L'univers sportif et artistique du pole dance

Quoi qu’on en dise le pole dance est pratiqué par les femmes mais aussi par les hommes. Considérée à mal comme sexuelle, la discipline exige néanmoins une grande qualité physique. D’ailleurs, il faut accomplir des mouvements autour d’une barre en fer en combinant force et souplesse. En extérieur ou en salle, la pratique fait des émules et rompt la barrière des genres. Découverte d’un sport artistique et acrobatique qui a des ressemblances avec d’autres disciplines en milieu urbain. 

Le pole dance en lien avec la musculation urbaine … 

Le street workout, l’entraînement de rue

L’univers sportif du pole dance
Le street workout, une musculation urbaine avec des techniques et exercices modernes.

En réalité, le pole dance possède des nombreuses similitudes avec les sports urbains qui demandent une extrême force physique à l’image du street workout. Selon la plupart des sources, le street workout prend naissance dans les rues new-yorkaises au début des années 2000. Par ailleurs, cette musculation urbaine repose sur le développement musculaire avec seul instrument, son poids de corps. Dans cette discipline, on peut travailler tout le corps (abdos, triceps, dorsaux, pectoraux) à travers de nombreux exercices physiques : les pompes, le gainage, les burpees entre autres. C’est pourquoi, les sportifs de tout genre commencent à le pratiquer peu importe le niveau ou l’âge.

Gagner de la masse musculaire ne demande pas d’effort de financement ni en matériels. Les vertus du street workout résident sur sa libre accessibilité pour les nombreux pratiquants en milieu urbain. En effet, ils peuvent utiliser gratuitement les équipements urbains issus des parcs ou d’aires de jeux allant de simples poteaux à des bancs. Avec de l’assiduité, de la motivation et de la précaution, le street workout permet d’avoir de la résistance, de l’explosivité et même de l’équilibre. En outre, l’entraînement de rue se distingue aussi par ses techniques gymnastiques. Les pratiquants adorent le street workout car ils ont l’occasion d’effectuer des mouvements spectaculaires et aériens grâce à la callisthénie proche du pole dance. 

La callisthénie à l’horizontal 

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Les guerriers spartiates pratiquaient déjà la callisthénie dans l’Antiquité.

Effectivement, ce sport urbain en extérieur se distingue via des techniques de musculation mais aussi de gymnastique. Le street workout ou la callisthénie ? À tort ou à raison, la callisthénie revoie directement au street workout pour certains. Contrairement à d’autres qui disent que l’une est une part de l’autre ou deux disciplines opposées. Ainsi, les sources divergent sur la définition de la pratique plurielle et controversée. En tout cas, la callisthénie se calquerait aux pratiques gymnastiques (cheval d’arçon, barres fixes, barres parallèles ou les anneaux) avec l’usage de barres fixes et horizontales. En mode freestyle, des adeptes de haut niveau s’autorisent librement des figures très complexes défiant les lois de la gravité telles que le frontlever, elbow, le muscle-up, backlever, le poirier à une ou deux mains ou le drapeau.  

Les concurrentes se bataillent pour le titre lors du Women’s Street Workout Championship à Amsterdam (2014). (Source YouTube : la chaîne OfficialBarstarzz)

Très plébiscitée, la callisthénie est ancestrale depuis d’Antiquité. À l’origine, la pratique remonte à la Grèce antiquite où les guerriers spartiates développaient leurs aptitudes athlétiques pour le renforcement musculaire, le gain de souplesse et de puissance. Alliant la beauté et la force du geste en référence à l’étymologie du mot, la callisthénie avait des fins militaires pour avoir un corps d’Apollon. Aujourd’hui, la pratique a évolué dans un but plus attractif en se déplaçant vers l’urbain avec une pluralité de techniques au poids de corps. Bien que les hommes soient les plus nombreux, la pratique est ouverte aux femmes qui s’accommodent parfaitement à la musculation et la gymnastique.  

Le pole dance à la verticale 

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Laurence Hilsum, pratiquante du pole sport et championne de France à deux reprises.

