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Le bien vieillir selon Alain Monteux (Tunstall) : valeurs humaines et technologie

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Le bien vieillir selon Alain Monteux (Tunstall) : valeurs humaines et technologie

Pendant la pandémie, le monde a continué de tourner et les problèmes hors Covid ont continué eux aussi. Parmi eux, le vieillissement accéléré de la population française, auquel la proposition de loi « Grand Âge et Autonomie » tente de répondre. Déposée à l’Assemblée Nationale le 15 juin dernier, cette proposition de loi veut prolonger le maintien des seniors à domicile. Pour ce faire, elle s’appuie sur l’ensemble des acteurs de la silver économie. Parmi ces derniers, citons la société Tunstall, spécialisée dans la santé connectée. Dans un entretien exclusif, le président de la filiale France Benelux, Alain Monteux, a détaillé sa vision du bien vieillir fondée à la fois sur les valeurs humaines et la technologie.

Créée en 1988 par Michel Surchaut au Creusot, Vitaris était au départ une société spécialisée dans la téléassistance. Ce dernier avait alors déjà compris l’importance des enjeux du vieillissement dont il est tant question à l’heure actuelle. Vitaris a par la suite été absorbée en 2018 par une société anglaise, Tunstall, spécialisée dans les solutions de santé connectée depuis plus de 60 ans. Aujourd’hui, Tunstall est leader en France, avec 30 % de parts de marché.

Le bien vieillir selon Alain Monteux (Tunstall) : valeurs humaines et technologie
Alain Monteux – (c) Tunstall

La silver économie : nouveaux défis, nouvelles approches

La silver économie est centrée autour des personnes âgées, caractérisées par leurs « cheveux argentés ». Elle recouvre les spécialistes du maintien à domicile, mais aussi les Ehpad et les résidences pour seniors. Plus généralement, elle désigne tous les acteurs proposant des solutions au vieillissement de la population. Selon Alain, « la silver économie englobe aussi bien les entreprises privées comme la nôtre que les collectivités territoriales, particulièrement les départements, très engagés dans le bien vieillir ». La silver économie pèse déjà plus de 130 milliards d’euros, chiffre appelé à croître. En effet, selon Bercy, « les 60 ans et plus devraient représenter 20 millions de personnes en France d’ici 2030 [soit un Français sur trois], contre 15 millions à l’heure actuelle ».

Pour répondre aux besoins de cette population, le gouvernement a choisi de favoriser le maintien au domicile aussi longtemps que possible, en phase avec les enquêtes selon lesquelles 85 % à 95 % des personnes souhaiteraient vieillir chez elles.

Tunstall : la santé connectée à dimension humaine

Tunstall présente un profil équilibré entre la tech, d’une part, et une approche mêlant préoccupations sociales et de santé, d’autre part. Selon Alain, « par rapport aux Gafa qui investissent le secteur, nous mettons en avant notre dimension humaine. Par exemple, lors de l’installation de nos solutions au domicile des personnes, nous en profitons pour les former et les familiariser sur place. Nous avons également une centrale d’écoute et d’assistance 24h/24, 7j/7, située au Creusot. Depuis là, nos équipes répondent aux questions et aux interrogations de nos bénéficiaires ».

Simple téléassistant au départ, Tunstall inclut toujours plus de prestations santé dans les services qu’elle propose. Comme Alain l’explique, « à mesure que vous vieillissez, le nombre de vos indicateurs santé se multiplie. Ne serait-ce que pour suivre la prise de médicaments, comme dans le cas des personnes diabétiques. Nous estimons que nous devons être en mesure d’accéder à certaines données concernant la santé de nos bénéficiaires, ne serait-ce que pour faire le lien avec les services d’urgence s’ils doivent intervenir. Nous devons ainsi être en mesure de les renseigner s’ils nous posent des questions sur les antécédents pathologiques de la personne. Or, en tant que simple téléassistant, la loi nous interdit d’accéder, de conserver ou de communiquer ce type d’informations. C’est la raison pour laquelle nous sommes en train de migrer les informations de santé concernant nos bénéficiaires vers des hébergeurs agréés par les autorités ».

Le bien vieillir selon Alain Monteux (Tunstall) : valeurs humaines et technologie
La santé connectée – (c) elenabs – iStock

La collecte de données : concrètement, comment ça marche ?

