C’est la Fashion Week ! A cette occasion, il est bon de rappeler que l’industrie de la mode est le deuxième plus gros pollueur mondial, derrière l’industrie pétrolière. Ô Magazine vous donne alors l’opportunité de consommer la mode responsable.

Les conséquences de la fast fashion : un gaspillage monumental et une pollution hors norme. Consommer la mode responsable devient la solution.

La consommation mondiale de vêtements a doublé en seulement 15 ans, depuis 2015. Chaque année, c’est plus de 100 milliards de vêtements et accessoires qui sont vendus à travers le monde. Néanmoins, ces vêtements encore utilisables, qu’on jette de plus en plus vite, représentent 460 milliards de dollars de gaspillage.

Ce nouveau phénomène, qu’on appelle « mode jetable » ou « fast fashion », se définit par de nouvelles collections qui se renouvèlent sans arrêt, aux prix de plus en plus attractifs pour une qualité moindre. Elle vise à produire des vêtements obsolètes dont la durée de vie est très courte à cause de leur qualité et se traduit ainsi par de lourdes conséquences environnementales et sociales.

De ce fait, l’industrie textile serait aujourd’hui, tous impacts confondus, une des activités les plus polluantes au monde, derrière l’industrie pétrolière.

Les effets de la fast fashion dès la fabrication du textile

L'industrie du textile pollue les rivières lorsqu'elle rejette les eaux usées, utilisées pour teindre et laver les tissus sans être traitées. Consommer la mode responsable devient la solution.

De sa fabrication jusqu’à sa fin de vie, en passant par son entretien, le vêtement est source de pollution. En effet, de part les matières textiles employées, l’industrie du textile génère des tonnes de gaz à effet de serre, non seulement à cause des élevages, mais aussi à cause des substances chimiques utilisées.

La fabrication des tissus, première étape polluante

11% des matières premières les plus employées sont animales. En effet, pour récolter de la laine, du cuir, et de la fourrure, les animaux, élevés dans d’atroces conditions, ont besoin d’eau et de quoi se nourrir. De plus, on utilise souvent des produits chimiques et toxiques pour tanner le cuir, qui sont rejetés dans les rivières. Ces produits chimiques sont très nocifs pour nous, ainsi que pour la faune et la flore des rivières.

Puis, les matières naturelles végétales représentent 26 % des matières utilisés, notamment le coton. Sa culture demande beaucoup d’eau, de soleil et de pesticides, ce qui provoque une pollution agricole et un risque pour la santé des cultivateurs.

Enfin, les matières chimiques représentent 63% des matières premières employées, dont le nylon, le polyester, l’élasthanne produites à partir de pétrole. Aujourd’hui, on observe que 70 % des fibres synthétiques produites dans le monde proviennent du pétrole.

La finalisation du vêtement, deuxième étape très polluante

Après le tissage de ces fibres, le tissu est lavé pour être débarrassé des produits qui le rendent résistant. Quand l’eau n’est pas traitée avant d’être rejetée dans la nature, cela détruit les écosystèmes puisqu’elle contient ces substances toxiques. Elle peut ainsi nuire à la biodiversité et à notre santé.

Dans l’eau, ces substances sont insolubles et peu biodégradables et se retrouvent dans la chaîne alimentaire, en arrivant jusqu’aux êtres humains. Par exemple, la rivière Li à Xiantang, appelée auparavant « Perle de la Chine », est désormais toxique, polluée par le plomb et le mercure utilisés pour la teinture des jeans et rejetés lors du lavage.

La mondialisation, conséquence extrêmement polluante

Ensuite, l’industrie de la mode s’étant mondialisée, il devient moins cher de payer du carburant pour transporter les tonnes de vêtements que de les faire fabriquer en Europe. Cependant, ces échanges s’étant multipliés, les transports se sont davantage développés, contribuant ainsi à la pollution.

Les conséquences de la fast fashion

L’impact environnemental de la fast fashion

Un homme issu d'un pays en développement qui arrose de pesticides des plants de cotons, pour les utiliser afin de faire des vêtements. Consommer la mode responsable devient la solution.
Extrait du film documentaire The True Cost.

