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L’histoire de la cristallerie de Baccarat, un succès français

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Lorsque l’on pense cristallerie et verrerie de luxe, un nom nous vient immédiatement à l’esprit : Baccarat. Synonyme d’excellence, la renommée de cette manufacture installée dans la petite ville de Baccarat en Lorraine. C’est de là qu’elle tient son nom célèbre bien au-delà de nos frontières. L’histoire de la cristallerie Baccarat s’inscrit sur plusieurs siècles et est étroitement liée à celle de sa région et de son pays…

De 1764 à 1814 : du sel au verre

La naissance de la verrerie à Baccarat

L’histoire de Baccarat débute en 1760, lorsqu’une baisse de la salinité des eaux dans la région de Rozières entraîne la fermeture de ses salines. Cette fin d’activité laisse dans la petite ville voisine de Baccarat un stock conséquent de bois sans utilisation. L’évêque de Metz, Monseigneur de Montmorency-Laval, cherche alors un moyen d’utiliser tout ce bois. Il dépose en 1764 une requête auprès du roi Louis XV. Il évoque le manque de production française de verrerie d’art. Cette lacune force le pays à importer au moment où il aurait au contraire besoin de garder l’argent en France. En effet, le pays se trouve alors en pleine reconstruction après la Guerre de Sept Ans.
Le Roi autorise dès lors la fondation des verreries de Sainte Anne dans la ville de Baccarat.
La petite manufacture produit du verre à vitre, mais aussi des miroirs et des services de verre. Pour parfaire sa technique, l’entreprise emploie un maître verrier venu de Saint-Louis.

Le début du succès de la cristallerie

En 1773, la manufacture change de propriétaire et est vendue à un marchand verrier du nom d’Antoine Renault. La verrerie est alors en pleine expansion. Même si elle n’atteint pas encore le même niveau de techniques artistiques que les grandes manufactures de l’époque, elle diversifie peu à peu son activité. Elle entame entre autre la production de verrerie de Bohème. La manufacture ne tarde pas à se placer dès 1785 à la troisième place des verreries d’Europe en matière de taille, après celle de Saint-Louis-Lès-Bitche et de Saint-Quirin.

Comme de nombreuses autres entreprises, son ascension va cependant être perturbée par la Révolution Française. C’est le premier événement historique qui vient marquer l’histoire de la cristallerie Baccarat.

Commence alors une période de difficultés financières et de baisse de la production qui mènera l’entreprise à sa faillite en 1806. La manufacture est vendue aux enchères et achetée par un négociateur. Seuls deux fours sur ses quatre sont alors encore en activité…

De 1816 à 1870 : le succès en marche

En 1816, l’entreprise est rachetée par Aimé-Gabriel d’Artigues, un industriel et financier, déjà à la tête d’une cristallerie au Pays-Bas. Il trouve ainsi un moyen d’éviter les taxes d’importation récemment entrées en vigueur afin de conserver son marché français. L’État lui accorde le droit d’importer des cristaux de sa manufacture de Vonêche. Cependant, il doit en contrepartie relancer la production à quantité équivalente sur le sol français sous deux ans. La verrerie de Sainte Anne devient alors la Cristallerie de Vonêche de Baccarat.

Un service de table Baccarat.

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Et les affaires reprennent !

La production se relance. De 1816 à 1819, les quatre fours de la manufacture reprennent progressivement du service.

L’usine est moderne et la production se révèle d’une qualité très élevée dès les premiers mois. Malheureusement, les contraintes imposées par l’État vont vite poser des problèmes économiques. La manufacture se retrouve de nouveau en difficulté. L’histoire de la cristallerie Baccarat prend alors un nouveau tournant.

Dès 1822, Aimé-Gabriel d’Artigues se voit contraint de céder l’entreprise à trois associés : Pierre-Antoine Godard-Desmarest, qui fera également l’acquisition de la verrerie de Trélon dans le Nord de la France, François-Marie-Augustin Lescuyer Vespin et Nicolas-Rémy Lolot.

C’est aussi à cette période, en 1823, que Baccarat reçoit sa première commande royale du roi Louis XVIII. D’autres commandes s’ajouteront par la suite. La verrerie de Baccarat devient un objet de convoitise, et de nombreuses familles royales ou de chefs d’État du monde entier passent commande.

Baccarat grandit et sa réputation avec elle

La société Baccarat acquiert le statut légal de société anonyme en 1824. Monsieur Godard-Desmaret décide alors d’en confier la direction à un ingénieur nommé Jean-Baptiste Toussaint. La société poursuit son impressionnante croissance, et remporte de nombreux prix entre 1827 et 1839.

