En juillet 2016, OpinionWay réalisait un sondage pour le journal La Croix sur le rapport entre les 18-30 ans et la religion. Les résultats concluaient à un renouveau dans l’intérêt des Millenials pour les pratiques religieuses. Etonnant? Pas tant que ça!

En 2016, un sondage réalisé par OpinionWay pour le média La Croix avait conclu que le nombre jeunes déclarant croire en Dieu ou toute autre spiritualité (catholique, musulman, juif, bouddhiste, protestant confondus) était passé de 34 à 53% en seulement 8 ans dont 42% de catholiques. Depuis, peu de choses ont changé. Selon une étude publiée par Statista en juillet 2019, 53% des 18-30 ans, soit plus de la moitié, se considèrent comme appartenant à une religion. Toujours selon OpinionWay, près de quatre jeunes sur dix estiment que la dimension spirituelle est importante dans leur vie personnelle. Des chiffres étonnants sans perdre de vue le nombre de jeunes non-croyants qui reste tout aussi important.

Une question générationnelle?

En France les valeurs religieuses ont connu une chute vertigineuse avec la génération des baby-boomers et mai 68. La jeunesse revendique alors son émancipation et sa liberté vis-à-vis de notions très ancrées, notamment religieuses. L’heure est alors à l’idéalisme politique, car si les jeunes de la fin du XXème siècle clament ne plus croire en Dieu, c’est dans le communisme notamment qu’ils placent tous leurs espoirs. Plusieurs décennies et une chute des Twin Towers et du communisme plus tard, la politique déçoit, les manifestations et contestations de l’autorité se multiplient. On perd une certaine innocence idéaliste d’un nouveau millénaire qui s’annonçait fièrement prometteur. Contrairement aux baby-boomers, les jeunes ne croient plus en la politique. Selon France Culture, seulement 39% des 18 à 24 ans se sont déplacés pour voter aux élections européennes de 2019. Ainsi les jeunes ne sont pas “dépolitisés” comme beaucoup le prétendent, mais plutôt méfiant vis-à-vis des institutions.

Vers de nouvelles pratiques?

Contrairement aux décennies précédentes, les pratiques religieuses sont beaucoup plus visibles et croire en Dieu s’affirme désormais. Les réseaux sociaux deviennent alors des lieux de cultes communs. Sur des plateformes telles que YouTube ou Instagram, les chaînes et comptes entièrement dédiés à la religion fleurissent. Entre conseils pratiques et réflexions personnelles sur certains sujets comme “être en couple lorsque l’on est croyant”… Des adolescents et jeunes adultes n’hésitent plus à partager leur foi face caméra. Selon Pierre-Antoine Fabre, historien des religions et directeur adjoint du Centres d’études en sciences sociales du religieux (CéSor), ce phénomène de la diffusion de la foi par les réseaux sociaux, où la notion de groupe et de la communauté domine, est loin d’être anodin: “On ne va pas rechercher la communauté la plus vaste, au contraire, on va beaucoup plus chercher à appartenir à un groupe, une communauté restreinte“. Dans une génération “moins marquée par l’héritage, mais plus par l’inquiétude sur l’avenir“, la religion peut sembler réconfortante. Elle apparaît comme un nouveau moyen de tisser des liens dans un monde toujours plus individualiste.

Bien que l’athéisme soit toujours autant présent en France, les sondages s’accordent à dire que les religions sont de plus en plus diversifiées. Toujours selon Pierre-Antoine Fabre, “la religion se conçoit désormais dans une relation plus horizontale avec ses adeptes“. Une opposition intéressante par rapport à la génération précédente, qui considèrent la religion comme une institution supérieure à eux sans dialogue possible. Et vous, vous considérez vous croyant? N’hésitez pas à nous partager votre avis en commentaire et sur Twitter: https://twitter.com/o_webmag?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor.

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