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Emmanuel Macron au Parlement européen : IVG, climat, État de droit et sécurité étaient à l’ordre du jour

Emmanuel Macron est attendu au Parlement européen

Emmanuel Macron a exposé sa vision de l’Europe devant le Parlement européen ce matin pour la présidence de la France du Conseil de l’Union européenne jusqu’au 30 juin 2022. Dans une deuxième partie, il répond aux questions des eurodéputés. 

Le président de la République était attendu ce mercredi 19 janvier pour s’exprimer devant un parterre de députés européens à Strasbourg. Son intervention d’une trentaine de minutes a pour objectif de « porter un discours d’orientation et de vision ». Pour son entourage, l’allocution ne s’inscrit pas dans le cadre de la campagne présidentielle, ce que déplorent ses adversaires. La députée européenne LFI dénonçait sur Europe 1 “une instrumentalisation” de la présidence française de l’UE à des fins “électoralistes”. 

Emmanuel Macron veut renforcer le poids de l’Europe

11:43 : « Je suis extrêmement heureux et honoré aujourd’hui de m’exprimer devant vous en ce début de présidence française.  », déclare en guise d’introduction le président de la République. Son premier objectif est le renforcement des  » valeurs qui nous font et qui, à force d’être considérées comme des acquis, ont fini ces dernières années par se fragiliser ». Alors que la Pologne et la Hongrie sont directement ciblées, M. Macron estime que « la fin de l’Etat de droit, c’est le règne de l’arbitraire, (…) c’est le signe du retour aux régimes autoritaires, au bégaiement de notre histoire.  » De ce fait, il évoque une nouvelle réforme de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, souhaitant que le droit à l’avortement et la protection de l’environnement soient intégrés. L’annonce intervient juste après l’élection par les eurodéputés d’une présidente opposée à l’IVG. « Nous serons au rendez-vous du combat pour la démocratie libérale (…) pour l’Etat de droit », a-t-il déclaré. Pour cette présidence française, le climat sera également le « premier des défis européens ». Son intention est notamment de « transformer nos industries, investir dans les technologies du futur, qu’il s’agisse des batteries ou de l’hydrogène  ».

Autre défi : la révolution numérique. « Les deux grands textes que nous aurons à bâtir sont ceux qui nous permettront de protéger économiquement les acteurs du numérique, mais aussi de protéger nos citoyens et le débat démocratique contre la manipulation, les discours de haine, contre lesquels nous allons mettre en place ces régulations nouvelles. » Dans un autre temps, « un nouvel ordre de sécurité » pour l’Europe avec l’Otan est annoncé. « La sécurité de notre continent nécessite un réarmement stratégique de notre Europe comme puissance de paix et d’équilibre, en particulier dans le dialogue avec la Russie ». Par ailleurs, le chef de l’Etat affirme sa volonté de réformer l’espace Schengen « pour protéger nos frontières extérieures ». Il souhaite ainsi « bâtir des partenariats avec les pays d’origine et de transit pour lutter contre les réseaux de passeurs et rendre efficace notre politique de retour  ». Enfin, un nouveau partenariat avec le continent africain est prévu, qui sera introduit par un sommet au mois de février.

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Avec cette présidence française, Emmanuel Macron veut incarner un dynamisme nouveau de l’Europe. Depuis la campagne de 2017, le président de la République a toujours montré un attachement fort à cette coalition politico-économique. Cependant, les équipes du président veulent aussi que ce discours ait un écho national.

Salve de critiques de l’opposition

Cette réunion fait déjà apparaître des visions contradictoires de l’Europe sur le plan national. En effet, toutes les oppositions sont dans les starting-blocks pour critiquer le président. Après le discours d’Emmanuel Macron, les représentants des sept groupes parlementaires prennent la parole pour poser leurs questions. Plusieurs personnalités politiques françaises sont présentes comme Manon Aubry (LFI), Jordan Bardella (RN) ou encore François-Xavier Bellamy (LR).

À peine la prise de parole terminée, Jean-Luc Mélanchon dénonce la « faible initiative » de la présidence française. « C’est toujours la Commission qui a la haute main sur ce qui se fait. [Emmanuel Macron] pouvait apporter de nouveaux sujets, mais il n’apporte rien ». Yannick Jadot déplore quant à lui l’inaction climatique du président. « Vous sacrifiez l’ambition climatique de l’Europe. » déclare-t-il, avant de faire une référence au dernier film d’Adam McKay :  » Vous préférez signer des armistices avec les lobbys plutôt que de mener la guerre au dérèglement. Vous préférez procrastiner telle Meryl Streep dans le film Don’t Look up.  »

L’eurodéputée LFI Manon Aubry a également violemment critiqué Emmanuel Macron. « Vous vous présenter comme le champion de l’Europe qui protège. Mais qui protégez vous en réalité ? Protégez vous les droits sociaux quand vous faites les poches des chomeurs et retardez les directives sur les travailleurs ubérisés ? Protégez vous la souveraineté quand vous signez à tour de bras des accords de libre échange ? Protégez vous l’état de droit et la démocratie quand vous pactisez avec le Hongrois Orban et quand vous mutilez les gilets jaunes ? », s’est-elle exclamée.

Face à ces nombreuses attaques, le délégué général de La République en marche, Stanislas Guerini, a dénoncé sur les réseaux, « des opposants français qui instrumentalisent le débat au Parlement européen pour retomber dans les attaques outrancières du débat national face au Président venu parler…d’Europe. »

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