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L’intelligence artificielle passe à la création de contenus

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L’intelligence artificielle passe à la création de contenu

Jusqu’à présent, l’intelligence artificielle (IA) intervenait surtout dans le traitement du big data. C’est-à-dire qu’elle cherchait rapidement parmi un grand nombre de données chiffrées des tendances remarquables. Alors qu’il aurait fallu des années à l’être humain pour traiter un volume similaire d’information. Cependant, loin de se limiter aux chiffres, l’IA s’applique désormais à la création de contenus. Pour le moment, l’auteur de ces lignes est encore humain mais demain, qu’en sera-t-il ? Pour nous en parler, nous avons interrogé Massimiliano Squillace, à la tête de Contents.com, entreprise de la tech basée à Milan et spécialisée dans la génération automatisée de contenus. Focus sur l’IA appliquée à la communication…

Massi travaille depuis 20 ans dans les technologies de l’information et de la communication. Il a fondé sa première société en 1999, à 19 ans. Il voulait alors concurrencer rien moins que Telecom Italia. Trois ans plus tard, 20.000 sociétés s’étaient détournées de l’opérateur historique en faveur du petit opérateur de Massi. Ce dernier a alors revendu sa licorne, avant de renouveler l’exploit de revendre des entreprises qu’il avait créées successivement… quatre fois ! Il s’en souvient comme si c’était hier : « En 2001, une grande société française, internet.fr, a racheté ma société. Si j’avais écouté mon entourage qui me décourageait de me lancer dans cette aventure, je ne serais pas là pour vous en parler aujourd’hui. Cela a représenté une véritable leçon de vie pour moi. J’en ai déduit que l’ambition était l’atout maître pour qui voulait réussir. »

Aujourd’hui, Massi a réinvesti dans une cinquantaine de sociétés. Il est aussi le PDG-fondateur de la société Contents.com qu’il présente comme « une entreprise de marketing technologique ». Cette dernière a développé un logiciel propriétaire de plateforme, autour d’un algorithme exclusif. Ce dernier est capable de générer automatiquement du contenu sur divers sujets et dans plusieurs langues.

Massimiliano Squillace – (c) contents.com.

État des lieux du marché de la com’

Le marché de la création de contenus est immense et il ne cesse d’évoluer. Tout créateur d’entreprise a besoin de contenu, ne serait-ce que pour son site Internet. Or, à l’heure actuelle, les produits disponibles sont proposés à des prix exorbitants. Accenture et McKinsey sont les deux mastodontes du marché, dont ils représentent 80%. Comme Massi le rappelle : « Notre démarche consiste à démocratiser l’accès à la création de contenu via un algorithme d’IA. Nous voulons rendre l’IA accessible au plus grand nombre. D’autant que notre plateforme intègre plusieurs services : l’analyse de données, la génération automatique de contenu (ou Natural Language Generation), et enfin la conversion de contenu au format du livrable attendu par le client. » Contents.com s’adresse donc aussi aux petits acteurs du marché et autres créateurs individuels ayant besoin de ce type de services. Comme le souligne Massi : « Nous avons la conviction que le marché de la création de contenus est infiniment perfectible. Nous cherchons donc à l’améliorer. »

Les journalistes ont-ils du souci à se faire ?

Afin de se montrer rassurant, Massi précise d’emblée les limites de son logiciel. Selon lui : « Contents.com n’est pas là pour mettre en danger les journalistes, mais au contraire pour les aider. Le but de notre application est de libérer le journaliste des tâches les plus répétitives de son métier. Avec Contents, fini le copier-coller et la réécriture manuelle des communiqués de presse ! Ce travail basique sera désormais confié à la machine. En revanche, cette dernière ne sera jamais en mesure de réaliser un interview, ni une enquête journalistique de terrain. La machine se contente de prendre des contenus déjà existants et de les remanier de façon plus rapide qu’aucun humain ne le pourra jamais. » Autrement dit, loin d’œuvrer contre les intérêts des journalistes, Contents propose de prendre en charge toutes leurs tâches harassantes, peu motivantes et à faible valeur ajoutée. Ils peuvent alors se concentrer sur ce qui fait vraiment l’intérêt de leur profession.

Ouf ! Par ailleurs, Massi avoue que, même dans le cadre de l’écriture d’un court article de 1500 mots comme celui que vous êtes en train de lire, la machine aurait besoin d’un relecteur humain.

Les journalistes ont-ils du souci à se faire ?
(c) Andrea Piacquadio – Pexels.

