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Gina : la marque qui lève le tabou des règles

Gina : la marque qui lève le tabou des règles

Nous le savons toutes, les règles restent un véritable tabou en société. Parler de ses menstruations librement, ce n’est pas encore gagné. Néanmoins, des marques s’investissent tous les jours afin de déconstruire les préjugés autour des règles. Gina, une jeune marque pleine d’énergie, a pour ambition d’enfin changer les règles du jeu et briser les tabous qui continuent de peser sur les femmes. Rencontre avec sa fondatrice, Ondine Beccaria.

Gina : quand les femmes (re)prennent le pouvoir

Ondine Beccaria : fondatrice de la marque Gina

Avant tout, je t’invite à te présenter en quelques mots !

Ondine Beccaria : Je suis la co-fondatrice avec Inès Guiony de Gina : une marque qui livre des serviettes et des tampons bio directement chez ses abonnées. C’est une marque qui a été créée au sein de MyLittleParis. Cela me donne donc plutôt un statut de co-entrepreneuse, co-créatrice.

Comment a commencé l’aventure Gina ?

O.B : Je suis arrivée chez MyLittleParis vers Juillet 2017. J’avais vraiment la volonté de créer avec ses fondatrices une nouvelle box, à destination des femmes. Je commençais vraiment à avoir une consommation plus responsable, Yukka venait de sortir à l’époque. Ensuite, j’avais vu passé le fameux scandale autour des tampons. J’ai donc commencé à en parler aux fondatrices de MyLittleParis. Avec Inès, on s’est dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire, un réel besoin, donc on s’est lancées.

Dès qu’on a commencé à parler de sujets autour du corps des femmes et des règles sur les divers médias de MyLittleParis, on a senti un vrai engouement, beaucoup de questions. En fait, le point de départ a été un questionnaire, qui a eu plus de 30 000 répondantes. Ce fut assez impressionnant, surtout qu’on a posé des questions assez précises, sur leur rapport au corps, aux règles. C’était assez intime mais les réponses ont vraiment afflué. Et les réponses ont été essentielles pour le développement de Gina.

Une femme sur deux considérait que les règles, moins on en parlait, mieux c’était. Il y en avait beaucoup pour qui c’était un sujet sur lequel elles voulaient davantage s’y connaître. C’est donc vraiment partant de cela qu’on a décidé de creuser le sujet tampon, qui était pour nous ultra lié à la composition des produits en eux-mêmes. En creusant, on s’est rendues compte qu’aucune loi n’existait pour obliger les fournisseurs à indiquer leurs composants sur les boîtes. En fait, il y avait tout un manque d’informations au niveau consommateur qui était directement lié à ce tabou. C’est donc vraiment partant de cette vague de “consommer mieux” et de cette découverte auprès des femmes qu’on a interrogées qu’est venue l’idée de Gina.

Quelle est la mission de Gina ?

O.B : On a voulu apporter une réponse double. Une réponse produit dans un premier temps, en livrant dans un format box des tampons et des serviettes bio certifiés Écocert. Ensuite, c’est une réponse “contenu” qu’on a voulu apportée pour justement palier à ce manque de connaissances autour des règles et des femmes. On crée donc beaucoup de contenu, notamment via notre blog qui s’appelle Vagipédia, où on recense de nombreux articles répondant directement aux questions de nos abonnées. Toutes nos informations sont d’ailleurs vérifiées par notre gynécologue partenaire. On a donc vraiment cette volonté d’informer et d’aller au-delà des tabous.

Pour contrer ce manque d’informations, on a également créé des évènements, des pop-up stores où l’on a proposé les fameux cours de SVT sur l’éducation sexuelle qu’on a tous fait au collège. On a également créé un “kit premières règles”, dans lequel il y a un livret de 44 pages qui explique véritablement aux jeunes filles ce qu’il se passe pendant les règles, la douleur… tout co-écrit évidemment avec une gynécologue.

Pourquoi Gina, qu’est-ce que ce nom signifie ?

Gina - la signification du nom de la marque

O.B : Pour être honnête, on aimait surtout le côté rapide et la consonance de “Gina”. On voyait plus Gina comme un prénom. On voulait que Gina devienne la meilleure amie à qui on peut poser toutes les questions, sans gêne. Qui va nous répondre, et qui va nous conseiller des bons produits. On a donc vraiment eu cette volonté de personnifier la marque. Créer cette proximité pour que Gina devienne une marque en qui l’on peut avoir confiance, un échange sans tabou et avec beaucoup de bienveillance.

