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Tendances 2018 de l’art contemporain .4 suite

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Pour ma part, j’ai traversé les galeries l’esprit vide attendant que mon œil s’arrête. Cela fait, j’entrais à pas feutré validant mon premier instinct. Puis j’apprenais l’insociable sociabilité de l’art : le moment où un artiste s’impose moins pour exister par-dessus le peuple que pour laisser vivre ce qui devient une œuvre. Ce qui compte pour la raconteuse que je suis, c’est la tendance. Et ce qui compte pour l’acheteur c’est d’avoir. Ce qui compte pour l’œuvre c’est d’être et de faire être.

Jef Bertels, art d’histoires silencieuses et ailleurs

Touchantes histoires de montres nous sont racontées à chaque tableau. Les formes se meuvent dans une ambiance colorée et feutrée. Univers de BD SiFi arrondissant les formes animales au point de les rendre humaines. Nature difficile et construction lourdes et molles, enchevêtrement de vie pleines de conscience et de passés mais silencieuses dans leur voyage. Chacun nous regarde, nous interrogeant sur le pourquoi nous les regardons, nous demandant ce que signifient nos sentiments à leurs égards, et accélérant le piège du tableau : celui de nous faire vivre dans cet univers troublant et à la fois apaisant.

Xavier Marabout, rencontres pop

C’est aujourd’hui et c’est maintenant. L’anoblissement actuel de la culture Pop (merci Andy) commencée au XXe siècle s’impose enfin au XXIe siècle et Marabout marque cette étape. Mashup de Tex Avery et Picasso dans le même tableau. Une histoire comique en surgit, l’ironie de l’art devenu classique s’impose au spectateur. Il n’y a plus de crime de lèse-majesté mais l’aveu qu’une petite supercherie s’est toujours glissée et qu’il est temps de la montrer. L’univers du graphique le plus populaire rencontre le Louvre ; le monde des Toons de Qui veut la peau de Roger Rabbit débarque dans tous les Guggenheim. Et lorsque le divertissement rencontre le symbolique, nous obtenons la trivialité de la vie.

Clémentine Bal, art aux étranges douceurs

Sculptures douces, calmes, endormies, animalières, humanoïdes, étranges, inquiétantes et même parfois apeurantes. Des animaux et des bébés aux formes rondes donnant envie de caresser ; la matière choisie mate laisse soupçonner une douceur au toucher. Les visages sont endormis, mais sont presque humains, toujours. Alors on s’inquiète un peu : que serait un monde où les animaux auraient notre regard, notre bouche, nos pensées, seront-ils toujours mignons, n’auraient-ils pas l’agressivité de la bête avec l’intelligence exigeante de l’humain ? Que se passera-t-il lorsqu’ils se réveilleront ?

à suivre…

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