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Télétravail, crise sanitaire et nouvelle dynamique dans les entreprises, selon Fabienne Broucaret

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Télétravail, crise sanitaire et nouvelle dynamique dans les entreprises, selon Fabienne Broucaret

Depuis mars 2020, le télétravail est apparu comme une alternative durable au sein des entreprises. Pourtant, il n’est pas exempt de critiques. C’est vrai de la part des managers se plaignant de ne plus avoir la main sur leurs subordonnés. Il n’est jusqu’aux télétravailleurs eux-mêmes qui pointent la démotivation que le télétravail induit chez eux, du fait de leur isolement. Spécialiste du bien-être au travail, Fabienne Broucaret a accepté de répondre à nos questions à l’occasion de la sortie de son ouvrage Télétravail paru en mars dernier dans la collection My Happy Job des éditions Vuibert. Elle en a profité pour souligner les aspects positifs de cette nouvelle façon de travailler.

Journaliste pendant dix ans pour la presse classique, Fabienne a lancé en 2016 son site My Happy Job consacré à la qualité de vie au travail et au bien-être au travail. Elle a voulu que son site touche un large public composé de salariés, indépendants, managers et DRH. Depuis un an, elle est également la directrice d’une collection éponyme aux éditions Vuibert. La collection My Happy Job a permis de diversifier le format des contenus relayés via le site sur le sujet du bien-être au travail. Le télétravail étant devenu un sujet central, Fabienne a décidé d’en faire un livre. Elle s’est notamment penchée sur les différentes manières de recréer de la proximité et des temps de partage parmi les équipes. L’objectif de ce livre : se demander comment recréer une dynamique positive, même à distance.

Télétravail, crise sanitaire et nouvelle dynamique dans les entreprises, selon Fabienne Broucaret
Fabienne Broucaret (c) Jennifer Sath

Le problème avec le télétravail subi

Certains managers s’étaient montrés critiques vis-à-vis du télétravail dès avant la crise. “Ils pensent à tort, nous dit Fabienne, que le télétravail n’est pas vraiment du travail. Car, selon eux, on ne sait pas vraiment ce que font les gens”. Quant aux télétravailleurs eux-mêmes, nombre d’entre eux ont déploré leur isolement et un certain épuisement. L’absence de pauses et le temps excessif passé en réunions virtuelles ont ainsi été pointées du doigt.

Face à ce double front de critiques, Fabienne rappelle “qu’à l’heure actuelle, nous sommes dans un mode dégradé de télétravail. Comment pallier l’absence de temps de ressourcement, quand il est impossible d’aller déjeuner à l’extérieur, ni d’aller à la salle de sport ? Nous sommes donc dans un schéma très particulier de télétravail subi”. Fabienne poursuit : “Ce qui pèse aujourd’hui, c’est de travailler en mode télétravail non-stop depuis un an. Les personnes n’ont pu choisir d’alterner entre deux jours de télétravail et trois jours de présence au bureau, par exemple”. Il ne faut donc pas confondre télétravail classique (modèle hybride) et télétravail subi.

Les avantages du télétravail choisi

Pourtant, à bien y réfléchir, le télétravail offre de nombreux avantages. Le gain de temps lié à l’absence de temps passé dans les transports est important. Cela permet de mieux équilibrer vie professionnelle et vie personnelle. De plus, les télétravailleurs peuvent davantage se concentrer pour mener à bien leurs tâches. Comme le rappelle Fabienne, “les études ont montré qu’en open space, on est dérangé 100 à 150 fois par jour. On peut donc mieux se concentrer, en étant plus efficace et plus productif quand on est en dehors du bureau.

Au niveau de l’entreprise, le télétravail permet aux salariés de mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle. Selon Fabienne, “le télétravail constitue un mode d’organisation très intéressant. Les entreprises peuvent le mettre à profit pour attirer les talents et fidéliser leurs employés. Par ailleurs, cela libère certains salariés de la nécessité d’habiter près de leur lieu de travail”.

Télétravail, crise sanitaire et nouvelle dynamique dans les entreprises, selon Fabienne Broucaret
(c) Olia Danilevich – Pexels

Complémentarité entre télétravail et travail au bureau

Il ne faut donc pas opposer travail au bureau, d’une part, et télétravail, d’autre part. Au contraire, il vaut mieux les considérer de façon très complémentaire. Comme le dit Fabienne, “le tout consiste à trouver le bon équilibre qui satisfasse le collaborateur au niveau personnel, tout en lui permettant de bénéficier d’une dynamique de groupe. Il faut donc jouer sur les deux tableaux”.

