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L’éducation des filles : les similarités de la France et de l’Australie

L’éducation des filles à travers le monde

Selon les chiffres de l’ONG Plan International France, 64 millions de filles âgées de 6 à 14 ans n’ont pas accès à l’éducation dans le monde. Plusieurs obstacles sont en cause. Dans les pays en développement, la pauvreté, les mariages forcés, mais également le manque de moyens concernant la menstruation des jeunes filles les empêchent de s’instruire. Quelles différences avec les filles éduquées dans un pays riche ou pauvre ? Ce qui est sûr, c’est que chaque jeune fille reçoit une éducation différente. Enfin, si elle en reçoit une.

L’éducation des filles européennes : l’exemple de la France

Des filles à l’école ? Pas question !

Si les jeunes Françaises doivent obligatoirement aller à l’école jusqu’à leur 16 ans révolus, l’éducation fut cependant très longtemps stéréotypée. Le droit à l’instruction des filles date de 1880, mais ce n’est qu’en 1975 avec la loi Haby que la coéducation avec les garçons fut rendue obligatoire. Le XIXème siècle rime avec domination, puisque contrairement aux hommes, les femmes sont exclues de la démocratie. Seule l’élite avait accès à l’éducation, c’est-à-dire les femmes issue de la noblesse. Mais il faut nuancer. Les femmes devaient à l’époque être éduquées et non pas instruites. Cette pensée est illustrée dans l’ouvrage Emile ou De l’éducation de Zola, qui indique que les savoirs pratiques suffisent aux femmes dont la seule fonction est de servir les hommes.

Le point de bascule : les lois Jules Ferry

Changement radical grâce aux lois Jules Ferry de 1881-1882. L’école est rendue gratuite en 1881 et l’enseignement public deviendra obligatoire et laïque l’année suivante. Mais ce sont toujours les mêmes qui pouvaient s’y rendre : les jeunes filles issues des classes privilégiées. La justice sociale primait sur l’égalité des sexes. L’éducation resta néanmoins très genrée. Dans les classes primaires, les filles manient les aiguilles de couture, tandis que les garçons apprennent le système légal des poids et des mesures. En 1880, la loi Camille See propage l’ouverture des collèges et des lycées de jeunes filles. Mais c’est seulement en 1924 que les jeunes filles sont autorisées à passer leur baccalauréat. Une seule exception à cette règle : le cas de Julie-Victoire Daubié. Issue de la petite bourgeoisie catholique, elle fut la première femme à s’inscrire sur les listes du baccalauréat et à l’obtenir le 17 août 1861.

L’éducation des filles européennes : l’exemple de la France
Julie-Victoire Daubié, première Française à obtenir le bac en 1861. © Wikipédia

Au cours de la Vème République, la situation s’améliore davantage. Grâce au décret de 1963 dit « Capelle-Fouchet », les collèges d’enseignement secondaire deviennent mixtes dès leur création. Au cours des années 1970, la mixité touche aussi les lycées. Ils deviendront des lycées mixtes, puis « régionaux » et proposent trois voies : générale, technologique et professionnelle. C’est au tour des écoles primaires de devenir mixtes en 1969. Enfin, la loi Haby de 1975 rend obligatoire la mixité scolaire. Cependant, elle ne s’applique pas aux maisons d’éducation de la Légion d’honneur.

Quid des études supérieures ?

En ce qui concerne l’enseignement universitaire, l’accession des femmes était quasiment impossible. Il fallait absolument obtenir un diplôme requérant la connaissance de certaines matières comme le latin. Malheureusement, elles n’étaient dispensées que dans le cursus secondaire masculin. En 1861, Julie-Victoire Daubié est reçue bachelière à la Faculté des lettres de Lyon. C’est à cette période que l’accès des femmes aux universités prendra un tournant. À partir de 1880, cet accès sera généralisé. Les filles peuvent enfin étudier les mêmes matières que les garçons dans l’enseignement secondaire, et obtenir un diplôme. La présence des femmes sur les bancs universitaires n’a cessé de croître. En 1900, le taux de jeunes fille parmi les étudiants étaient de 3%. Cette population féminine se compose en majorité d’étrangères, venues en France en quête d’une formation universitaire inaccessible dans leur pays ou attirées par le prestige de la métropole culturelle. De 1914 au début des années 2010, le taux est passé de 10% à 58%. Elles sont plus précisemment 70% dans les filières lettres et 40% dans les filières scientifiques.

L’éducation des filles européennes : l’exemple de la France

Les jeunes femmes françaises ont réussi à s’imposer pour étudier tout comme les garçons. La scolarité en Australie ne diffère pas vraiment de notre système éducatif.

L’éducation des filles en Australie

L’Australie se compose de six États, et chacun gère à sa manière l’éducation sur son territoire. Ils ont chacun leur propre ministère de l’éducation. L’école s’organise différemment selon les États, l’âge est notamment une des différences majeures. La scolarité dure obligatoirement 12 ans, mais encore une fois, cela change d’un État à un autre. Un enfant peut commencer à l’âge de 5 ou 6 ans, et ira à l’école jusqu’à ses 15 ans voire 17 ans. L’Australie se situant dans l’hémisphère sud, l’année scolaire débute par conséquent fin janvier/début février et se clôture mi-décembre. Les grandes vacances se déroulent l’été, c’est-à-dire de mi-décembre à fin janvier.

L’école maternelle est assez similaire à celle que nous connaissons en France, sauf qu’elle se déroule sur deux ans. L’école primaire débute à l’âge de 6 ans et s’étend sur sept années. C’est l’équivalent de notre école élémentaire en incluant les deux premières années de collège. Les élèves suivent des matières extra-scolaires jugées extrêmement importantes pour leur développement. Ils pratiquent la musique, le sport ou encore le théâtre.

Le lycée s’étend sur cinq ans, ce qui signifie qui se termine au plus tard à 17 ans. Il est possible d’abandonner ses études à l’âge de 15 ans, mais l’élève doit prouver qu’il dispose d’un contrat de travail à temps plein. Très peu de lycéens choisissent cette option.

Les universités disposent de leurs propres critères de recrutement selon les études envisagées. Ce qui ne diffère pas vraiment d’une université française. Le diplôme obtenu à la fin du lycée, une bonne maîtrise de l’anglais ainsi que de bonnes notes dans la filière choisie sont exigés.

Et les filles dans tout ça ?

Si la scolarité semble proche de celle que nous connaissons en France, il n’a jamais existé de différence de traitement entre les filles et garçons en Australie. La seule différence flagrante concerne les écoles privées. En effet, certaines écoles réservent leur accès exclusivement aux filles ou aux garçons.

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