Quels sont le concept et les valeurs de Gina ?

O.B : Notre principale mission est de déconstruire le tabou des règles avec cette double réponse apportée, à travers les produits et le contenu. Aujourd’hui, nos clientes peuvent directement aller sur notre site, choisir de recevoir les produits qu’elles souhaitent, s’abonner et même recevoir des produits à l’unité grâce à notre nouveau Eshop sur notre site.

La qualité de nos produits est une vraie garantie pour nos clientes. Tout est bio et entièrement certifié par Ecocert. Cette certification vérifie toute notre chaîne de production, notre éthique, et même la collecte de coton. De fait, nos produits sont rigoureusement contrôlés pour apporter un maximum de confort à nos abonnées.

Ensuite, Gina est également une marque solidaire. On reverse 1% de notre chiffre d’affaires à Règles Élémentaires, une association qui lutte contre la précarité menstruelle. Et enfin notre dernière grande valeur est celle de “l’anti-tabou”. Notre contenu informatif proposé au quotidien nous tient à cœur, on a vraiment cette idée de “plus on sait, plus on en parle, plus le tabou tombe”.

Des projets à venir pour GINA ?

O.B : On a un gros projet sur lequel on travaille depuis plusieurs mois, sur la base des retours de nos abonnées. On a lancé Gina il y a un an et demi avec 7 combinaisons de produits, sous forme de petits kits qu’on pouvait choisir. Ces combinaisons ont été créées sur la base des habitudes des consommatrices qu’on avait interrogées. Mais on s’est finalement rendues compte que chaque cycle était tellement différent et variable selon l’année, l’état dans lequel on était, qu’il fallait vraiment laisser une liberté totale. On est donc parties sur un système beaucoup plus flexible, avec le nouveau Eshop où chaque produit peut être choisi individuellement. Ensuite, notre autre volonté est de toucher le plus grand nombre. C’est pour cela qu’on est en discussion avec plusieurs retailers pour faire en sorte que Gina soit distribuée en physique un peu partout.


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Être une entrepreneuse au quotidien

Quels sont les points positifs d’être une entrepreneuse ? Les points négatifs ?

O.B : Le gros point positif c’est l’échange d’expérience. Avec les fondatrices de My Little Paris, on est dans un constant dialogue, on s’échange des idées, on s’épaule, on s’entraide, on s’inspire beaucoup de leur grande expérience business dans l’entrepreneuriat.

Le deuxième point positif qui en découle c’est que Gina fonctionne par conséquent comme dans un start-up studio via My Little Paris. Il y a plein de pôles : logistique, technique, communication etc. qui vont donc grandement bénéficier à Gina. Tous ces apprentissages nous aident à aller plus vite et plus loin, grâce au groupe My Little Paris.

Concernant les points négatifs, honnêtement je n’en trouve pas (rires) ! Chez My Little Paris, c’est très structuré et organisé, mais on possède tout de même énormément de liberté tout en étant épaulées et guidées, donc que demander de plus (rires) ?

Décris-nous une de tes journées types ?

O.B : Il y a plusieurs aspects au quotidien. En premier, on reçoit toujours tous les matins les chiffres de la veille. On les étudie, on les analyse. On va donc par exemple pouvoir voir combien de nouvelles consommatrices se sont inscrites, combien se sont désinscrites et voir les raisons de leur départ. Après, il y a également toute une partie communication sur les réseaux sociaux. Une fois par semaine, on va vérifier ensemble ce qu’on va planifier pour les jours à venir, ce qu’on va raconter sur la semaine.

Ensuite il y a également une partie où l’on va préparer les opérations qu’on lance le mois d’après. On va brainstormer sur des opérations possibles online et en physique, qui vont permettre de nourrir un des piliers de la marque, soit la diffusion d’informations. On réfléchit également à comment atteindre ces objectifs auprès des abonnées certes, mais également des gens qui ne nous connaissent pas encore. C’est vraiment du marketing pur, qui représente donc une grande partie de notre travail.

Gina : la marque qui lève le tabou des règles

Enfin, il y a toute la partie “pilotage du projet”. Donc tout ce qui est logistique : vérifier avec l’équipe logistique que tout est en ordre, faire des commandes auprès de notre fournisseur si jamais il y a des besoins. Du coup, en ce moment on gère également toutes les discussions avec nos futurs partenaires retail. On a également une présence dans de plus en plus de lieux de vie, de sport, notamment chez Dynamo à Paris. C’est très important pour nous d’aller au plus près de là où peuvent aller nos abonnées.

