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L’orgasme féminin, conseils pour toucher du doigt ce plaisir complexe

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L’orgasme féminin : conseils pour toucher du doigt ce plaisir complexe

Complexe et difficile à atteindre, l’orgasme féminin est souvent sous-estimé. Pourtant, avec une bonne pratique et les conseils d’un professionnel, le point culminant du plaisir est à portée de main. Le sexologue Sébastien Garnero, a répondu aux questions de Ô Magazine afin de nous aider à trouver le chemin du plaisir paroxystique. Entretien.

Entre stimulation lors des préliminaires et certaines positions sexuelles favorables à l’orgasme, les possibilités sont multiples. Toutefois, il est important de souligner que certaines femmes n’atteindront peut-être jamais ce plaisir ultime. Cela peut-être dû à certains facteurs psychologiques ou biologiques. Par ailleurs, pour la grande majorité des femmes, la méconnaissance de leurs organes génitaux explique leur difficulté à atteindre l’orgasme. 

L’orgasme féminin, ce plaisir complexe

Ô Magazine : Est-il vrai qu’il est plus difficile pour une femme d’atteindre l’orgasme lors d’un rapport sexuel ? 

Sébastien Garnero : L’orgasme est ressenti chez moins de 50% des femmes lors de leurs rapports sexuels. Plus aisé pour les hommes, 90 à 95% de ces derniers l’atteignent. Autre différence, les femmes peuvent être multiorgasmiques  alors que les hommes sont mono-orgasmiques car ils présentent une période réfractaire d’inhibition les rendant non stimulables après un premier orgasme. Cependant, peu de femmes (10-20%) parviennent à avoir plusieurs orgasmes lors d’un rapport sexuel ou lors de la masturbation. La femme multiorgasmique peut alors présenter plusieurs salves consécutives de trois ou quatre orgasmes lors du rapport.

On peut noter que plus de 90% des femmes ont fait l’expérience de l’orgasme par stimulation clitoridienne, notamment lors de la masturbation. On estime qu’entre 30 et 45% des femmes peuvent ressentir un orgasme par stimulation clitorido-vaginale interne, en lien avec la pénétration lors des mouvements de va-et-vient dans le vagin. C’est le plus souvent le premier tiers antérieur du vagin qui est le plus réceptif à la stimulation. C’est ce que certains appellent le « point G » identifié par le célèbre gynécologue Ernest Grafenberg.

Il faut néanmoins relativiser cette notion de point G qui serait le « graal », le point orgasmique ultime. En effet, la stimulation du point G provoque chez seulement 10 % des femmes le déclenchement de l’orgasme. Pour les autres, il suscite au mieux un ressenti généralement agréable.

Des facteurs qui inhibent le plaisir 

Ô.M : Quels sont les principales difficultés orgasmiques chez la femme ?

S.G : Parmi les principales problématiques orgasmiques repérées chez les femmes, du point de vue physiologique de la réponse sexuelle, on repère qu’une partie ne dépasse pas la phase de plateau. Cette phase étant le moment du rapport sexuel. En effet, souvent, cela est lié à une difficulté à monter ou maintenir un niveau d’excitation sexuelle suffisant. Pour d’autres, on perçoit une difficulté ou un blocage au  « lâcher prise sexuel et psychologique ».  C’est souvent à cause d’un excès de contrôle, de maîtrise, ou des phénomènes de distraction cognitive, voire de défaut d’excitation. La plupart dans ce cas peuvent ressentir un plaisir intense mais qui n’aboutit pas au plaisir orgasmique, avant l’effet de relâchement, plénitude lors de la résolution.

Dans 90% des cas, les difficultés orgasmiques, proviennent de facteurs psychologiques tels qu’anxiété, dépression, problématiques liées à la sexualité, croyances religieuses, traditions, histoire familiale et/ou personnelle, vécu traumatique, etc. Dans 10% des cas, les causes organiques, biologiques ou médicales observées sont en relation avec la consommation de drogues ou des maladies chroniques. Les femmes sont plus touchées que les hommes par l‘anorgasmie partielle, totale, ou situationnelle. En effet,  la physiologie de l’orgasme féminin est plus complexe, plus liée à l’aspect émotionnel. L’inhibition de la réponse sexuelle chez certaines femmes se produit lors de la phase de plateau. Même s’il faut relativiser : bien entendu, l’aspect émotionnel est également important pour les hommes. Les causes organiques (5%) regroupent les maladies endocrinologiques (diabète, déficits hormonaux…), gynécologiques, ou neurologiques. 

Des exemples de causes qui rendent l’atteinte de l’orgasme complexe 

SG : Les causes en lien avec la psychologie sont notamment : 

  • des malaises et des problématiques liés à la sexualité (conditions culturelles familiales négatives, absence ou manque d’informations à propos de la sexualité)
  • des facteurs interpersonnels, des expériences sexuelles traumatiques (abus, viol…)
  • problématiques de couple : angoisse de la séparation, de l’abandon, problème d’estime de soi, indépendance, sentiment de culpabilité…
  • peur de la perte de contrôle, maîtrise trop importante, difficulté de lâcher prise…
  • dyspareunies et douleurs lors des relations sexuelles
  • altération de l’image du corps, absence de confiance en soi, facteurs de vieillissement, ménopause

Selon d’autres études, notamment celle de l’Université de Valparaiso (Chili), les causes principales de difficultés orgasmiques sont le plus souvent :

  • le stress ou l’anxiété (58%),
  • l’excitation ou les stimulations insuffisantes (48%)
  • la brièveté du rapport (40%)
  • l’image du corps (28%)
  • la douleur ou l’inconfort physique (25%)
  • le manque de lubrification (24%)

Par contre, les raisons médicales/médicamenteuses (17%) étaient moins souvent avancées.

