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Nous serons toutes belles cet été

Nous serons toutes belles cet été

La saison des bikinis, tongs et paréos arrive à grands pas. Si ce moment de l’année devrait rimer avec vacances, repos et bonheur retrouvé, ce doux rêve peut souvent virer au cauchemar. Eh oui, les plages sont des lieux de forte visibilité, où le corps apparaît presque entièrement, attirant forcément les regards. Alors soyons honnêtes, nous toutes ici ne sommes pas forcément à l’aise à l’idée de se dévoiler ainsi. Mais c’est également là que l’on se rend compte que nos mentalités ne sont pas les bonnes. Voici donc une ode à la beauté, notre beauté, qui ne mérite pas d’être ainsi cachée. 

Ah les plages. On pourrait les qualifier de bonheur malheureux, on les aime autant qu’on les déteste. En effet, on aimerait y tremper les pieds, mais quel est le prix à payer ? La baignade s’associe forcément à la révélation de soi. Depuis la nuit des temps cela fonctionne comme ça. Oui mais si, depuis la nuit des temps, on n’aurait pas aussi du mal avec ça, justement ? Se mettre en maillot de bain est un acte fort, autant physique que psychique. Dévoiler son corps, dévoiler sa peau, c’est aussi se dévoiler intimement au monde. La plupart du temps, notre enveloppe corporelle est cachée, bien gardée derrière des tissus barrières, qui font presque office d’armures contre ce monde parfois trop dur. Ainsi, on peut comprendre pourquoi se découvrir de cette manière n’est pas une mince affaire.

Un monde qui nous isole …

Parlons de ce monde d’abord. Plus le temps passe, plus il s’imprègne effectivement d’amertume et de jugement. On s’observe, on s’épie, on se juge, on se compare, on se jauge du regard. Au sein d’une société profondément voyeuriste, et encore plus à l’ère des réseaux sociaux, nous sommes ainsi plongées dans la tourmente, où toutes ces œillades incessantes nous hantent. Nous sommes les pions impuissants d’un jeu plus grand que nous. Nous subissons, et par là nous nous éloignons les unes des autres. C’est cet individualisme qui pousse au rejet de l’altérité. Les humains ne s’aiment plus et chacun se sent de plus en plus exclu. 

En se comparant, forcément, on souhaite apparaître plus belle que celle qui nous fait face, et mine de rien, c’est dans une véritable bataille que l’on s’engage. Et tant pis si on écrase l’autre au passage. Voilà le vrai problème. Les femmes ne se soutiennent plus. Elles préfèrent se tirer dessus. Nos relations s’enveniment, deviennent toxiques. Je ne soutiens pas autre que moi parce qu’il est différent et qu’il m’inspire, non. Je le pousse plus bas que terre parce que, justement, c’est sa différence qui me dérange. 

Dessin bodypositive de Théa aka La Renarde Bouclée

et nous conformise !

Parlons également de cette différence. Qui a dit que le bourrelet qui dépassait de mon jean n’était pas « acceptable » ? Qu’avoir des cuisses qui se touchaient ne pouvait être toléré ? Que mon 40 ne pouvait être considéré comme « normal » ? Assez de ces vindications qu’on entend partout en société. Assez de ces diktats stériles qui idolâtrent un corps impossible. La femme ne peut être réduite à son poids ou son physique. Non, nous sommes bien plus que ça. Ces règles nous divisent. Ces règles aussi nous détruisent. C’est notre confiance en nous-mêmes qui disparaît à mesure que la société transmet ces images, bien trop souvent retouchées, de corps sans défauts, anormalement parfaits. 

« La perfection n’existe pas ; la comprendre est le triomphe de l’intelligence humaine ; la désirer pour la posséder est la plus dangereuse des folies. »

Alfred de Musset

La quête de la perfection est donc vaine et dangereuse. Mais elle est surtout inatteignable et impossible. Ce corps plastifié, vu et revu dans les magazines, n’existe et n’existera jamais. Alors pourquoi ne pas concentrer ses efforts sur autre chose ? Pourquoi ne pas plutôt s’efforcer de s’entraider, de s’aimer soi, et d’aimer l’autre ? La femme possède un esprit bien trop affuté pour ne ressembler qu’à une simple poupée. Et elle est bien plus importante qu’un chiffre sur une balance.


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Soyons ensemble

Et si on arrêtait de se ralentir ? Le monde est déjà bien trop rempli de détracteurs pour que les femmes se freinent les unes les autres aussi. S’aimer soi-même est la plus belle des révolutions. Alors menons la ensemble. Pour que plus aucune femme n’ait peur de mettre les pieds sur le sable. Que plus aucune femme ne refuse d’aller bronzer de peur d’être scrutée. Que plus aucune femme n’ait plus jamais honte de son corps et se sente enfin inarrêtable.

Ne subissons plus cette pression sociale, combattons-la ensemble. Notre corps, quel qu’il soit, est beau, notre cellulite est belle, nos vergetures aussi. Ce sont des preuves de notre existence, des souvenirs de notre vie. Ce sont des traces qui font de nous des femmes uniques, belles et militantes. Un corps ne mérite pas d’être caché, mais au contraire d’être célébré. Alors, s’il vous plaît, engagez-vous dans cette révolution. Changez cette mentalité, libérez-vous de ces pensées dégradantes qui vous ont tant hantées. Vous verrez, votre esprit sera libéré, vous vous sentirez mieux et c’est bien là la clé. Vous le méritez.

Dessin bodypositive d’Angèle

De fait, la beauté commence au moment où nous décidons d’être nous-mêmes. Alors sortons les bikinis, les trikinis et les maillots de bain les plus riquiqui qui soient, n’ayons plus honte de quoi que ce soit. Soyons fières, soyons audacieuses, soyons libérées, et ainsi, nous serons les plus belles cet été !

Jeanne Ballion

Comme le dirait Françoise Héritier, l'écriture est le "sel de ma vie" ! Amoureuse des mots, je donne libre cours à ma plume sur Ô Magazine. Même si je dois avouer que la mode reste mon domaine de coeur, j'écris de tout, sur tout et partout !

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