Aventure politique, aventure scientifique, aventure spatiale… Claudie Haigneré est une femme d’exception et exceptionnellement elle s’est confiée. 

C’est à 12 ans que Claudie Haigneré découvre stupéfaite les pas du premier homme sur la lune : « J’ai vu ça de mes yeux de petite fille. C’était un rêve qui devenait finalement réelle. » et c’est en 1996 qu’elle réalise elle aussi son premier vol à bord de la station orbitale russe Mir dans le cadre de la mission franco-russe Cassiopée

Parmi ses rencontres les plus marquantes, elle compte toutes celles qu’elle a pu faire à la Cité des étoiles (centre d’entraînement des cosmonautes russes) : « Lorsque je suis arrivée en 92 pour l’entrainement, je vivais dans le même endroit que mes héros comme par exemple avec Valentina Terechkova (première femme à être allée dans l’espace). Toutes les rencontres que j’ai pu faire là-bas sont assez magiques et fascinantes. ».

Aujourd’hui, conseillère auprès du directeur générale de l’Agence spatiale européenne, Claudie Haigneré se souvient des journées de préparation sur la Terre :  « D’abord, on a une formation de base pour se mettre à niveau sur tous les systèmes d’une station spatiale, d’une capsule… On a beaucoup de cours théorique pour apprendre le nécessaire. Aussi, des matinées d’exercices physiques. On est censé être en parfaite condition pour le vol. Puis, on entre dans une phase de préparation plus opérationnelle à la mission. On travaille en équipage. Il faut apprendre à se connaitre les uns et les autres sur des tâches opérationnelles assez complexes. On a également des répétions de projets scientifiques qu’on va avoir à mener à bord. » 

Quant à la sensation d’être dans l’espace, Claudie Haigneré évoque un sentiment de liberté immense et un paysage fascinant  : « Déjà, nous sommes en micro gravité. On est complètement libéré de la force d’attraction du champ de gravité. On sent son corps avec légèreté, sans poids. »

Puis, en tant que médecin, elle a été frappée et impressionnée par la capacité d’adaptation : « C’est un environnement qui est très différent du nôtre et en seulement 24h on s’adapte cognitivement, sur le plan moteur et cardiovasculaire. Le plus extraordinaire, c’est que nous sommes  en orbite autour de la terre à 400 km. Et lorsqu’on regarde par le hublot, on a la chance de voir une grosse portion de la terre. Les couleurs sont somptueuses.  C’est impressionnant tellement c’est beau. Et puis vous vous rendez compte de la fragilité, de la vulnérabilité de la planète dans le cosmos noir qui l’entoure. On relativise sur cette part de l’humanité. Et on se sent d’autant plus responsable de la planète. » 

Claudie Haigneré n’oublie rien de ces moments de liberté. Elle prépare aujourd’hui les missions futures pour les astronautes du 21 ème siècle : «  Je travaille sur l’exploitation des ressources lunaires. On va commencer à installer des infrastructures… Des habitats permanents, pour y vivre pour y travailler, pour faire de la science, de la technologie, du tourisme, de l’exploitation lunaires. C’est aussi une jolie façon d’essayer de tisser les liens entre les différentes consciences. Ce n’est pas seulement une histoire d’astronautes, de scientifiques ou de chercheurs. Nous avons besoin d’expertises et de compétences diverses. C’est aussi une histoire d’architectes, de juristes. Il faut réfléchir à qui appartient ces corps célestes, comment on les exploite… C’est pourquoi on travaille avec plein de compétences. L’espace appartient à tous, ce n’est pas juste un cercle de privilégiés et c’est important de le faire savoir. ». 

 Après ses quatre vols spatiaux, ses quatre aventures comme elle aime les appeler, l’astronaute souhaite donner ce qu’elle a reçu, transmettre aux plus jeunes le goût de l’audace et de l’inconnu : « Je suis heureuse de l’impact qu’on peut avoir en tant qu’astronaute lorsqu’on intervient dans les écoles, les universités. C’est très important pour moi de donner envie aux jeunes de s’orienter dans des carrières scientifiques. Nous sommes privilégiés, seulement 572 dans le monde, alors c’est notre mission une fois sur Terre de partager, de transmettre. L’objectif est d’incarner des avenirs et donc des devenirs possibles. Par exemple, il y a peu d’incarnation des métiers d’ingénieurs tandis que les avocats, médecins légistes sont très présents à la télévision. Le but c’est qu’à la fin les jeunes garçons et les jeunes filles se disent «  pourquoi pas moi ? ». » 

Enfin, pour l’ancienne ministre chargée de la Recherche et des nouvelles technologies, le plus important est de défendre les biens communs : « Au delà d’être des individus, des nationalités, des genres, des communautés, nous sommes des être-humains. Et être-humain ça veut dire qu’on doit avoir une relation de solidarité, une écoute des autres. On a aussi une responsabilité dans nos actes individuels et collectifs. Il faut se mettre au service et à l’écoute de ceux qui sont en difficulté, ceux qui ont besoin d’être soutenu. Je suis assez sensible à la notion de bien commun de l’humanité parce que j’ai ressenti profondément le fait que j’étais juste un des petits maillons de cette humanité. » 

Pour Claudie Haigneré,  il s’agit de penser cette nouvelle phase de l’humanité et de s’en servir. Il s’agit de défendre nos droits, ceux de la planète et de l’univers tout entier. Il s’agit de réaliser l’espace infini dans lequel nous sommes et la minuscule taille de notre Terre. Et enfin de prendre conscience de sa fragilité et de la respecter. Je vous invite maintenant à partager cet article, et à réaliser ce qu’il vous semble irréalisable. 

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