1ère femme dirigeante de la Bourse de New York

Le vendredi 25 mai 2018 est une date clé pour la Bourse de New York. Pour la 1ère fois de son histoire, une femme a été choisie en la personne de Stacey Cunningham pour diriger la plus grande bourse du monde. Dans un univers très masculin où la loi du marché règne sans pitié à Wall Street, son profil suscite la curiosité. Portrait d’une guerrière de la finance.

Depuis mai dernier, Stacey Cunningham est devenue la nouvelle gardienne du plus grand temple financier au monde. Cette ascension, aussi prestigieuse soit-elle, est le fruit d’un long parcours qui relève de la méritocratie et non de la chance contrairement aux courbes de la Bourse qui ont tendance à influencer les grands manitous de la finance qui possèdent, en guise de poupées vaudou, de nombreuses actions, dividendes et autres stock-options pour ensorceler les adversaires les plus coriaces.

Quatrième d’une famille de six enfants, la jeune femme a grandi dans le New Jersey aux États-Unis. Elle se passionne dès le plus jeune âge pour les matières scolaires dites « pour les garçons » comme les mathématiques et les sciences. La jeune Stacey ne le sait pas encore, mais ce détail constituera un enjeu majeur sur lequel la future 67ème Présidente de Wall Street devra faire face au cours de son existence. Quelques années plus tard, nous retrouvons Stacey l’étudiante à l’Université de Lehigh à Bethlehem en Pennsylvanie. Inscrite dans un cursus en ingénierie industrielle, elle se retrouve une fois de plus isolée dans un univers entièrement masculin où les femmes sont absentes. Peu importe, cette spécificité ne saura nullement entamer la confiance de la jeune femme qui intégrera plus tard la Bourse de New York en 1994 en tant que stagiaire. Une fois de plus, le comique de répétition vient frapper à la porte de Stacey Cunningham avec un nombre toujours infime de femmes, au nombre de trente, en opposition au millier d’hommes comme l’a souligné le quotidien d’information britannique The Guardian en juillet dernier. Embauchée par son entreprise d’accueil à la suite de sa période de formation universitaire, la jeune diplômée occupera de nombreuses fonctions dont celle de spécialiste pour le compte de la banque américaine Bank of America pendant huit ans jusqu’en 2005 quand elle décida de démissionner pour des raisons personnelles. Après un passage éclair dans le monde de la cuisine et un détour chez la concurrence au Nasdaq de 2007 à 2011, cette férue des chiffres est revenue au bercail de la Bourse en 2012. Comme à ses débuts, cette dernière navigua entre plusieurs vagues de métiers avant de mettre de se poser en tant que directrice des opérations en 2015 jusqu’à sa prise de fonction en tant que Présidente en mai dernier.

« Les Bourses ne traduisent pas l’état des économies, mais la psychologie des investisseurs » est une citation de la journaliste française Françoise Giroud, extraite de son livre La rumeur du monde paru en 1999 aux éditions Fayard. En ce sens, le paragraphe précédent et cette expression d’une grande dame du journalisme portent le parcours de Stacey Cunningham. En effet, la détermination et la patience sont deux vertus qui symbolisent la dirigeante de Wall Street qui a su saisir les opportunités pour arriver à son poste actuel. Trouver sa place dans le monde du travail en tant que femme est une affaire complexe, pas seulement dans le monde de la finance mais dans tous les secteurs de métiers qui existent et où les hommes sont souvent majoritaires, surtout aux postes prestigieux. Son exemple est d’autant plus remarquable qu’il fait sens car il se situe dans la droite ligne du mouvement actuel #MeToo qui encourage l’émancipation des femmes aussi bien dans la libération de la parole contre le harcèlement que dans l’avancement des carrières professionnelles. Le message qui serait à adresser au lectorat de notre magazine serait le suivant : même si des embûches viendront clairsemer votre itinéraire, ces dernières seront formatrices mais aussi nécessaires pour votre croissance personnelle au travail et dans votre vie privée. De fait, il arrive que l’on se trouve ridicule quand il s’agit de prendre la parole en public ou bien en proie au doute à un moment donné de son existence. Toutefois, n’oubliez pas qu’une seule personne au monde vous connaît et croit en vous : vous.

L’exemple de Stacey Cunningham, qui se manifeste à travers le prisme du monde de la finance, montre que les femmes ont la possibilité de faire la différence dans le travail à condition d’y croire avec comme clé de voûte l’action : un terme fort en sens qui aurait très certainement reçu un avis positif de la nouvelle femme forte de Wall Street.

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