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Jean-Jacques Bourdin écarté « temporairement » des antennes après une accusation d’agression sexuelle

Une ancienne collaboratrice a déposé plainte contre le journaliste phare de la chaîne BFM/RMC, le 11 janvier au commissariat du XVIe arrondissement de Paris pour agression sexuelle. La direction de la chaine avait décidé de le maintenir à l’antenne mais elle a finalement changé d’avis.

Le groupe Altice, propriétaire de BFMTV/RMC, a annoncé dimanche 23 janvier dans un communiqué de presse, que leur journaliste phare Jean-Jacques Bourdin se retirait de l’antenne « à la demande de la direction ». Cette décision fait suite à l’ouverture d’une enquête pour agression sexuelle. L’information relatée par Le Parisien a été confirmée le 16 janvier. Le groupe Altice Media, a également confirmé que son journaliste vedette Jean-Jacques Bourdin est visé par une enquête pour agression sexuelle. La direction affirme que son retrait est temporaire. Décision justifiée par le fait de vouloir maintenir le « fonctionnement quotidien de BFM et RMC ». Mais également « pour éviter les instrumentalisations politiques et médiatiques de cette affaire ».

Bruce Toussaint remplace donc Jean-Jacques Bourdin dans l’émission « France dans les yeux » et Apolline de Malherbe reprend l’interview politique du matin sur BFM/RMC. Le journaliste a réagi à cette mise à l’écart, regrettant une décision « unilatérale » de sa hiérarchie. Il conteste toujours les déclarations de la plaignante.

La réaction de Valérie Pécresse sur le plateau de BFMTV

Par « instrumentalisations politiques », la direction fait probablement référence aux propos de la candidate LR Valérie Pécresse tenus sur leur plateau mardi dernier. En effet, Jean-Jacques Bourdin débutait une nouvelle émission politique en prime time appelée “La France dans les yeux”. Mardi 18 janvier, il recevait comme première invitée la candidate Valérie Pécresse (LR). Au début de l’émission, la candidate LR a souhaité réagir sur l’accusation dont fait l’objet le journaliste. « La loi du silence c’est fini. Pour que la parole se libère, il faut que les femmes se sentent soutenues. Et avec moi elles le seront » a-t-elle déclaré sur le plateau de BFMTV.

“Je ne suis plus une jeune journaliste effrayée de perdre son poste”

 La plaignante est une ancienne journaliste des chaînes BFMTV et RMC. Elle raconte aux journalistes du Parisien et au commissariat, que les faits remontent en 2013. D’après elle, les relations avec Jean-Jacques Bourdin étaient déjà conflictuelles et compliquées. La journaliste, âgée de 25 ans à l’époque, se rend à un concours de pétanque à Calvi en Haute Corse. Elle hésitait par ailleurs à faire ce déplacement puisqu’elle savait que le journaliste de 64 ans à l’époque s’y rendrait aussi.

Alors qu’elle se rendait à la piscine de l’hôtel pour se baigner, elle affirme que Jean-Jacques Bourdin l’aurait rejointe. L’intervieweur aurait tenté à plusieurs reprises de l’embrasser de force. Ce dernier l’aurait même “saisi par le cou” et tenté de l’agresser. Elle affirme alors s’être débattue avant de sortir de la piscine. À la suite de cet événement, elle déclare avoir reçu de sa part “pendant plusieurs mois des mails et des messages insistants”. Elle témoigne près de dix ans après les faits. Par ailleurs, ils sont peut-être prescrits. Cependant, la journaliste ne veut plus se taire même si elle souhaite garder l’anonymat. « Je ne suis plus une journaliste effrayée de perdre son poste. Je savais que je n’avais pas à subir ce que j’ai subi » a-t-elle déclaré au quotidien.

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Le chroniqueur conteste les faits

Le chroniqueur de BFMTV nie les faits. En effet, il reconnait s’être baigné dans la piscine avec cette ancienne collaboratrice. Cependant, il réfute toute accusation de tentative d’agression sexuelle. Le journal affirme également avoir peut-être d’autres témoignages similaires en sa possession. Le groupe Altice Media annonce diligenter une enquête interne pour vérifier si des collaborateurs avaient connaissance des faits. Le directeur général de BFMTV Marc-Olivier Fogiel décide au premier abord de maintenir son journaliste-star à l’antenne.

“Il n’y a rien qui empêche Jean-Jacques Bourdin de faire son travail. Une simple plainte ne justifie pas le fait de disqualifier quelqu’un” a-t-il affirmé dans les colonnes du Parisien. Cette décision a fait réagir la société des journalistes de BFMTV. En effet, la SDJ s’interroge sur la “pertinence” de maintenir Jean-Jacques Bourdin. Pour le syndicat, la crédibilité de la presse est une “priorité à 3 mois de l’élection présidentielle”. 

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