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Le Baby blues, qu’est-ce que ce mal qui touche une femme sur deux ?

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Le Baby blues, qu’est-ce que ce mal qui touche une femme sur deux ?

Le baby blues est un mal-être qui touche 50% des mères et pourtant ses symptômes et ses causes sont encore méconnues de nos jours. Souvent passé sous silence dans les familles, il existe des solutions pour mieux vivre cette phase. Le soutien affectif du père aura un rôle essentiel pour surmonter cette période difficile. 

La naissance de bébé peut être synonyme de joie et d’épanouissement. Mais en réalité, pour une femme sur deux, c’est aussi un grand passage à vide. En effet, après des mois d’attente et d’attention perpétuellement tournée vers la mère, l’arrivée du tout petit peut provoquer un sentiment de délaissement. Souvent bénin, le baby blues est aussi appelé le « syndrome du troisième jour » qui, comme son nom l’indique, apparaît trois jours après l’accouchement. Dans de rares cas, ce mal-être peut prendre des proportions plus inquiétantes qui nécessite une prise en charge psychologique. Pas de panique, il est tout à fait normal de ressentir ce mal-être et cela ne fait pas de vous une mauvaise mère. Monsieur sera là aussi pour vous épauler et trouver votre place dans cette nouvelle vie à trois. 

Baby blues, quésaco ? 

Un mal-être souvent tabou dans les familles, il touche pourtant de nombreuses femmes. Ce mal apparaît au troisième jour après l’accouchement et peut durer jusqu’à quinze jours avant de se résorber. Pour Ô Magazine, le docteur Sébastien Garnero, sexologue clinicien et psychothérapeute, nous éclaire sur les causes et les symptômes du baby blues. 

Docteur Sébastien Garnero : durant les différentes périodes de la grossesse, une symbiose s’installe progressivement entre la mère et son bébé. C’est une forme de cocon sécurisant à l’abri du monde extérieur qui s’est créé. La mère ayant le sentiment qu’elle et son bébé ne font qu’un. Au moment de la délivrance, et après l’accouchement, une césure nécessaire s’effectue durant cette épreuve initiatique de la vie pour donner naissance à un tout petit. L’accouchement a souvent été un moment éprouvant sur le plan physique, psychique et émotionnel pour la mère. Durant cette phase initiale post-accouchement, la mère va souvent éprouver une fatigue importante, une certaine fragilité, et ressentir un besoin de récupération intense – ceci étant parfaitement normal à la suite d’un accouchement.

Environ 50% des mères vont vivre cette brève période sous la forme d’un baby blues comme un grand « passage à vide ». Elles se sentent particulièrement vulnérables, extrêmement fragiles, et fatiguées avec des changements d’humeur importants et une hypersensibilité émotionnelle. Les principaux symptômes présentés sont essentiellement : pleurs soudains et crises émotionnelles, larmes, tristesse, dysphorie et labilité de l’humeur, irritabilité, hypersensibilité exacerbée, anxiété, difficultés de concentration, troubles du sommeil, de l’appétit…

Ces symptômes peuvent varier d’une femme à l’autre, en intensité et fréquence, même si le tableau clinique est relativement similaire. On peut noter que même si le baby blues n’apparaît pas chez toutes les mères, il n’est pas pathologique en soi. Mais correspond plus à une phase de transition/adaptation chez certaines mères dans leur nouveau rôle maternel. 

Comment s’explique le baby blues ? 

Il existe de nombreux facteurs qui expliquent qu’une femme puisse éprouver un baby blues. À travers des facteurs physiologiques, hormonaux ou psychologiques, la maman peut être davantage susceptible de traverser cette phase complexe.  

Dr SG : plusieurs facteurs vont parfois s’associer dans le baby blues. D’un point de vue somatique, et sur le plan hormonal, on assiste à une brusque chute de l’imprégnation hormonale notamment œstroprogestative . Cela pourrait expliquer une baisse du tonus général, une fatigue intense, et une baisse du moral avec comme conséquence un épuisement général physique et psychique.

De même, l’épreuve physique et psychique de l’accouchement génère en soi une fatigue très importante et un épuisement des ressources de la mère. Ces symptômes sont ressentis plus fortement dans la phase de trois à dix jours après l’accouchement. Sans compter les nuits qui suivent après la naissance, avec des réveils fréquents du nouveau-né qui entretiennent par phénomène d’accumulation, l’épuisement de la mère.

Des psychologiques propices au baby blues

Parmi les causes qui peuvent expliquer qu’une femme éprouve un baby blues, les facteurs psychologiques tiennent un rôle déterminant. 

Dr SG : sur le plan psychologique, la jeune mère a vécu certaines angoisses durant les différentes phases de la grossesse qui sont éprouvantes. Par exemple, la crainte de la fausse couche, parfois épreuve des échographies, examens médicaux, et crainte d’anormalité du fœtus, ou d’un risque potentiel durant la grossesse, menace d’un accouchement prématuré, césarienne…. 

