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Les ravages du revenge porn

Les ravages du revenge porn

Le 24 novembre 2019, après avoir subi le harcèlement et le chantage de son ex pendant plus d’un an, la chanteuse Goo Hara a mis fin à ses jours dans son appartement à Séoul. Oppressée par les menaces de son ancien petit-ami, harcelée par les internautes, et délaissée par la presse locale, à laquelle elle avait pourtant demandé de l’aide. Goo Hara a été l’une des victimes du revenge porn. La diffusion non consentie des images intimes d’une personne est un phénomène qui connaît de plus en plus d’ampleur avec les réseaux sociaux. Avec une circulation des contenus de plus en plus optimisée, comment pouvons-nous mettre un frein aux ravages du revenge porn ?

L’affaire Goo Hara : les effets traumatisants et destructeurs du revenge porn exposés

Le 2 juillet 2020, les médias annoncent la condamnation de Choi Jong-Bun à un an de prison. L’ancien petit-ami de la chanteuse Goo Hara, accusé de chantage à caractère sexuel, avait fait appel un an auparavant. Sa sanction a été durcie. Cependant, les fans de l’idole sud-coréenne ne considèrent pas sa punition assez sévère. En effet, ils pensent que Goo Hara a été délaissée par la justice coréenne. Les sanctions pour ce genre de crime devraient dorénavant être plus sévères. La jeune femme avait fait appel à un journal local pour l’aider à dénoncer son ex-copain qui la menaçait. Malheureusement, elle a reçu peu de soutien. De plus, les internautes se sont mis à la harceler sur les réseaux sociaux, et rejettent la faute sur elle. Cette exemple montre tout l’aspect sadique de la pratique du revenge porn. Tout en soulignant l’extrême solitude que subit la victime.

En effet, le revenge porn est un acte particulièrement destructeur. Se traduisant littéralement par « la vengeance pornographique », cette pratique consiste à diffuser les images intimes d’une personne sans son consentement, dans le but de lui nuire. Cela concerne les contenus filmés/photographiés à l’insu de la personne, tout autant que ceux filmés/photographiés volontairement. En France, le revenge porn est puni de deux ans de prison, et d’une amende de 60 000 euros, selon les articles 226-1 et 226-2 du Code pénal. Ce phénomène est une de nombreuses techniques de cyberharcèlement qui semblent aujourd’hui bénéficier d’une sorte d‘impunité. Hélas, la Loi peine à sanctionner ce type de crime.

Photo d'une femme anxieuse. Photo de Juan Pablo Serrano Arenas.
Photo de Juan Pablo Serrano Arenas provenant de Pexels.

Le cyberharcèlement : un mal qui touche même les plus hauts placés

En début d’année, l’affaire Benjamin Grivaux avait fait énormément de bruit dans les médias. Le candidat à la mairie de Paris avait été la cible de l’artiste Piotr Pavlenski. En effet, le 28 février, ce dernier diffuse une vidéo privée filmée par le politicien, et envoyée à sa copine, Alexandra de Taddeo. Les deux ont été mis en garde à vue pour atteinte à l’intimité de la vie privée et diffusion sans l’accord de la personne d’images à caractère sexuel. Benjamin Grivaux a pris la décision de retirer sa candidature.

Benjamin Grivaux n’est pas le seul politicien à avoir été ciblé par le revenge porn. La députée démocrate Katie Hill a subi un traitement similaire en 2019. Après qu’une photo intime a été diffusée, le Daily Mail, un journal de droite, à fortement aggravé le cas de la politicienne en divulguant d’autres photos privées a caractère sexuel. Katie Hill a démissionné trois jours après. Hill était la première députée du Congrès américain à déclarer officiellement sa bisexualité. Les journaux n’ont pas hésité à la dégrader en tant que femme et en tant que personne LGBT afin de l’humilier.

Sept ans auparavant, le journal Closer propageait la photo de la duchesse de Sussex, Kate Middleton, semi-dénudée. Un autre membre de la famille royal, Prince Andrew, n’a pas non plus échappé à la divulgation de ses photos privées.

