l’association.

Femmes battues
© Philippe LOPEZ / AFP

Un réseau d’entraide

Témoigner sur Internet permet d’activer un réseau d’entraide, de relayer les témoignages et d’interpeller. Les femmes trouvent du réconfort et du soutien les unes envers les autres en lisant des récits similaires, c’est également un relais important pour trouver des contacts d’associations ainsi que des conseils. 

« Le fait d’en arriver là montre aujourd’hui que la situation est grave. C’est le signe d’un réel dysfonctionnement dans la prise en charge des victimes de violences conjugales. Ces femmes se sentent abandonnées par la police, par la justice. »

dénonce Laure Salmona. 

Néanmoins, si la plupart des associations encouragent les femmes à témoigner sur les réseaux sociaux, d’autres les mettent en garde contre les risques possibles : « Parler sur les réseaux sociaux, c’est souvent révéler son identité, ce qui n’est pas sans danger » explique Françoise Brié, directrice générale de la Fédération Solidarité Femmes. C’est également la porte ouverte au cyberharcèlement, ce qui peut être dur à gérer psychologiquement par les victimes. 

« Des femmes qui ont subi des viols au sein du couple et se livrent sur Internet peuvent devenir des cibles privilégiées. Leurs témoignages deviennent souvent viraux et peuvent engendrer du cyberharcèlement. Certains nient les violences qu’elles ont subies, les culpabilisent, leur disent qu’un viol au sein du couple ça n’existe pas. Ça peut être très dur psychologiquement, mais elles n’ont souvent pas d’autres choix pour tenter de survivre. »

déclare Laure Salmona au journal 20 minutes. 

Dans notre pays, les violences ainsi que les inégalités continuent de stagner. Les associations venant en aide aux femmes victimes de tous types de violences manquent cruellement de moyens et de financement pour aider ces femmes à s’en sortir et à reprendre leur autonomie. Les collectifs féministes se battent également pour que le féminicide soit enfin reconnu comme un crime commis contre les femmes.

Marie B.

Diplômée d'un master MEEF et création numérique, je travaille comme rédactrice pour le journal de la ville de Raismes. Curieuse de tout, je suis passionnée d'écriture et de photographie. Mes domaines de prédilection sont l'actualité et la sexualité.

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