De même, se préparer à devenir mère, et les différents remaniements psychiques que cela impliquent dans ce début de processus de « maternalité » se ressentent en fonction de son rapport à sa propre mère. De plus, son désir d’enfant, de son histoire singulière sont des facteurs qui peuvent jouer un rôle. Ainsi, après la naissance, on assiste chez certaines mères, notamment pour le premier enfant, à un retour de ces angoisses. Elles refont surface généralement durant les deux premières semaines après la naissance. Ces dernières ont été parfois refoulées. Elles sont associées au contre coup de craintes multiples. Des craintes autour de la grossesse, son bébé, le déroulement de l’accouchement. Également, sa difficulté à devenir ou se sentir mère, la peur de ne pas être à la hauteur sont des peurs éprouvées par la mère. 

La nostalgie de la grossesse 

Après l’accouchement, la jeune maman peut passer par une phase de deuil de la grossesse. C’est seulement après cette phase que pourra s’installer pleinement le lien entre la mère et son enfant. 

Dr SG : à l’arrivée du bébé, attendue avec impatience et bonheur, la mère traverse une phase de deuil de la grossesse. Comme une nostalgie de ce temps particulier de l’existence d’une femme. Également, la mère peut ressentir une forme de deuil de l’enfant mythique des premiers mois. Ensuite, une nostalgie de l’enfant imaginaire, rêvé, qu’elle fantasmait. Elle est alors confrontée à la suite de la naissance, à l’enfant réel qui a des besoins et les expriment.

Au décours de la naissance, le bébé réel va prendre la place de celui imaginé, rêvé. En règle générale, il faut quelques jours d’adaptation pour sortir de cette période. Celle où le fœtus passe de l’enfant désiré, imaginé à celui bien réel. Mais réaliser que son bébé est bien celui que l’on a et que l’on voulait. C’est bien à partir de cette phase d’acceptation que l’installation du lien mère-enfant va pouvoir se développer au travers du processus d’attachement affectif.

À lire également : Grossesse : Comment continuer une vie intime lorsque l’on est enceinte ? 

Les craintes et les doutes  

Après neuf mois où la mère était au centre de toutes les attentions, la transition après la naissance peut s’avérer complexe. De cette transition, une multitude de doutes et craintes peuvent émerger. 

Dr SG : les craintes et les doutes de la maman, après cette phase initiale, vont peu à peu disparaître au fil des expériences positives communes avec son bébé. En effet, être maman se construit dans cette interaction avec son bébé au travers d’un apprentissage. Au fil du temps, cet apprentissage se tissera dans un accordage affectif qui va s’affiner de plus en plus. Sur un autre plan, durant toute la grossesse, la future mère était l’objet de toutes les attentions. Grandement considérée par son entourage, son conjoint, corps médical, lui procurant le sentiment d’être comblée, pleine, en sécurité. Depuis la naissance, elle a l’impression qu’elle est livrée à elle-même. Ainsi, le bébé qui est devenu le centre de l’attention, ce qui, chez certaines mères, peut amener le sentiment d’être « délaissée ». Elle se sentira vidée physiquement et psychiquement. 

De plus, face à la dépendance absolue de son bébé par rapport aux soins et à l’allaitement, elle peut se sentir elle-même plus vulnérable. Elle peut se mettre à douter de ses capacités à comprendre, interpréter les appels de son bébé. Mais également d’y répondre efficacement. Ce qui peut parfois lui donner le sentiment de ne pas être « une bonne mère ». 

Cette phase de doute va dans la majorité des cas se résorber au contact du tout petit. Pouvant aller de quelques jours à une dizaine de jours. La plupart du temps, la phase intense est relativement brève, de quelques heures à 48h. Mais il existe une variabilité en fonction des femmes, où cette période peut se prolonger d’une semaine à une dizaine de jours. Cette période est souvent une transition.

Les répercussions du baby blues sur l’enfant et la mère 

Bonne nouvelle, il n’y aura aucune répercussion sur l’enfant après que sa maman ait traversé un baby blues. Le rôle du père sera alors essentiel pour aider la mère à construire le lien avec son enfant. 

Dr SG : pour le baby blues, aucune répercussion pour l’enfant ni la mère n’est à prévoir. En effet, du simple fait qu’il s’agit d’une période extrêmement brève, cela ne laissera aucun impact sur l’enfant. Les symptômes se résorbent le plus souvent spontanément en l’espace de quelques jours. L’entourage médical, la famille, et le rôle du père sont tout à fait essentiels. Afin que la mère puisse rapidement se rassurer et retrouver confiance et sérénité dans ses compétences maternelles. Pendant que la mère se rétablit de l’accouchement, le père occupe alors un rôle central de soutien, et d’étayage de la mère, dans un rôle de protection et de sécurisation psychique de la mère et du bébé.

Le baby blues peut retarder le processus de création du lien affectif entre la maman et son bébé. Néanmoins, cette période est brève et passagère, et grâce au soutien du père et de la sphère familiale, la maman retrouvera rapidement son instinct maternel.

Cet article a été écrit par Enola De Filippo et Madison Petit en collaboration avec le docteur Sébastien Garnero, sexologue clinicien et psychothérapeute.

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