Marseille : l’hôtel de Cabre dévoile sa restauration en novembre
Le plus ancien bâtiment civil de Marseille, l’Hôtel de Cabre, a été livré ce mercredi 20 novembre après 16 mois de travaux de restauration pilotés par le promoteur Rise et l’agence Archigem, architectes du patrimoine. Les façades en pierre de la Couronne ont retrouvé leur teinte rosée d’origine, alors qu’elles étaient presque noires avant les travaux.
Cette restauration marque l’aboutissement d’un projet exigeant mené sur un édifice datant de 1535, classé monument historique depuis 1941.
Une restauration d’envergure sur un joyau du XVIe Siècle
Lancé en juillet 2024, le chantier a mobilisé des techniques de pointe, dont quatre à cinq nettoyages de façade avec différentes méthodes. Les menuiseries en bois de chêne de style XVIe siècle, refaites en 1957, ont fait l’objet d’une restauration complète par l’entreprise Edoli. Les vitraux à motif géométrique losangé ont été déposés, restaurés et remontés avec un double vitrage réalisé sur-mesure, permettant de passer d’un diagnostic de performance énergétique G à C.

À l’intérieur, les plafonds à la française ont été conservés grâce au système de « boîte dans la boîte » pour les pièces techniques, préservant ainsi les poutres d’origine. Lors des travaux, une découverte exceptionnelle a été faite : une chèvre peinte sur une poutre, référence directe au blason de la famille de Cabre.
L’immeuble propose désormais quatre appartements (trois de 50 m² et un de 22 m²) qui seront proposés à la location avec des baux de trois ans, pour un loyer estimé entre 800 et 900 euros. Le commerce historique du rez-de-chaussée, le salon de coiffure L’Hair du Temps, est maintenu.
Un rescapé de l’histoire marseillaise
Édifié vers 1535 par Louis de Cabre, consul de Marseille, l’Hôtel de Cabre a survécu aux destructions allemandes de 1943 qui ont rasé plus de 1 200 immeubles autour du Vieux-Port. En 1954, lors de l’élargissement de la Grand Rue, le bâtiment de 650 tonnes a été déplacé de 20 mètres et pivoté de 90° sur des rails — une prouesse technique unique en France à l’époque.

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Cette opération représente un volume d’affaires de 2,2 millions d’euros, menée sans bénéfice par Rise dans une démarche de conservation du patrimoine, selon Ludovic Herrero, cofondateur de l’entreprise.

Les travaux ont bénéficié du dispositif fiscal Monument Historique, permettant aux quatre acquéreurs de déduire 100 % des dépenses de restauration de leur revenu global. Ce dispositif vise à encourager la réhabilitation du patrimoine historique privé tout en préservant l’usage locatif en résidence principale.






