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James Tissot au Musée d’Orsay

James Tissot au Musée d'Orsay

C’est l’exposition événement de cet été et de la rentrée ! En effet, le Musée d’Orsay a rouvert ses portes en nous proposant une rétrospective de ce maître touche-à-tout. On vous dit tout sur James Tissot au Musée d’Orsay et pourquoi aller la voir.

James Tissot, l’ambigu moderne

James Tissot naît en 1836 à Nantes. De ses parents, tenant un magasin de textile, il gardera un goût certain pour la mode et le sens du commerce. De la ville, l’amour des bateaux. C’est à vingt ans qu’il débarque à Paris. Là, il étudie aux Beaux-Arts, fréquente Degas et est copiste au Louvre. Le succès lui sourit rapidement et il expose, peu de temps plus tard, au Salon, se faisant une place de choix chez les marchands d’art.

Très rapidement, James Tissot se détourne de l’enseignement de l’art classique. Après un voyage à Milan, Florence et Venise, il s’inspire des maîtres italiens comme Bellini ou Carpaccio. Il visita, quelques années auparavant, les Flandres. Ainsi, ses inspirations sont multiples et diversifiées. Elles rendent sa peinture unique et référencées.

James Tissot au Musée d'Orsay.
Le départ de l’enfant prodigue, 1863

Tissot, c’est aussi l’Angleterre. En effet, il quitte la France pour Londres après la Commune en 1871. Il y restera onze ans. Sa maison avec jardin et serre seront des sujets importants pour le peintre. Là, il expose dans de nombreux salons puis petit à petit, connaît un déclin de popularité. Cependant, en 1874, il refuse la proposition de Degas : il ne sera pas un peintre impressionniste.

Les dernières décennies de sa vie sont consacrées à l’art religieux. Effectivement, James Tissot dit avoir une vision de Jésus et de sa maîtresse, décédée quelques temps auparavant. Il effectuera trois voyages au Moyen-Orient, notamment à Jérusalem. Il réalise plusieurs centaines d’illustrations pour le livre La vie de Notre Seigneur Jésus-Christ. Le volume sera d’ailleurs largement acclamé lors de sa sortie.

James Tissot au Musée d'Orsay.
L’Arche de l’Alliance traverse le Jourdain ©The Jewish Museum

Après une vie riche et un art sans cesse renouvelé, James Tissot s’éteint en 1902. Il laisse derrière lui des œuvres singulières, tour à tour inspirée du Moyen-Âge, des arts de la Chine ou du Japon, de la peinture anglaise à la peinture flamande. Il dessina ainsi les contours de la modernité picturale en ambigu moderne.

Pourquoi aller voir l’exposition James Tissot au musée d’Orsay ?

Nous avons tous déjà vu un tableau de James Tissot. Ils se dévoilent parfois lors d’expositions thématiques ou dans les collections permanentes des musées. Mais voilà plus de trente-cinq ans que son œuvre n’avait pas fait l’objet d’une telle rétrospective. Une chance à saisir au Musée d’Orsay.

Pourtant, on ne connait pas James Tissot. Qui est-il ? Que fit-il ? Peintre de son époque, il nous livre une interprétation poétique et pointilleuse de ce XIXème en mouvement. Portraitiste hors pair, il sait mêler les références classiques du genre tout en y injectant des détails modernes et contemporains. Presque photographique, James Tissot allie la précision du geste et un coup  de pinceau onirique. Le portrait est en vie comme celui qui posa.

James Tissot au Musée d'Orsay.
La demoiselle d’honneur, 1883-1885

On plonge dans les intérieurs de l’époque. Les murs sont tapissés de fleur, clairs, agréables. Ou alors les plus sombres accueillent un amoncellement de tableaux en tout genre. On devine l’art de vivre de cette deuxième partie du siècle. Le visiteur se faufile dans les salles de spectacle, de bal et tout à coup, côtoie cette haute société, l’espace d’un tableau. Le spectateur est un véritable personnage du tableau, acteur de la scène qui se joue.

James Tissot au Musée d'Orsay
Jeune femme en blanc dans le vestibule de ma maison de Paris, 1869

On pourrait, en regardant ses œuvres, exposées pour l’exposition au Musée d’Orsay, inventer des histoires. Comment ne pas se laisser convaincre par leur poésie romanesque ? Un tableau de Tissot est un savant contraste laissé au spectateur. Nous nous trouvons entre la contemplation émouvante et la liberté laissée à l’esprit imaginatif. Il est aisé de se projeter entre les personnages qui les compose, d’entendre les bruits des salons, de la nature, des enfants qui jouent… On lit en eux l’esquisse suggérée par le peintre puis les émotions poursuivent la trame de ce récit.

Remarquez d’ailleurs que les jeux de séduction sont nombreux et que tous ne se font pas au premier plan, ou sont suggérés… Chez Tissot, tout n’est qu’équilibre. Ainsi amour et drame se rejoignent sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. On se fascine pour ces peintures que l’on ne peut pas vraiment raconter sans faire appel à son imagination et à ses propres émotions.

James Tissot au Musée d'Orsay.
Holiday, 1876

Un peintre de la mode

Tissot est un maître du vêtement. En vous penchant un peu, vous pourrez admirer la finesse et le soin apportés aux toilettes. En effet, un liseré noir souligne une peau d’albâtre, une dentelle allonge la silhouette, un col ou des manches la renforce. Il nous livre alors une revue complète sur la mode du XIXème. Les couleurs pastel épousent volontiers le blanc et le bleu ou le noir. Et puis, il y a ce rouge, en touche, qui s’infiltre un peu partout. Une couleur récurrente qui confère au tableau une puissance attractive.

De la fin de la crinoline au triomphe de la tournure, c’est un panel d’Histoire de mode qui se déroule devant nous. Boléro, inspiré par l’impératrice Eugénie, froufrou et rubans en cascade des années 1870, jupons qui dévoilent une cheville, broderies en relief, jeux de textures, de drapés et de transparence, le peintre porte donc une grande importance au vêtement. Le musée d’Orsay propose alors une traversée dans le temps.

James Tissot au Musée d'Orsay.
Too early, 1871

Très réaliste, Tissot introduit des éléments récurrents de la toilette féminine. Le gant par exemple, légèrement retiré, ou déboutonné, symbole de féminité et de volupté. Les épaules dénudées, les cous offerts sont légions. Ainsi, le corps de la femme se dessine : un buste corseté, long, dont on devine parfois les courbes, la peau, et la concentration du volume en bas du dos. La silhouette d’un siècle qui ne va cesser d’évoluer.

James Tissot au Musée d'Orsay.
Les deux soeurs : portrait, 1863

Les hommes ne sont pas en reste. Car Tissot les représentent élégants, singuliers dans leur apparente homogénéité. Tout n’est alors que détail : une chaussure à boutons, de fines rayures à peine visible, une veste bien fermée, une autre qui laisse voir le veston, le col de la chemine arrondi ou pas, un chapeau haut de forme, une canne… Une virilité toute en subtilité et en retenue. Et une présentation novatrice de l’homme qui n’est plus qu’un soldat surpuissant qui s’en va en guerre.

James Tissot au Musée d'Orsay.
Le cercle de la rue Royale, 1866

N’hésitez donc pas à vous rendre à l’exposition James Tissot au Musée d’Orsay. Elle se tiendra du 23 juin jusqu’au 13 septembre 2020, sur réservation.

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