Les images et le privé : une coordination difficile

Échanger des images sur Internet est devenu de plus en plus facile et rapide avec l’avancée des technologies et la création des réseaux sociaux. Nous remarquons donc que les lois destinées à nous protéger n’empêchent pas vraiment la propagation de ces images. Pourrait-on parler d’un échec de la Loi ?En effet, certains accusent les grosses plateformes comme Google de perpétuer le pratique du revenge porn en rendant facile la préservation de ses photos. Aussi, comme nous l’avons vu avec l’exemple de Katie Hill et Kate Middleton, certains journaux propagent ces images sans aucun scrupule. « Sex sells… » Ce genre de contenu sexuel fait très vite le buzz. Mais il permet aussi de dégrader l’image d’un.e opposant.e politique. La liberté de la presse ne signifie en aucun cas le droit de violer l’intimité de ces célébrités.

Photo d'un écran d'ordinateur, cybersécurité.
Photo provenant de Pexels.

Nous pouvons aussi remarquer que les adeptes du revenge porn ont tendance à se réfugier dans les chats et les forums. Les chats sont un moyens d’échange en masse de photos sans consentement. Ils peuvent donc devenir très difficiles à gérer. Qu’il s’agisse de messages groupés, de chatrooms, de forums… Ces méthodes de communication permettent de diffuser, mais surtout d’enregistrer ses médias dans une base de données. Il est extrêmement facile de partager ces images, et de les enregistrer sur d’autres plateformes. Une fois diffusées sur Internet, ces images demeurent sur la toile à jamais. Rien que sur le réseau social Reddit, il existe un grand nombre de forums dédiés à partager des photos à caractère sexuel prises à l’insu des photographiées.

Que faire contre le revenge porn ?

Dénoncer

Dénoncer son agresseur est loin d’être une chose facile à faire pour la victime. Au contraire, après ce genre de menace, ou d’acte, elle a plus tendance à se réfugier sur elle-même. Dans une telle situation, il est difficile de ne pas se sentir vulnérable et exposé dans son intimité. De plus, cela peut mener à une sensation d’immense solitude. La victime est seule face à Internet et le jugement qui pourrait émaner des internautes. De ce fait, il est important de rappeler que dénoncer est une des meilleures manières de sensibiliser la population aux dangers de cette pratique. Les hashtags comme #balancetontiktokeur sont des moyens d’obtenir une grande visibilité sur ce genre de problème.

Pour entamer des démarches judiciaires, il est aussi conseillé de contacter NET ECOUTE. Il est aussi important de prendre des captures d’écran de la photo ou vidéo en question et de signaler la plateforme où elle a été diffusée. L’individu ayant diffusé l’image doit aussi être signalé. Si la victime de revenge porn est mineure, il faut alors qu’elle soit accompagnée d’un adulte pour porter plainte. Pour rappel : diffuser des images à caractère sexuel d’un mineur constitue un acte de pédopornographie. Il s’agit donc d’une infraction incriminée par l’article 227-23 du Code pénal.

Prévenir

Certaines précautions peuvent être prises pour prévenir la diffusion d’images ou le chantage à caractère sexuel. Le sexting, où le fait de s’envoyer des photos ou messages à caractère sexuel entre partenaires, résulte aussi souvent en harcèlement sexuel. Ainsi, il serait mieux de limiter cette pratique. Ou, il est conseillé de ne pas envoyer des images qui permettent d’être identifié (ne pas montrer son visage, ses tatouages, etc.). Ainsi, l’image ne peut pas être utilisée comme moyen de menace ou de chantage.

Nous sommes de plus en plus sensibilisés aux différentes formes de cyberharcèlement. Mais cela ne signifie pas que les pratiques telles que le revenge porn vont cesser de sitôt. Il est donc essentiel que nous aidions les victimes de revenge porn avec empathie, et en évitant de les juger.

Pour continuer la discussion sur ce problème, n’hésitez pas à réagir dans les commentaires, ou à partager vos témoignages sur nos réseaux sociaux.

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