fbpx

La bibliothèque fantôme de Wafaa Bilal

“In any culture the dispossessed and powerless will turn to religion and legend, because what else do they have to believe in? They need these stories of heroism and superhuman saviors to give them hope.” Wafaa Bilal, Shoot an Iraqi: Art, Life and Resistance Under the Gun.

 

Les relations américano-irakiennes, entre état de guerre, occupation et lutte contre le terrorisme auront causé bien des souffrances. Mai 2003, seulement quelques mois après le début de la guerre, la Bibliothèque nationale de Bagdad est incendiée, détruisant plus de 70 000 livres et manuscrits. Un drame que l’artiste Wafaa Bilal, né en Irak et citoyen américain, exploite dans sa dernière œuvre « 168 :01 »
A la fois artiste et assistant professeur d’art à New York University’s Tisch School of the Arts, son travail, engagé et innovant, ne laisse pas indifférent. Bilal n’a de cesse, dans l’ensemble de son œuvre, d’alerter le grand publique sur la nécessité d’une issue pacifique au conflit Irakien. Au travers d’œuvres virtuelles et de performances telles que Domestic tension, il pointe du doigt les dommages humains et matériels dont souffre I ‘Irak et se fait le témoin, en tant que citoyen des deux parties, de l’impossibilité d’aboutir à quelque forme de victoire.

168:01 est une installation exposée du 14 Juillet au 19 Aout 2018 au musée Aga Khan, Toronto, Canada. Dans une longue pièce, le visiteur se trouve nez à nez avec une bibliothèque aux livres blancs, vide et austère, à l’image de la bibliothèque du Collège of Fine Art, détruite il y 15 ans. Wafaa Bilal nous invite également à faire des dons pour aider à la reconstruction de la bibliothèque et à envoyer des livres qui seront envoyés à Bagdad à la fin de l’exposition.

Si la résurrection de la bibliothèque semble relever davantage d’une démarche sociale et associative, l’exposition – à la symbolique forte-  est, elle, indiscutablement artistique.
Les livres, aux couvertures et aux pages blanches, privés de leur fonction, soulignent poétiquement la tragique perte occasionnée par l’incendie. La bibliothèque fantôme est ainsi vide de mots mais lourde de sens.
Wafaa Bilal, dans une interview pour Canvas en Juin 2017, à propos de 168:01,

« Books are windows on the war (…) and I want these windows to remain open for the students in Bagdad. »

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.