Prendre de la data organisée et la transformer en texte lisible

La spécialité de Contents consiste à prendre de la donnée organisée pour la trier et la présenter sous la forme de textes facilement lisibles. Comme l’explique Massi : « Notre algorithme exclusif est en mesure d’analyser de la donnée en masse, et d’en extraire une information pertinente pour le client. Ainsi, les fonctions d’analyse de la donnée permettent de dégager des tendances, des comportements utilisateurs, des positionnements, informations très utiles en matière de e-commerce. Par la suite, les fonctions de génération de contenu permettent de sortir des fiches produits et autres descriptifs. Mais aussi de conduire une analyse de la performance et du fonctionnement de sites web tout en proposant de les traduire. »

Ce type de prestation automatisée est bien entendu réalisé dans des délais très courts et à un coût défiant toute concurrence (abonnement de 20 euros par mois). Les contenus ainsi générés sont garantis originaux et optimisés pour le SEO : le but est d’assurer le meilleur ranking pour le contenu auto-généré dans les résultats obtenus sur les moteurs de recherches. Petite précision, Contents offre également un modèle de fiches produits spécialement conçu pour le site Amazon, qui permet à tous les revendeurs de poster facilement leurs produits sur la plateforme du leader du e-commerce. Selon Massi : « Notre valeur ajoutée se situe donc au niveau de la re-création de contenu à partir d’un contenu original. »

Mode d’emploi

Concrètement, mettons-nous dans la peau d’un utilisateur souhaitant créer du contenu généré à partir de données structurées. Comment va-t-il s’y prendre ? Il va téléverser ses données structurées sous la forme de fichiers de type CSV, par exemple. La machine crée alors du contenu automatiquement à partir de ces données structurées. Cela peut concerner la communication de faits ou analyses financiers ou boursiers, qui n’ont guère besoin d’être élaborés. Massi évoque également la possibilité de « copier-coller la description originale du produit dont vous voulez mettre une fiche descriptive sur votre site. Ainsi, si vous voulez vendre un iPhone dernière génération, il vous suffira de copier coller la description originale fournie par Apple. La machine générera un contenu équivalent à cette description originale, qui restera néanmoins différent et unique. Le tout en seulement quelques secondes, sachant que nous pouvons produire 10 000 fiches produits en une heure de temps seulement ».

Une technologie arrivée à maturité ?

Massi insiste sur le fait que ses équipes apportent constamment des améliorations technologiques permettant d’asseoir le leadership de Contents.com sur la création automatisée de contenu. Ainsi « nous avons tout récemment intégré la technologie GPT-3. Cette technologie permet d’analyser et de synthétiser du texte sous la forme de tableaux, de résumer des discussions, d’élargir des contenus à partir d’idées de base, d’introduire des variations de niveaux de langage. Ces avancées mettent en lumière notre processus d’apprentissage continu afin d’améliorer notre logiciel, en nous basant sur nos propres analyses mais aussi sur le feedback de nos clients ».

De même, les équipes de Massi apprennent chaque jour à la machine à faire une chose nouvelle. « Par exemple, nous sommes en train de travailler à l’heure actuelle sur un module dédié aux titres. Nous créons ainsi un module nouveau chaque jour, en fonction des demandes qui nous parviennent de nos clients. Notre but consiste à rendre la machine chaque jour un peu plus autonome ».

Autre exemple de variation et de nuance que la machine est capable de prendre en compte : l’orientation politique d’un texte. Comme nous l’explique Massi : « Nous effectuons des tests en ce moment pour un parti politique américain. Notre produit est neutre au départ, bien entendu. Cependant, il est possible d’éduquer la machine à s’exprimer en adoptant un point de vue de gauche ou bien de droite. En d’autres termes, nous sommes capables d’inculquer des schémas de pensée humaine à la machine, qui va donc intégrer certains biais de l’esprit humain à son analyse et au contenu généré. »

Enfin, Massi a le projet de transposer son concept de génération automatique de texte au domaine de la vidéo.

Une technologie arrivée à maturité ?
(c) Alex Knight – Pexels.

Contents débarque à Paris !

Forte des performances de son produit, l’entreprise ne cesse de grandir à l’international. Après l’Espagne et les USA, Massi annonce l’ouverture d’une filiale française à Paris en octobre prochain. « Nous avons le plaisir d’annoncer que nous allons embaucher dix à quinze collaborateurs (IT, marketing et ventes) ». Avis aux technophiles qui voudraient rejoindre l’aventure initiée par Massi…

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