fbpx

Le confinement, cette machine à réformes

Paris, 15 août 2020. Les Parisiens ont déserté les quais de Seine, les terrasses de cafés et les grandes avenues. Comme tous les ans à cette période, Paris est vide. Mais cette fois-ci, ce ne sont pas les congés d’été et le soleil qui ont incité les Parisiens à quitter la capitale. Depuis cinq mois déjà, nous sommes en confinement chez nous dans le but de ralentir la pandémie de coronavirus.

Mais comment comment ai-je fait pour rester enfermée chez moi aussi longtemps ? Comment ai-je fait pour ne pas devenir folle et rester positive malgré l’arrêt de la plupart de mes activités ? Et bien figurez-vous qu’on dit souvent que les crises sont à l’origine de changement. Je pense qu’ici, le coronavirus est catalyseur de réformes. Que ce soit à l’échelle individuelle ou mondiale, cette crise sanitaire a changé la vie de tout le monde.

Depuis le 17 Mars, je suis enfermée chez moi. Comme pour la plupart des français, je n’ai d’autre choix que de me mettre au télétravail. En effet, seuls les métiers qui nécessitent un déplacement sont épargnés du travail à distance. Pour nous, les autres, les vidéoconférences et appels téléphoniques sont devenus indispensables. Je fais même partie de ces Parisiens qui se sont finalement rendu compte des avantages du travail à distance. Habituellement contrainte de prendre l’avion pour me rendre à l’autre bout de la France pour une réunion d’une demie heure, les visioconférences se sont révélées être une révolution ! En plus de gagner énormément de temps, je ne pollue plus pour le moindre meeting.

En dehors du travail, les seuls contacts que j’ai avec le monde extérieur sont au supermarché. Ma façon de faire les courses elle aussi a bien changé depuis le début du confinement. Avant, au rayon fruits et légumes du supermarché on trouvait des pamplemousses de Chine et des courgettes du Mexique. Depuis, le gouvernement a fermé les frontières et les rayons sont remplis de produits de provenance française ! Les supermarchés n’ont d’autre choix que de privilégier l’économie locale. On sollicite de plus en plus les petits agriculteurs de région !

Maintenant je fais de plus en plus attention, en achetant mes produits frais et locaux, je sais que je contribue à l’économie locale et limite les déplacements inutiles. J’ai même de plus en plus envie de me tourner vers les produits éco-responsables ! Et je ne suis pas la seule. Bon nombre de mes amis m’ont fait part de leur intérêt pour les produits bio pendant nos apéros houseparty.

Les apéros houseparty, facetime, messenger et zoom sont mes principaux moyens de communication avec mes amis et ma famille. Le samedi qui était auparavant réservé à mes soirées dans les bars avec mes amis est maintenant dédié à mon canapé, mais toujours avec mes amis ! Avec les vidéoconférences, mes virées en bar se font en jogging, démaquillée et pas coiffée. Le confinement et les réseaux sociaux m’ont permis de prendre des nouvelles de mes amis plus régulièrement. J’ai également retrouvé des personnes dont je n’avais pas pris de nouvelles depuis bien longtemps. Même si je ne sors pas, ces soirées virtuelles me font prendre l’air. Je peux voir de nouvelles personnes, de quoi prendre des vacances de mes collocs !

Accoudée à ma fenêtre, je passe la majorité de mon temps à regarder les oiseaux voler autour Sacré-Coeur. Cliché, n’est-ce pas ? J’ai vu Montmartre pour la première fois depuis ma fenêtre il y a deux mois alors que je vis ici depuis de six ans. En effet, le confinement a vidé les routes de leurs voitures et ralenti l’activité des industries. Résultat, la pollution atmosphérique a chuté et les Parisiens comme moi redécouvrent les vues depuis leurs fenêtres !

En plus de nous offrir de magnifiques vues, la baisse de NO2 dans l’air fait des vacances à nos poumons. Les rares fois où j’ai tenté le footing, j’ai presque eu l’impression de respirer l’air frais de la campagne ! Plus sérieusement, le nombre de morts de maladies respiratoires dues à la pollution a fortement baissé dans le monde.

En cinq mois, je n’ai presque pas acheté de vêtements ou de babioles. Habituée à traîner dans les centres commerciaux et dans les rues pleines de boutiques de Paris, je faisais plus souvent mes achats par plaisir que par nécessité avant le confinement. Une fois enfermée chez moi, j’ai décidé d’attendre la fin du confinement pour me faire plaisir avec de nouvelles tenues. Puis avec le temps, je me suis rendue compte que ces achats étaient complètement superficiels, j’ai même fait du tri dans mon placard ! De quoi faire des économies, faire un geste pour la planète et faire plaisir à Marie Kondo !

Quand je ne suis pas à ma fenêtre, je me retrouve souvent devant une bonne série comme Grey’s Anatomy. En tant que grande fan de la série, je pensais tout connaître sur le personnel médical. Mais c’est en ces temps de crise sanitaire que comme tous les français, j’ai réellement pris conscience de l’importance des métiers de santé. Je pense que nous avons tous appris la leçon : en dehors de ces periodes, le personnel de santé doit être beaucoup plus écouté !

Les métiers médicaux ne sont pas les seuls métiers sous-estimés : je pense aux caissiers qui travaillent dur, en partie parce que certains d’entre nous ont peur de manquer de papier toilette ou de coquillettes. Les éboueurs eux aussi sont là pour maintenir nos rues propres, même si elles sont vides. Les livreurs qui s’efforcent de nous apporter tout ce que nous ne pouvons pas nous procurer nous-mêmes, les chauffeurs de transports en commun, les pharmaciens, les agriculteurs et j’en passe. Bref, tous ces métiers du quotidien bien trop négligés en temps normal qui devraient être plus pris en considération !

Prendre du temps pour soi, trouver de nouvelles occupations, changer son regard sur les choses et prendre des nouvelles de ses proches… Rester chez soi ne semble peut-être pas très fun au premier abord mais comme quoi, on peut toujours en tirer du positif ! Sans cet optimisme, je crois que les Parisiens seraient tous devenus fous en à peine 2 mois. En pleine crise sanitaire, il est important de rester chez soi et nous n’avons pas d’autres choix que de voir le bon côté des choses. De quoi en tirer une bonne leçon pour les onze mois de confinement restants…

No Comments Yet

Leave a Reply

Your email address will not be published.