Sexo : penser la pénétration autrement

Dans notre société, sur le plan sexuel, la norme a toujours été la pénétration. En effet, la finalité de l’acte sexuel serait cette dernière. Alors que 61% des femmes hétérosexuelles affirment ne pas avoir d’orgasme par pénétration vaginale, comment envisager cette dernière autrement ?

« La pénétration, c’est le SMIC du plaisir »

« La pénétration, c’est le SMIC du plaisir. Bien souvent, elle est suivie d’une déception, et quand on a la chance de jouir, on confond les raisons. Personne ne fait jouir personne. » affirme la sexologue Manon Bestaux au micro de RTL Girls. On peut très bien jouir sans pénétration (tout comme on peut jouir par pénétration), elle n’a plus et pas à être au centre du rapport. On peut très bien jouir uniquement par stimulations externes de la vulve, du clitoris, des lèvres ou encore du gland par exemple. La sexologue rouennaise poursuit en soulignant que : « La pénétration n’a jamais eu pour rôle de donner du plaisir aux femmes. » En effet, les rapports sexuels (notamment hétéro) ne sont pas qu’une question de plaisir c’est aussi une question de pouvoir, de domination de l’homme sur la femme. La pénétration est la norme également parce que c’est un des moyens de la reproduction humaine alors que la majeure partie de la population cherche justement à ne pas avoir d’enfants. Pourquoi continuer à mettre au centre la pénétration dans ce cas-là ?

Sexo : penser la pénétration autrement
Comment penser la pénétration autrement ?

Plus de caresses, moins de stress !

Le clitoris commence seulement à être mis en avant, tout comme les caresses, et notamment la stimulation externe qui conduit à l’orgasme dans 80% des cas (donc pas par pénétration) mais qui est encore beaucoup délaissé au profit de la stimulation interne (donc par pénétration). On croit encore qu’il existe un orgasme clitoridien et un orgasme vaginal chez les personnes possédant une vulve. C’est peut-être à cause de ça que les femmes n’osent pas faire différemment qu’avec la pénétration. Lors d’un rapport sexuel, les femmes oseraient peut-être pleinement jouir si les caresses étaient plus valorisées ! Un rapport hétérosexuel dit « classique » commence souvent par des préliminaires : ce qui prépare à l’acte le plus important, c’est-à-dire à la pénétration, comme si cette dernière était forcément la finalité du rapport sexuel. Le plaisir des femmes passe encore une fois au second plan. Ce que l’on appelle préliminaires est déjà du sexe en soi ! Les préliminaires amènent le désir, le sexe permet de s’y abandonner.

Le sexe n’a pas vraiment évolué

Il y a un vrai tabou autour de la pénétration chez l’homme, comme si être pénétré était un acte inférieur, un acte de soumission, être passif. De plus, le vocabulaire qui décrit l’acte sexuel est très violent. L’homme est placé en position de force, d’actif (il pénètre) alors que la femme est toujours reléguée au second rang, à la passivité (elle se fait prendre…) C’est ce qu’explique Martin Page dans ce podcast de Les couilles sur la table. Il faut absolument élargir nos conceptions du sexe ! Le sexe ne se résume pas qu’à cet acte. En réalité, il n’a pas vraiment évolué depuis des siècles. Ce sont toujours les mêmes schémas qui se répètent : le pénis qui pénètre le vagin. Alors qu’il y a tellement de possibilités à découvrir.

Connaître son propre corps, ce que l’on aime, ce qui nous fait plaisir est important. Communiquer avec l’autre est à prendre en compte également. Et toi, comment tu envisages la pénétration autrement ?

Marie B.

Diplômée d'un master MEEF et création numérique, je travaille comme rédactrice pour le journal de la ville de Raismes. Curieuse de tout, je suis passionnée d'écriture et de photographie. Mes domaines de prédilection sont l'actualité et la sexualité.

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