L’industrie du textile est devenue un des pollueurs majeurs, tout en exploitant la misère sociale. Entre les substances chimiques et nocives nécessaires à la production et la fabrication des fibres, le gaspillage provoqué par la surconsommation de vêtements, et la pollution générée par les kilomètres parcourus par un vêtement avant d’arriver en boutique, l’industrie de la mode émet 1,2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre chaque année.

L’industrie du textile produit 20% des eaux polluées mondiales et 10% des émissions mondiales de carbone, soit plus que l’ensemble des émissions que provoquent les vols internationaux et la navigation maritime. De la fabrication à la boutique, le vêtement parcourt l’équivalent de 1,5 fois le tour de la Terre, dû à la fragmentation internationale de la production.

Mais les effets néfastes de la mode ne s’arrêtent pas là. En effet, l’entretien de nos vêtements a d’énormes répercussions sur l’environnement : à chaque lavage, les vêtements en fibres synthétiques relâchent des microparticules de plastique, trop petites pour être filtrées. Ainsi, chaque année, 500 000 tonnes de plastiques déferlent dans l’Océan suite au lavage de ces fibres synthétiques, soit l’équivalent de plus de 50 milliards de bouteilles en plastique. C’est donc la principale source de pollution des océans devant les sacs plastiques.

De plus, moins de 1% de nos textiles sont recyclés : 2/3 des vêtements mis en marché chaque année terminent à la poubelle, à la décharge ou brûlés, alors qu’ils peuvent être recyclés. En France, 600 000 tonnes de vêtements sont mises sur le marché, mais seulement 210 000 tonnes sont aujourd’hui collectées et triées.

Les répercussions sociales de la fast fashion

La fast fashion a développé, en plus de la pollution, un nouveau type d'esclavage : l'esclavage moderne, où des femmes travaillent dans des conditions atroces.
Extrait du film documentaire The True Cost.

Aujourd’hui, la mondialisation de l’industrie textile met en concurrence les entreprises qui cherchent à produire à moindre coût. Ainsi, les vêtements sont confectionnés dans les pays où les conditions de travail sont pénibles, au Bangladesh et au Pakistan notamment. La réglementation peu contraignante et peu protectrice pour les ouvriers, ainsi que les salaires en dessous des minima vitaux, attirent de nombreuses entreprises internationales afin de profiter de cette main d’oeuvre bon marché pour en tirer des bénéfices.

De 2005 à 2013, on estime à plus de 1 700 le nombre d’ouvriers bengalis morts dans des incendies ou effondrements. De plus, le 24 avril 2013, un immeuble de 8 étages abritant des ateliers de confections, le « Rana Plaza », s’écroule à Dacca, Bangladesh, faisant 1 130 morts et des centaines de blessés. Cet évènement a ébranlé le monde, qui prit enfin conscience des conséquences sociales de leur consommation en vêtements.

Selon le Global Slavery Index (l’Indice mondial de l’esclavage), on comptabilise plus de 40 millions de personnes, employés comme des esclaves modernes, dont 70,1 % de femmes. Par conséquent, la confection de vêtements est le deuxième secteur où l’esclavagisme moderne est le plus important, après l’industrie des ordinateurs et des smartphones.

De plus, en ce qui concerne la confection de ces vêtements, certaines techniques, impliquant des substances nocives, finissent par être extrêmement néfastes pour la santé des ouvriers.

Les solutions contre la fast fashion

Stella McCartney promeut la mode responsable et durable.
Stella McCartney promeut la mode responsable et durable.

Consommer la mode responsable

Non seulement les consommateurs, mais les entreprises aussi ont le pouvoir de faire évoluer les pratiques de l’industrie. Pour cela, ils peuvent s’engager à changer leurs habitudes, à produire et à acheter de manière responsable.

Pour savoir comment s’y prendre, Le Revers de mon look vous a fait une liste de conseils à privilégier pour consommer la mode de manière responsable. On vous donne les points principaux :

Le bio et les écolabels à l’honneur pour une mode responsable

Par exemple, pour la fourrure, certains élevages s’engagent à élever les animaux dans un environnement sain et sans mauvais traitements.  Privilégiez donc le logo OA — Origin Assured, pour vous repérer, les fourrures recyclées ou synthétiques. On vous conseille aussi les vêtements en coton biologique, ou les vêtements portant des logos environnementaux, tel que l’Écolabel européen.