En 2017 déjà, le BIT recommandait deux à trois journées de télétravail par semaine. Un tel mix permettrait de bénéficier des avantages du télétravail (meilleure concentration, équilibre entre vie pro et perso). Tout en gardant le lien avec l’entreprise et la communauté de ses collègues. Fabienne remarque même que “certaines entreprises fonctionnent très bien en full remote (100 % télétravail). Cela ne les empêche pas d’être efficaces. D’autant qu’elles ont mis au point de nouveaux rituels. Les salariés se réunissent ainsi en séminaires une fois par mois ou par trimestre. Ces séminaires leur permettent de conserver des liens entre eux. Même quand on télétravaille à 100 %, il ne s’agit donc pas de ne plus jamais voir ses collègues”. Dans la plupart des cas, l’idéal serait de pouvoir télétravailler deux jours par semaine. Ainsi, il y aurait le maintien d’un équilibre entre présenciel et distanciel, pour le bénéfice de tous.

Télétravail, convivialité et efficacité au travail

Dans ce cas, comment concilier télétravail et convivialité, c’est-à-dire en conservant tous ces petits moments “de basse intensité” que l’on partage avec ses collègues de bureau et qui sont néanmoins essentiels pour la dynamique du groupe ? Quid des conversations autour de la machine à café, des pauses réalisées à plusieurs, au cours desquelles les collaborateurs ont des échanges informels leur permettant de trouver de nouvelles idées ou encore de gérer leur stress ? Selon Fabienne, “Le télétravail empêche la spontanéité d’une pause impromptue. Il vaut donc mieux privilégier la ritualisation. Certaines équipes peuvent commencer par se réunir de manière informelle en début de journée. Cela se substitue au café que l’on va prendre au bureau quand on arrive. Cela peut prendre la forme d’un café zoom, par exemple”.

Ces moments sont importants, dans la mesure où ils permettent aux individus de retrouver le moral et aux équipes de retrouver de l’énergie. Cela peut favoriser une nouvelle dynamique et même faire naître de nouvelles idées pour d’autres projets, même si l’on n’est pas physiquement ensemble.

Extension du domaine du télétravail

Avant la crise, le télétravail ne concernait que 10 % des emplois. Avec la crise, nous sommes montés à des taux de 30 à 40 % pendant les confinements. Ce taux redescendra vraisemblablement lorsque nous serons sortis de l’urgence sanitaire. Il est vrai que le télétravail ne concerne pas tout le monde, même au sein d’une même entreprise. “On peut imaginer que les salariés ouvriers ont besoin d’être sur site pour accomplir leur tâche, contrairement aux cadres et autres employés de bureau qui ont des emplois davantage télétravaillables. Cependant, certaines entreprises, dans un souci d’équité et de justice, se sont demandées comment les salariés ouvriers pourraient bénéficier du télétravail”. Pour ces derniers, certaines entreprises ont imaginé de leur permettre de réaliser leurs temps de formation en ligne à partir de chez eux.

Concernant les commerciaux qui sont souvent sur la route, certaines entreprises leur offrent la possibilité de réaliser leur rapport d’activité et leurs tâches administratives à partir de chez eux. De même, le télétravail s’est étendu aux métiers de la banque où le contact avec la clientèle prime. Comme l’a noté Fabienne : “On s’est rendu compte que les agents n’étaient pas obligés d’être tout le temps là et qu’il y avait des tâches qu’ils pouvaient rassembler sur une demi-journée ou une journée par semaine, devenue du coup un temps de télétravail”. Autre exemple, celui de la médecine du travail, où les consultations se font de plus en plus à distance, notamment en ce qui concerne les consultations de routine.

Un avènement inéluctable ?

Le télétravail a donc tendance à progresser, y compris parmi les professions auxquelles on ne pense pas spontanément quand on évoque le sujet. S’il est difficile d’envisager de passer en télétravail à 100 % dans la plupart des entreprises, Fabienne constate qu’un mix est possible, voire souhaitable, dans la mesure où le télétravail pendant une partie de la semaine n’implique pas une diminution de l’efficacité. C’est même tout le contraire : les salariés y trouvent leur avantage et leur employeur aussi, par contrecoup !

Télétravail, crise sanitaire et nouvelle dynamique dans les entreprises, selon Fabienne Broucaret

Et vous, quel est votre mode d’organisation préféré ? Êtes-vous à l’aise avec le télétravail ? Ou alors préférez-vous aller au bureau tous les jours ? Faites-nous en part dans la section des commentaires !

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