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Inde : les femmes en hijab de plus en plus menacées !

Inde

Dans le sud de l’Inde, des étudiantes musulmanes font face à une montée extrême de l’islamophobie en raison de leur hijab. Ces étudiantes indiennes se retrouvent privées de cours à la suite d’une décision soudaine prise par leurs établissements.

Dans l’état du Karnataka, les chefs d’établissements ont reçu l’ordre d’interdire aux étudiantes musulmanes de porter le hijab dans les salles de classe. Les élèves ont été informées qu’ils ne seraient autorisées à entrer dans la salle de classe qu’après avoir enlevé leur voile. Cette décision de justice s’est alors suivie d’importants affrontements entre musulmans et hindous.

Des étudiantes musulmanes traumatisées

Depuis le mois de janvier, les étudiantes portant le voile sont déchirées entre leur foi et leur études. Face à cette décision arbitraire, des étudiantes ont saisi la cour d’appel régionale pour faire appel. Chaque matin, les directeurs et surveillants des établissements scolaires se posent à l’entrée pour demander aux jeunes musulmanes d’enlever leur voile.

« On nous a dit : si vous voulez étudier, vous devez enlever votre hijab et vous entrerez en classe. Nous avons refusé. Pourquoi est-ce qu’ils changent soudainement les règles ? Est-ce normal, alors que nous avons nos examens la semaine prochaine ?  »

Témoignage d’une étudiante voilée de 17 ans dans la ville Udupi

En janvier, six étudiantes musulmanes de la pré-université D’Udupi n’ont pas pu assister aux cours. Depuis, plusieurs établissements ont adopté la même mesure. Le 4 février, neuf des mille étudiantes musulmanes du Dr BB Hegde College se sont vu refuser l’accès à l’établissement.

Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Muskan Khan est poursuivie par une foule d’hommes hindous. Le groupe tente ensuite de lui barrer l’entrée du PES Degree College à Mandya où elle étudie. Ils scandent “Gloire au seigneur Rama”. L’étudiante musulmane leur réplique en criant à son tour, « Allah est le plus grand ». Le courage de cette jeune fille a fait le tour du monde.

L’étudiante de 19 ans a, par la suite, exprimé son incompréhension, dans une interview accordée à la BBC Afrique :

« Je n’ai aucun problème avec ce qu’ils portent, eux.” Elle ajoute : “Tout ce que je veux, c’est défendre mes droits et mon éducation. »

Muskan Khan, BBC Afrique

L’Inde face à la montée du nationalisme hindou

Ce contexte de violence envers la communauté musulmane en Inde n’est pas nouveau. En effet, depuis la prise de pouvoir du parti nationaliste BJP en 2014, les minorités en Inde font face à une montée terrifiante de la violence. Récemment, ce sont les musulmans indiens qui subissent les conséquences de l’Hindutva, une idéologie suprémaciste hindoue.

L’Hindutva consiste à « hindouiser » la société indienne et ainsi faire de l’Inde une nation exclusivement hindoue. Dans cette optique, toute minorité ne prêtant pas allégeance au dieu Ram, en l’occurence les musulmans, chrétiens, athées… se retrouve en danger.

D’autre part, il faut savoir que ces violences ont été déclenchées par une politique discriminatoire. Le 11 décembre 2019, le Parlement indien adopte une loi controversée à l’encontre des musulmans. Cette loi sur la nationalité vient remplacer une précédente loi de 1995. Désormais, les réfugiés arrivés avant 2014, et ayant fui pour des raisons religieuses peuvent demander la nationalité indienne.

En revanche, seuls les hindous, sikhs, jains, bouddhistes, parsis sont en mesure d’être régularisés. Les musulmans se retrouvent donc exclus de la société et traités comme citoyens de seconde zone. Dès lors, un vaste mouvement de contestation s’est développé dans le pays, pour protester contre cette loi discriminatoire. Des groupes nationalistes hindous se sont regroupés en mob pour s’en prendre à la communauté musulmane et détruire les mosquées.

Malgré les critiques, la loi est toujours en vigueur. L’Inde est connue pour être la plus grande démocratie du monde. Et contrairement à la France, les signes ostentatoires comme le hijab, la croix chrétienne ou le turban sikh ont toujours été autorisés à l’école.

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