Pour consommer de manière responsable, préférez les fibres recyclées, les fibres dont la culture est moins gourmande en eau et en pesticides comme le lin et le chanvre, ou bien les matières provenant de ressources naturelles. Vous pouvez économiser les ressources en choisissant des tissus issus du recyclage des polyesters et des bouteilles en plastique.

Vous pouvez également préférer les jeans bruts non délavés, non vieillis et non troués, qui, lorsqu’ils sont délavés, rejettent des toxines et sont nocifs pour les fabricants. On vous recommande fortement des vêtements non teints, qui polluent les eaux ou bien des vêtements teints à partir de végétaux. Il existe des variétés de coton naturellement coloré (ocre, vert pâle, écru, brun…).

Troquez le gaspillage contre le recyclage de vos vêtements

On vous encourage à préserver les savoir-faire artisanaux et le fait- main pour protéger l’environnement et le travail de très nombreux artisans à travers le monde. Pour cela, il vous suffit d’acquérir des vêtements directement à des créateurs locaux et d’acheter des vêtements de seconde main aux associations présentes près de chez vous ou dans les vide-dressings.

Pour éviter le gaspillage des ressources, n’hésitez pas à vous rendre dans des friperies, pour vous dégoter des pièces vintage, à très bas prix. Aujourd’hui il est même possible de s’abonner à des offres de location de vêtements.

Lorsque vous souhaitez vous débarrasser de votre garde-robe, pensez à trier tous vos textiles et chaussures, usés ou abîmés, car ils peuvent être recyclés afin de leur donner une deuxième vie. Il suffit de les rapporter dans les points de collecte prévus à cet effet. Ils pourront ainsi servir de matières premières pour de nouveaux vêtements ou accessoires.

L’entretien quotidien de vos vêtements est aussi porteur de pollution. On vous donne donc certains conseils à adopter :

Par exemple, laver à 30°C ou 40°C permet de faire des économies d’énergie. Optez pour des lessives avec l’Écolabel européen afin d’éviter les lessives et adoucissants fortement parfumés. Évitez le nettoyage à sec, très polluant. Et si possible, séchez votre linge à l’air libre.

Des liens utiles pour changer vos habitudes

La Slow Fashion (mode responsable) : mouvement contre la fast fashion, qui promeut le fait-main, le commerce équitable, le recyclage, et le bio.
La Slow Fashion (mode responsable) : mouvement contre la fast fashion, qui promeut le fait-main, le commerce équitable, le recyclage, et le bio.

Si vous désirez consommer la mode de manière plus responsable, on vous donne des liens utiles : 

Vous pouvez suivre le mouvement international Fashion Revolution en interrogeant vos marques préférées : qui a fait le vêtement ? Comment ? Dans quelles conditions ?

Si vous êtes une entreprise : vous pouvez télécharger le guide de l’Alliance du commerce pour une mode responsable cofinancée par le Défi de la mode.

France nature environnement vous donne aussi quelques astuces pour consommer moins de vêtements et ainsi faire moins de gaspillage :

  • Vide dressing, troc party ;
  • Cours de couture organisés par des associations, un marathon de la mode ;
  • Friperies ;
  • Location de vêtements.

Les marques se mobilisent pour une mode responsable

Comme la mode responsable se développe, on vous recommande aussi d’essayer les marques engagées comme Rusmin, ou le nouveau filtre « Mode responsable » chez ASOS. Il vous permet de trouver des pièces utilisant des matières durables et/ou recyclées.

Les grandes enseignes se mobilisent, notamment les Galeries Lafayette et leur mouvement pour une mode responsable, Go For Good. Le géant H&M lance, lui aussi, sa concept collection Conscious.

Si les marques décident de changer leur conception de la mode, c’est qu’ils répondent aux besoins des consommateurs. En effet, bon nombre de gens veulent changer leurs habitudes de consommation, ce qui pousse les enseignes à changer leur mode de production afin d’être éco-responsable.

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