Les auteurs soulignent également que la complexité des difficultés orgasmiques chez la femme est aussi en lien avec l’aspect polyfactoriel associant facteurs psychologiques, relationnels, contextuels, de couple, rétifs à une catégorisation simple ou facile.

Les points G et D, clés de voûte d’un plaisir décomplexé 

ÔM : Comment trouver ce fameux point G ?

S.G : Pour l’exploration du « point G », en position allongée sur le dos, introduisez un doigt dans votre vagin (partie antéro-supérieure) en le recourbant vers le haut, puis en stimulant par de légers massages cette zone à la suite des préliminaires lors de la montée de l’excitation sexuelle. Le point G est le plus souvent perceptible lorsqu’il se gonfle sous l’effet de l’excitation et du processus physiologique de vasodilatation de cette zone. Le plus simple est d’exercer une pression douce, réalisant une sorte de massage de cette zone.  

Le plaisir orgasmique du point G est en réalité produit conjointement par l’effet de stimulation du clitoris interne par pénétration via la paroi antérieure du vagin. Les positions sexuelles qui favorisent sa stimulation sont notamment celles de l’andromaque, la position de l’équerre, le missionnaire. Mais également des variantes de ces positions où la femme est couchée, le bas du dos sur un oreiller. Le partenaire peut également provoquer cette stimulation de façon manuelle et associer une stimulation du clitoris externe pour plus de sensations.

En réalité, il n’y a pas de position unique favorisant le plus l’orgasme. D’autres femmes peuvent ressentir plus de sensations lors de pénétrations plus profondes (point D). Il se situe au niveau de la zone la plus profonde du vagin, de part et d’autre du col de l’utérus.

L’orgasme féminin : conseils pour toucher du doigt ce plaisir complexe
©Missidiamah

En résumé, ces deux zones, point D et point G, seraient riches en terminaisons nerveuses très sensibles. Les zones de sensibilité peuvent être très variables selon les femmes. Ces différentes sensations seront d’autant plus fortes qu’elles auront été explorées et stimulées au cours de l’apprentissage sexuel favorisant leur activation. On peut dire de manière générale, que selon le point de départ de l’orgasme, les sensations seront différentes.

D’autres stimulations pour des orgasmes différents en intensité

ÔM : Existe-il d’autres stimulations afin d’atteindre l’orgasme différemment ? 

SG : Aujourd’hui en sexologie, plutôt que de se focaliser sur des types de points orgasmiques hypothétiques, on préfère partir de différentes zones de départs et de stimulations s’inscrivant dans ce qu’on appelle les zones du « complexe orgasmique clitorido-urétro-vaginal ». Ceci expliquerait que toutes les femmes perçoivent souvent différemment leurs sensations orgasmiques. En schématisant, lors de l’orgasme à point de départ  vaginal qui se situe dans la partie antérieure ou postérieure, il est le plus souvent perçu comme plus profond, par vague, moins explosif, associé à une sensation de soulagement. Il peut être sans période réfractaire, favorisant pour certaines des salves polyorgasmiques.

Pour ce qui concerne l’orgasme à point de départ clitoridien, le plus souvent externe, il paraît plus électrique, par saccades, plus superficiel. La plupart du temps pour ce type d’orgasme, il existe une période réfractaire similaire à celle de l’homme. En réalité les deux versions orgasmiques sont tout à fait possibles. Elles dépendront essentiellement de l’apprentissage sexuel, de l’activation progressive de ces zones, du rapport à son propre corps, au plaisir, de son développement psycho sexuel, de l’intérêt pour la sexualité qu’une femme peut éprouver, et enfin de son investissement.

De même que les positions qui induiront une excitation psychique plus forte en fonction de son positionnement fantasmatique. Ainsi à partir des positions de base anatomiques types (missionnaire, levrette, andromaque…). Toutes les autres positions seront des variantes (cuisses plus serrées ou plus écartées, jambes surélevées, assis, debout, allongé…cf Kamasutra ). Elles dépendent des sensations ressenties et de la possibilité de monter une excitation maximale. Et ce, à partir de mouvements ondulatoires du bassin, des muscles pelviens et du périnée. Afin de vivre intensément le moment présent au travers de ses sens, et enfin, de se laisser aller au « lâcher prise sexuel ».

Les sextoys sont les bienvenues pour pimenter le plaisir

ÔM : L’utilisation des sextoys aide-t-elle à favoriser l’orgasme féminin ?

SG: L’utilisation de sextoys peut également amener chez certains couples un piment dans leur sexualité, ou de l’excitation en l’associant à l’acte sexuel dans une double stimulation. Bien sûr, à condition que les deux partenaires l’acceptent. La stimulation manuelle peut également être préconisée afin de créer une double stimulation en fonction des plaisirs recherchés.

Pour les couples lesbiens, toutes les positions qui favorisent la double excitation clitoridienne externe pourront être associées (ciseaux, miroir de vénus, enclume, cuillère, 69…). Mais également toutes les positions en stimulation simple, et les autres positions avec usage de sextoys adaptés en fonction du type de sensations recherché, qu’il y ait stimulation clitoridienne externe ou interne avec ou sans pénétration.

A lire également : Le sextoys de l’orgasme et du luxe

La nature est bien faite. Mesdames, ne désespérez pas. Avec de l’entraînement et en communiquant avec votre partenaire, vous trouverez le chemin vers l’orgasme.

Un article rédigé en collaboration avec Madison Petit et le Dr Sébastien Garnero.

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