Une expérience de la réalisation de ses fantasmes, à la limite de la sensualité, sur la bordure du plaisir. Un moment juste assez humide, osé comme il faut, très prenante du corps à l’âme. Une soirée qui perd les esprits dans les fantasmes les plus doux et les plus profonds. C’est ce que propose My Sweet Fantasy.

Avec le recul, je vous en parle. Je vous dévoile un peu de mon intimité. De cette intimité que je n’ose plus écrire depuis près d’un an, car je n’ose pas me relire. Mais elle, la coquine, l’intrigante actrice immiscée dans mon intimité, elle s’assoit sur la chaise, et, les jambes croisées, elle lit.

Voilà une expérience étrange, mon fantasme se réalisant. Les paroles si langoureusement déroulées, les textes si choisis dans une espièglerie nonchalante. Un regard enjoué d’une jeune beauté qui, sourire en coin, s’annonce comme la prêtresse de notre bonheur sexuel. Sans rien y toucher.

Elle lit, c’est tout. Mais si bien. C’est beaucoup.

Elle lit jusqu’à l’érection du monsieur, jusqu’à ce que les odeurs pesantes de madame surnagent au-dessus de nos plus subtils parfums. Elle lit et d’un doigt tourne les pages. Une à une. Change d’ouvrage, et nous invite au lit.

D’où elle lit.

Moi, nue et allongée contre lui et devant cette inconnue, voyant mon fantasme d’excitation littéraire s’accomplissant mot à mot, et lui en pleine érection montrant un désir imaginaire pour elle. Nous, les regards tournés vers le corps de la femme sensuelle. Elle lit ce que je pense, ce que je désire. Elle porte à l’oral mes attentes. Elle le sait bien, cette belle… et elle lit. Il le sait celui-là… et il me caresse.

J’ai envie qu’il me prenne. J’ai le droit. C4est mon fantasme d’exhibitionniste. Je peux inviter à y aller, elle est d’accord. Elle l’a dit. On peut s’aimer, elle, elle lit.

Sade, Diderot, et pourquoi pas Houellebeck ? Voilà une sensuelle et inattendue soirée sensuelle de ma vie.

C’était début juillet, une soirée différente à Paris. Une soirée où l’on fait autre chose que déblatérer sur une terrasse en fumant tige sur tige, en tétant goutte à goutte les cocktails trop sucrés. Une soirée vraiment plus amoureuse qu’un resto indien ou un ciné américain.

C’était un mec là, pour les vacances, qui voulait que je l’aime pendant deux mois. Qui a choisi de se mettre en danger, si proche du pire, si près du meilleur, pour que nos sentiments soient plus vifs, plus vrais, plus inoubliables. Un soir il a invité My Sweet Fantasy à venir lire à la maison. Juste après la lecture il a voulu faire le sportif mais il a touché le Nirvana plus vite qu’il ne l’entendait. La belle lectrice, maîtresse secrète de nos désirs, elle s’en est allée. Et la soirée fut complète.

Un prochain soir, je tenterai autre chose, un autre fantasme.

Par Bénédicte.

Benedicte

Philosophe excentrique, Bénédicte vous cause de lifestyle, de tendances, de gastronomie, d'art et un peu sexo aussi. Et si vous cherchez un peu, vous trouverez un peu de philo, un peu partout.