La petite manufacture, qui comptait 327 salariés en 1823, emploie plus de 2000 personnes en 1869. Elle bénéficie de la demande de plus en plus forte dans le secteur du luxe, mais également d’un gros avantage géographique. En effet, les faïenceries installées non loin de Baccarat, participent à sa réussite économique en rachetant ses déchets de verre en cristal pour les réutiliser dans leur production.

En 1841, un jeune ingénieur arrive dans l’entreprise qui marquera l’histoire de la cristallerie Baccarat. Il apporte avec lui une technique novatrice pour coloriser le verre. C’est grâce à cette technique que naîtront les premiers presse-papiers en verre multicolore, devenus par la suite de véritables icônes de la marque.

La cristallerie de Baccarat collectionne les succès et devient synonyme d’excellence à travers le monde. Son nom devient une marque déposée, et l’entreprise remporte en 1855 sa première médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris. Sa production de chandeliers, vases et flacons de parfum exporte sa réputation au niveau mondial.

De 1870 à nos jours : la consécration

L’ère impériale prend fin en 1870, et avec lui une partie des conflits internationaux. Les échanges sont facilités et Baccarat trouve une source d’inspiration dans les imports de verrerie japonaise. Dès 1875, la marque commence à signer ses pièces de la célèbre signature Baccarat, qui est encore présente sur certaines pièces actuelles.

La production en destination de l’internationale, et notamment vers l’Asie, explose. La manufacture se modernise et mécanise plusieurs étapes de fabrication. En 1891, c’est plus de quatre habitants de la ville sur cinq qui travaillent à la cristallerie à Baccarat. La petite manufacture est alors devenue une des plus grandes usines de France.

Une histoire de famille

La cristallerie de Baccarat est dirigée depuis 1868 par Paul Michaud, le gendre de Jean-Baptiste Toussaint, qui restera à sa tête jusqu’en 1883. Il passe ensuite le relais à son fils Adrien Michaud qui la dirigera jusqu’à sa mort en 1936.

La société connaît aussi de grandes évolutions sociales sous la direction d’Adrien Michaud, avec par exemple, des mesures de protection sociale qui vaudront à Baccarat un prix durant l’exposition sociale de 1889. Il signe également la fondation d’une crèche en 1895.

La fin du XIXème siècle voit aussi naître un magasin de vente, dépôt et atelier de bronze à Paris, dans ce qui deviendra plus tard la rue de Paradis, qui emploie à lui seul 246 personnes. Ce local deviendra ensuite le musée Baccarat jusqu’en 2003, et hébergera par la suite la Pinacothèque de Paris pendant quelques années.

Avec le début de la Seconde Guerre mondiale, Gilbert de la Poix de Fréminville devient directeur des cristalleries au côté d’André Danzin. Ensemble, ils créent juste après la guerre en 1948 une filière américaine basée à New York. En 2005, on compte pas moins de treize magasins Baccarat à travers tous les États-Unis.

En 1964, Baccarat célèbre le 200ème anniversaire de ses réalisations en cristal à travers une grande rétrospective à Paris sur l’histoire de la cristallerie Baccarat, au musée du Louvre. Puis, pour son 230ème anniversaire, la marque signe la réalisation d’un impressionnant lustre de 230 lumières en cristal.

Et maintenant ?

Dans les années 90, Baccarat subit de plein fouet la crise du marché du luxe. Après avoir étendu dès 1993 son activité à la bijouterie, la marque s’essaiera également à la parfumerie. C’est aussi à cette période qu’apparaîtra la célèbre pampille rouge ornée du B qui signe tous les lustres produits dans la manufacture de Baccarat. Autre fait marquant : en 2005, Baccarat s’associe au styliste Philippe Starck pour créer la collection Darkside, et son iconique lustre Zénith.

L'iconique lustre Zénith Starck x Baccarat.
L’iconique lustre Zénith Starck x Baccarat.

La manufacture est racheté par un grand groupe d’investissement chinois en 2017. Mais en septembre dernier, à la suite d’un conflit entre la direction de la compagnie et ses créanciers, la cristallerie est mise sous administration provisoire. Baccarat compte aujourd’hui plus de 1000 salariés à travers le monde.

Il y a quelques jours à peine, sa sortie d’administration provisoire a été actée lors d’une assemblée générale de la cristallerie. De grands investissements seront cependant à prévoir dans les années qui arrivent, pour rénover notamment les fours de la cristallerie.

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