… apparaît dans les fêtes foraines au Canada 

Au cirque, c’est une distraction pour les spectateurs 

Faire des figures en vertical date de plusieurs siècles. Il semblerait que les premiers traces remontent au XIIe siècle en Inde. Effectivement, on peut citer le mallakhamb, une pratique gymnastique et acrobatique sur un poteau de deux mètres. Dans un cadre religieux, cette activité sportive s’avère un vecteur positif vers l’ascète selon les sages hindous. Pour cause, les yogis, adeptes du yoga et de la méditation, s’exerçaient de cette façon pour atteindre un haut niveau spirituel. Par ses mouvements corporels, ces hommes solitaires hindous visaient donc la perfection de l’être humain sans chercher à divertir ou à faire du spectacle pour autrui. En revanche, les forains mettaient en place des spectacles de pole dance, au début du XXème siècle.

Dans les années 20, le pole dance apparaît au cirque pour faire patienter les spectateurs entre deux numéros. À l’aide d’un mât d’une petite tente, les danseurs d’Hoochie-Coochie vêtues en tenue légère se déambulent sensuellement de façon très suggérée. Pendant les années 50, cet aspect érotique envahit progressivement les clubs et les bars où les strip-teaseuses n’ont pas besoin d’exécuter de figures avec la barre pour attirer l’œil des adultes. Entre 1970 et 1980, le pole dance exporte avec succès hors des terres américaines. La popularité de la pratique débarque en Angleterre et en Australie. Avec l’image très sexualisée, le pole a pris beaucoup de temps pour se faire accepter à un large public en référence de l’impact du lap dance.

Des préjugés persistants à cause du lap dance 

Aujourd’hui, les mentalités sont difficiles à changer. Quand on garde l’image de quelque chose, elle y reste à jamais dans notre tête. Comme le fait que la plupart des gens considère le pole dance, une copie conforme du lap dance. Cela est une erreur qui déforme assurément la réalité. Pour rappel, le lap dance est un show érotique très tactile où la femme ou l’homme se déshabille autour de son partenaire. Si on peut trouver une ressemblance, elle y réside via le strip-tease. Contrairement au pole dance, le but est de provoquer un désir sexuel au lieu de privilégier l’art de danse. 

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Keem Saulnier Martinez, champion de France et du monde, est l’exemple parfaite de la mixité dans le pole sport. Championnat de France 2012 © K. Limmany

Présence au sein de la fédération française de danse 

Devenue un sport à part entière en ayant deux fédérations internationales (IPSF et POSA), la pratique change d’appellation pour pole sport. Des nombreux championnats et compétitions mondiales s’organisent chaque année sur un système de jugement établi par un pointage complexe afin de noter les mouvements. Ouvert pour tout le monde, le pole sport propose également une catégorie pour les sportifs à déficient physique : le para-pole. Le pole tend déjà au professionnalisme avec l’exemple de la création de la DFP en 2012. Concernant le nombre de pratiquants, on note une progression d’année en année à l’image de la situation de France. 

Auprès de SPORTMAG, Mariana Baum, coordonnatrice pole dance, énonce 40 000 et 50 000 pratiquants en 2019 contre 25 000 en 2015. Une forte tendance qui s’explique par la mise en place d’une bonne structuration pour l’évolution de la discipline. Du fait de son omniprésence dans les spectacles artistiques ou culturelles, le pratique renforce sa visibilité auprès d’un large public. Aujourd’hui, on compte plus de 250 écoles à travers le territoire français pour attirer les débutants. En outre, le pole dance appartient désormais à la fédération française de danse parmi un panelle de danses sportives telles que breakdance, la salsa, la country ou le tango.

Le pole dance fait le lien entre street workout et la callisthénie au regard de cette combinaison entre la musculation et la gymnastique. Bien qu’un sport exigeant comme un autre, le pole dance fait toujours débat. Initialement érotisée par les strip-teaseuses, la discipline a évolué pour devenir une activité artistique pour la performance. En revanche, les stéréotypes restent figés alors que cette pratique mixte est ouverte à tous. Parmi les poleurs connus, on peut citer Prana Ovide Etienne ou Vincent Grobelny, primés à plusieurs reprises en compétition.

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