De la même manière, c’est donc aussi une autre partie gestion de ces clients, plus B to B. Ça touche ainsi au développement de la marque, comment se faire mieux connaître, faire vivre la marque auprès des abonnées. En fait il y a toujours cette gestion du “maintenant” et du “plus tard” pour ne pas être dans l’urgence !

Ta plus grande réussite ?

O.B : En vérité, il y en a eu plusieurs. Je suis assez fière de ce que nous avons réussi à faire avec le kit “premières règles”. C’est un produit qu’on a sorti en septembre dernier, et on y avait inséré un petit livret. Et maintenant, on reçoit énormément de messages tous les mois nous disant : “merci pour le livret, il est génial”, “merci d’apprendre à nos filles à vivre leurs règles différemment”. Donc c’est vraiment gratifiant de se dire que notre message féministe et solidaire porte et aide les femmes !

Pour la sortie de ce kit, on a également fait 28 jours d’évènements physiques au sein de notre pop-up store, et on a notamment organisé un cours de SVT pour papas et ados. Des ados entre 9 et 13 ans sont donc venus assister à un cours avec une gynécologue. C’était vraiment une super expérience.

Ma deuxième grande réussite c’est sûrement notre partenariat avec Sephora. On a été distribué en toute petite série en septembre dernier. Donc notre fierté c’est vraiment d’avoir mis les règles sur la table avec Sephora, dans un magasin où finalement on ne pense pas à trouver ce type de produits. Cette petite opération fut donc vraiment intéressante et formatrice. Et depuis, on essaie encore et toujours de rester à l’écoute de nos abonnées, des femmes en général et de garder une certaine humilité !

Ton plus bel échec et ce qu’il t’a appris ?

O.B : Honnêtement, il y en a eu plein ! Pendant l’évènement “premières règles” par exemple, qui fut tout de même un évènement incroyable, on sûrement eu un excès d’ambition. En fait, on a souhaité programmer l’évènement sur 28 jours avec 2 évènements par jour. On avait lancé ça en Juillet, mais Septembre est très vite arrivé. Finalement, on s’est rendu compte que notre communauté avait plutôt entre 30-40 ans, et n’avait pas spécialement encore des enfants, surtout ados. De fait, il fallait qu’on touche une cible nouvelle, et à cause de ça, il y a eu pas mal d’ateliers qui n’ont pas eu le succès escompté, ils n’étaient pas à 100% remplis.

Donc ce fut petit “warning” pour nous. Il faut bien faire attention à capter une communauté qui pourrait vraiment s’intéresser à nos évènements. Ce fut donc un bel apprentissage, où on a appris qu’il fallait parfois plutôt viser plus petit mais mieux !

Quel conseil donnerais-tu à une personne qui souhaiterait devenir entrepreneuse ?

O.B : Pour moi, suivre son intuition est primordial. Pour lancer une entreprise, il faut avant tout répondre à une problématique qui nous touche personnellement. Et pour laquelle on arrive donc à avoir des intuitions, une certaine sensibilité. Le plus important c’est de créer un produit dont quelqu’un va réellement avoir besoin. Parce qu’aussi génial soit-il, s’il ne répond à aucun besoin, seuls les “friends & family” iront l’acheter (rires) !

Au-delà de ça, il faut se dire que si on est là, à gérer cette marque, c’est qu’on a quelque chose à raconter. Donc il faut oser aller chercher sa particularité, cette volonté unique qui va résonner chez vos potentiels clients !

Gina : la marque qui lève le tabou des règles

Gina est donc une jeune marque pleine d’ambition et surtout pleine d’avenir, avec à sa tête une entrepreneuse forte et audacieuse ! Transparente et qualitative, Gina propose pour la première fois une alternative saine pour vivre ses menstruations plus sereinement. Et rien que pour ça, on fonce acheter son premier kit de règles Gina !

Jeanne Ballion

Comme le dirait Françoise Héritier, l'écriture est le "sel de ma vie" ! Amoureuse des mots, je donne libre cours à ma plume sur Ô Magazine. Même si je dois avouer que la mode reste mon domaine de coeur, j'écris de tout, sur tout et partout !

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