Tunstall a recours à des outils de base, comme les montres connectées capables de mesurer le nombre de pas, la tension ou encore les rythmes du sommeil. Parmi les accessoires connectés, Alain a également cité des lunettes munies de capteurs, destinées à signaler les chutes. De plus, Tunstall propose l’installation de détecteurs de présence dans chaque pièce. Ces derniers permettent de connaître la vitesse de déplacement, l’heure du lever ou encore le temps passé par le bénéficiaire dans sa cuisine. Tunstall peut également monitorer à distance la consommation d’eau grâce aux compteurs connectés. Enfin, dans certains cas, le logement peut être équipé de caméras.

De plus en plus, Tunstall a recours à l’intelligence artificielle pour « mettre en œuvre ce que nous appelons le cognitive care. Le soin prédictif ou cognitif cherche à déterminer la probabilité de certains accidents, comme les chutes. Si le rythme de pas du bénéficiaire diminue, qu’il se lève plus tard, qu’il se lève trois fois par nuit depuis plusieurs jours, notre système nous alerte sur ces anomalies. À terme, nous souhaitons être en mesure de prédire une chute à 95 %, une semaine avant qu’elle n’arrive. Attention, prévient Alain, le cognitive care en est encore au stade de l’expérimentation. »

Dans le respect des personnes âgées

Bien entendu, toutes ces remontées d’information se font avec l’autorisation du bénéficiaire. Alain est très clair sur ce point : « il faut que le bénéficiaire soit d’accord et nous respectons toujours son libre arbitre. En expliquant clairement ce qu’on fait, à quoi ça sert et aussi en posant ce que l’on refuse de faire, nous parvenons à instaurer un climat de confiance ».

De plus, Tunstall s’arrange pour limiter les changements induits dans le mode de vie du bénéficiaire. Selon Alain, « nous faisons en sorte que les personnes puissent continuer de vivre chez elles sans changer leurs habitudes. Le seul changement, c’est le sentiment de sécurité et de sérénité désormais ressenti par le bénéficiaire et sa famille, qui se sent ainsi soulagée d’une grande responsabilité ». Avec raison : selon Alain, le maintien à domicile des personnes âgées est ainsi prolongé de quelques mois jusqu’à deux ans. Tout cela grâce à des abonnements démarrant à 25 € par mois, et pouvant aller jusqu’à 150 € pour une solution plus complète.

Tunstall et la solidarité

Au-delà des solutions purement technologiques, Tunstall n’hésite pas à impliquer les proches de la personne âgée : sa famille ou des aides à domicile. « Mettons que notre système nous signale un incident au domicile de l’un de nos bénéficiaires. Avant d’envoyer les pompiers, nous procédons souvent à ce qu’on appelle une ‘levée de doute’. Nous allons ainsi demander au réseau de solidarité de la personne (recensé lors de la souscription initiale) si quelqu’un pourrait se déplacer à son domicile pour voir ce qu’il en est. C’est important pour ne pas faire se déplacer les services de secours pour rien. Dans certains cas, pour les bénéficiaires n’ayant personne dans leur réseau de solidarité, nous pouvons mettre en place un réseau de solidarité professionnelle en désignant certains individus habilités à se déplacer au domicile de la personne et vérifier que tout va bien ».

En faisant ainsi le lien entre les proches de personnes âgées, Tunstall favorise le partage de l’information. « En ce sens, poursuit Alain, nous jouons vraiment le rôle d’intégrateur entre les différents acteurs de l’écosystème de la personne âgée ».

Le bien vieillir selon Alain Monteux (Tunstall) : valeurs humaines et technologie
(c) Ridofranz – iStock

Un personnel empathique

Tout cela, sans compter le sens du service et l’empathie déployés par les salariés de Tunstall. Alain se rappelle ainsi : « Quand j’ai démarré dans ce métier, je suis allé faire des installations pour comprendre comment les choses se déroulaient au domicile des personnes âgées. J’ai alors réalisé qu’il était nécessaire de se mettre à la place de ces dernières, en évitant de jargonner et de parler d’internet et de technologies. J’ai aussi compris qu’il ne fallait pas prendre de rendez-vous pendant la diffusion des Feux de l’amour ! »

Enfin, last but not least, Alain insiste sur l’état d’esprit des salariés de son entreprise. La plupart « ont une histoire personnelle qui entre en résonnance avec leur métier. Ils auraient voulu mettre nos solutions en place pour leur grand-mère, mais n’étaient pas au courant. Ou à l’inverse, ils ont mis en place de telles solutions pour leur grand-père et en ont été très contents. Nos équipes sont composées de gens impliqués et doués d’une forte empathie ». Le bien vieillir est donc une affaire d’hommes et de femmes, tout autant que de nouvelles technologies !

Et vous, comment faites-vous face au vieillissement de vos parents ? Faites-nous part de votre expérience dans la section des commentaires !

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