Sidaction 2022 : « Par amour faisons disparaitre le VIH »

Sidaction 2022

La campagne axée sur le thème de l’amour, se déroulera du 25 au 27 mars. Pour cette édition 2022, Sidaction rappelle aussi l’impact de la crise sanitaire sur les actions contre le VIH. La lutte continue.

Article rédigé par : Amélia Porret

“Le VIH ne fait pas disparaître l’amour. Par amour faisons disparaître le VIH.” Pour ce nouveau temps fort de la lutte contre le VIH, l’accent est mis sur l’amour « qui nous fait bouger et qui nous met en action contre le sida depuis plus de 25 ans à Sidaction », commente sa Directrice générale.

Lors d’une interview accordée à Ô Magazine, Florence Thune faisait le point sur les enjeux de la mobilisation. En 2019, le nombre de sérologies VIH réalisées augmentait de 6% par rapport à 2018. Lors du premier confinement en 2020, cette évaluation a soudainement chutée, en raison d’une sous-déclaration plus importante qu’à l’accoutumée. « Au-delà de la campagne, ce que l’on rappelle aujourd’hui c’est l’impact de la crise sanitaire sur la lutte avec notamment cette baisse de dépistage que l’on a constaté en 2020 et que l’on a pas rattrapé depuis. » Le dépistage représente ainsi un enjeu majeur puisqu’encore « 25 000 personnes ignorent leur séropositivité ».

Nouvelle campagne du Sidaction 2022.
Cette année la campagne porte un message d’amour avec pour slogan :
“Le VIH ne fait pas disparaître l’amour. Par amour faisons disparaître le VIH.”

L’information au coeur de la démarche

Les études montrent que l’épidémie est plus marquée chez les 15-24 ans et les plus de 50 ans.« Le VIH est toujours là et concerne tous les âges. Parmi les personnes touchées en France, il y a un pourcentage de jeunes qui continuent de se contaminer et qui ne diminue pas. » En effet, les moins de 25 ans représentent 13% des nouveaux cas de personnes contaminées. Ce constat peut s’expliquer notamment par un manque d’information, aggravé par la pandémie de Covid-19. D’après un sondage IFOP réalisé en décembre 2021, les jeunes considèrent ne pas être assez informés sur le sujet et les lieux de dépistage. « En parallèle, un nombre trop important d’entre eux continue à penser que le VIH peut être transmis en embrassant une personne séropositive par exemple », déplore Florence Thune.

Invité spécial lors de la soirée de lancement du Sidaction 2022, le chanteur et influenceur Bilal Hassani a souhaité « parler de la jeune génération » avec qui il est connecté sur les réseaux sociaux. « J’ai constaté très vite que les jeunes ne sont pas assez informés sur le sida et ne savent pas où chercher les informations. » Depuis son interprétation en 2019 de La chanson de Ziggy, son engagement se poursuit, notamment à travers les réseaux. « Ce que je vois aussi, c’est de plus en plus d’influenceurs, dont certains séropositifs, qui font de la prévention, comme @supersero sur TikTok.« 

La sérophobie tue aussi

L’autre impact de l’insuffisante communication sur le virus, c’est bien la discrimination des personnes séropositives. « Parce qu’elles apprennent la séropositivité d’un collègue, certaines personnes séronégatives vont se demander par exemple si elles peuvent se rendre dans les mêmes toilettes. » Mais parfois ce sont des situations encore plus déroutantes quand des discriminations peuvent venir de professionnels de santé.

On va reparler du VIH pendant ces trois jours du Sidaction mais nous aimerions que le ministère de la santé communique plus sur ces questions de non risque de transmission grâce au traitement. Il va aussi falloir remettre un effort sur la sensibilisation et l’information des professionnels de santé au moment de leur formation initiale. »

Florence Thune, Directrice générale de Sidaction

Grâce au traitement développé par la médecine, les individus qui ont le VIH n’en meurent plus mais vieillissent avec. De ce fait, le nombre d’hommes et de femmes qui portent le virus augmente. Proportionnellement, le nombre d’histoires discriminantes aussi. « Effectivement les idées reçues persistent… La discrimination peut parfois plus tuer que le virus lui-même. » D’un point de vue médical, ces personnes vivent normalement. En revanche, elles peuvent très mal vivre leur séropositivité à cause des fausses croyances et propos hostiles quotidiens.

Florence Thune, Directrice générale de Sidaction.
À 30 ans, Florence Thune apprenait qu’elle était séropositive. Aujourd’hui, elle participe activement dans la lutte contre le Sida en tant que Directrice générale de Sidaction.

Les axes de la mobilisation

Campagnes d’information affaiblies, chutes des dépistages… Face au constat alarmant d’une mobilisation étouffée par la crise Covid, Sidaction agit en conséquence. D’une part, l’action se poursuit auprès de l’Éducation nationale pour mettre l’accent sur les séances d’éducation à la sexualité des jeunes. « C’est normalement une obligation mais elles ne sont pas toujours faites et la crise Covid a aggravé les choses », informe Florence Thune. D’autre part, le combat est aussi sur le terrain. Le financement des associations qui agissent auprès des personnes éloignées des soins, est primordial, poursuit-elle. « Avec la Covid, beaucoup de personnes avaient plongé dans une situation de précarité plus importantes parmi les personnes qui sont suivis par les associations. »

Enfin, le dernier axe concerne la recherche que Sidaction finance depuis 25 ans. Entre autres, améliorer encore les outils de prévention. « On connaît bien le préservatif évidemment, mais depuis quelque temps il y a un traitement préventif qui s’appelle la Prep. » Cette médication antirétroviral qui permet de se protéger du VIH est entièrement remboursée en France. Seulement, trop peu d’individus en ont connaissance.

Sidaction en campagne

Organisé sur trois jours, le traditionnel weekend du Sidaction mobilise les grands groupes médiatiques afin d’accélérer la collecte. Pour la seconde année consécutive, l’événement solidaire « Gaming for Sidaction » à l’Esport Paris, en partie animé par Samuel Étienne, permettra également de toucher un autre public avec une autre forme de média. Un moyen de récolter des dons mais aussi de faire passer un message de sensibilisation.

Par ailleurs, si lors de l’édition 2021 les donateurs étaient au rendez-vous, l’équipe du Sidaction redoutent l’impact des récentes actualités marquantes. « Plus l’actualité est forte, plus on a un risque d’avoir moins d’écho ». Pour Florence Thune, la situation économique de beaucoup de Français se trouve aussi bouleversée, en comparaison avec l’année dernière. « C’est très prégnant : on a une hausse du coût de la vie. Parmi les donateurs, il y en a beaucoup qui ont peu de moyens, mais qui font des efforts pour donner 10 à 15 euros. »

Jean-Paul Gaultier, ambassadeur du Sidaction, Line Renaud, Vice-présidente de Sidaction et Françoise Barré-Sinoussi, sa Présidente.
De gauche à droite : Jean-Paul Gaultier, ambassadeur du Sidaction, Line Renaud, Vice-présidente de Sidaction et Françoise Barré-Sinoussi, sa Présidente.
Crédit photo : Vincent Isore

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