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Le baby blues, quelles sont les complications ?

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Le baby blues, quelles sont les complications ?

Avec le baby blues, des complications et des symptômes plus inquiétants peuvent apparaître même s’ils sont relativement rares. On parle ici de dépression postnatale et de psychose du post-partum quand les symptômes du baby blues durent plus de quinze jours et s’intensifient. Dans ces situations, le papa a un rôle clé dans le rétablissement de la mère. En effet, il sera le pont affectif entre la mère et son bébé afin d’établir les liens dans la famille.

Le baby blues peut parfois entraîner des complications. La psychose du post-partum est une pathologie nécessitant une prise en charge hospitalière. Afin que la maman retrouve son équilibre. Par ailleurs, la dépression postnatale survient lors du deuxième ou troisième mois après la naissance du bébé. Il faut néanmoins rester vigilant face à cette dépression et consulter en cas de besoin. Le soutien familial est primordial durant cette période complexe afin que la mère se remette au mieux.

La dépression postnatale/post-partum

Dans de rares cas, si les symptômes perdurent plus de quinze jours, la maman peut éprouver une dépression postnatale. C’est une des complications du baby blues.

Docteur Sébastien Garnero : en revanche, si cette période perdure et s’intensifie au-delà de quinze jours, une certaine vigilance sera de rigueur. Ainsi, dans de rares cas, au baby blues peut succéder l’installation d’une véritable dépression maternelle. Cette dépression que l’on appelle la dépression postnatale ou du post-partum. Contrairement au baby blues, la dépression du postpartum s’étalent dans le temps. Avec des symptômes qui durent plus de deux semaines, ils sont souvent plus sévères et plus intenses. De plus, ces symptômes plus durables vont interférer dans le quotidien de la mère et de son enfant. Les principaux symptômes perçus par la mère sont : anxiété, tristesse, pleurs, dysphorie, irritabilité, manque d’énergie, baisse d’intérêt pour le bébé, pensées pessimistes, mélancoliques, troubles du sommeil, parfois troubles de l’alimentation, rumination, obsessions, sentiment d’inutilité, d’incompétence, inquiétude et angoisse permanente autour de la santé physique de son bébé. 

La plupart du temps, ce type de dépression du post-partum ne fait pas toujours suite à un baby blues. En revanche, elle apparaît aux alentours du deuxième ou troisième mois jusqu’au sixième mois après la naissance de l’enfant. Elle est plus rare que le baby blues. La dépression du post-partum touche environ 10% dans sa forme classique. Par ailleurs elle peut monter jusqu’à 20% quand on élargit à la forme légère à mineure.

La psychose du post-partum

La psychose du post-partum est une autre pathologie dont peut être atteinte une jeune maman après un accouchement. Une femme sur 1000 est touchée par cette pathologie et devra être hospitalisée dans une unité spécialisée. 

Dr SG : une autre pathologie puerpérale (qui suit la période de l’accouchement) plus grave peut survenir de façon extrêmement rare. Elle touche environ une femme sur 1000. C’est ce qu’on appelle la psychose puerpérale ou psychose du post-partum. Elle se caractérise par des symptômes particulièrement intenses et très sévères. Ces symptômes se manifestent soit directement à la suite de l’accouchement, soit dans le mois qui suit la naissance. 

Plusieurs phases se succèdent : phase d’extrême fatigue, phase de confusion mentale, phase de délire sur un versant paranoïde et/ou bipolaire le plus souvent. Il s’agit d’une pathologie psychiatrique nécessitant une prise en charge hospitalière pour éviter tout risque de décompensations plus importants. Afin de protéger la mère et l’enfant d’éventuels passage à l’acte dans une phase délirante ou hallucinatoire. Une hospitalisation dans une unité spécialisée mère-enfant est nécessaire et dure souvent d’un mois à plusieurs mois pour retrouver un état de stabilisation psychique. Bien souvent, on retrouve comme facteurs de cette psychose des signes de fragilité psychiques préexistants, des éléments douloureux, conflictuels lourds avec ses propres parents. Mais encore, une histoire familiale complexe, des facteurs de stress très importants durant la grossesse et lors de l’accouchement ou une difficulté de se positionner psychiquement en tant que mère.

À lire également : L’attitude d’une mère influe-t-elle sur le nourrisson pendant la grossesse ?

Le papa, pilier de la famille 

Lorsque la mère va mal, c’est au père de prendre la relève. Ce dernier a un rôle à jouer dans le rétablissement de la maman ainsi que dans la construction de la famille.  

Dr SG : pour ce qui concerne la dépression du post-partum, la mère est trop préoccupée par elle-même du fait de ses symptômes anxio-dépressifs. Tout l’enjeu sera de donc de rétablir des interactions positives et de qualité entre la mère et son bébé. Qu’elle puisse également prendre confiance en ses compétences à pouvoir se vivre comme une « bonne mère ». Un suivi psychologique mère-enfant sera important dans ce cas. De même, associer le père au suivi dans le cadre de consultations de « guidances parentales » assurées par un psychologue clinicien est indispensable pour assurer cette continuité. 

Pour le cas rarissime de la psychose puerpérale, il s’agira dans un premier temps d’assurer un suivi psychiatrique au sein d’une unité hospitalière spécialisée mère-enfant. Puis, après rétablissement, une continuité de soins psychiques dispensés en ambulatoire. Ce suivi doit être effectué par un psychiatre ou un psychologue clinicien spécialisé en psychopathologie. Mais il peut également être spécialisé dans le domaine de périnatalité. Cela sera une aide précieuse pour le couple et le tout petit dans cette phase de stabilisation de la famille.

Bien entendu les ressources familiales, l’entourage amical, et le suivi médical et psychologique représentent également des aides capitales. C’est également un soutien tout à fait important et facilitant dans le quotidien et l’installation du lien mère-enfant. L’écoute, le soutien du père, et des ressources familiales, les conseils des médecins obstétriciens et des sages-femmes vont permettre un rétablissement plus rapide et rassurer la mère dans ses fonctions maternelles et son nouveau rôle.

La naissance d’un bébé dans un couple est un moment clé dans la construction d’une famille. Dans la majorité des cas, cet événement est synonyme d’une grande joie et le début d’un chemin harmonieux vers le bonheur. Pour certaines femmes, la découverte de ce chemin sera plus longue. Le baby blues peut entraîner certaines complications. Mais il est tout à fait possible si elles ont le soutien du père, de la sphère familiale et du corps médical. Après le rétablissement, les jeunes mères seront enfin prêtes à créer ce lien si spécial avec leur tout petit. 

Cet article a été écrit par Madison Petit et Enola De Filippo, en collaboration avec le Dr Sébastien Garnero, sexologue clinicien et psychothérapeute.

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