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Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran

Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran

Dans Crimson Peak, sorti en 2015, Guillermo del Toro nous propose une plongée romantique et angoissante dans les années 1900. Fantômes, mensonges du passé et amour passionné se mêlent dans cette fable horrifique mais exaltante. Quant est-il des costumes ? Nous nous sommes penchés sur la question. Suivez-nous dans Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran.

Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran

Crimson Peak est un film entre l’horreur et la romance. Un équilibre parfait les lie. Son esthétique visuelle se situe entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle. On retrouve donc la fascination pour le surnaturel et les histoires de revenants hantant les vieilles bâtisses.

Les costumes sont signés par Kate Hawley. Cette dernière a travaillé sur les costumes de Suicide Squad ou Egde of Tomorrow. Elle cherche la rigueur historique et les costumes sont alors proches de ceux portés en 1901. Tous ont été réalisés à la main. Ces looks victoriens possèdent de nombreux détails soigneux, notamment en terme d’accessoires avec les lunettes, les ombrelles, les petits chapeaux… Ce souci de précision fait ainsi toute la différence.

Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran
Ces looks victoriens possèdent de nombreux détails soigneux, notamment en terme d’accessoirisassions.
©Legendary Picture

Le film fait alors écho au symbolisme. Les formes, les couleurs, les effets des textiles accompagnent chaque protagonistes. Ils racontent véritablement l’histoire et la progression du personnage au travers du scénario et son avancé dans le récit.

Concentrons-nous sur les deux personnages féminins. Édith, l’héroïne et Lucille. Toutes deux entretiennent une relation tendue, avec donc une grande rivalité. La première est au centre de l’histoire. Elle est jeune, innocente et curieuse. La seconde est sa belle-sœur. Elle s’impose comme une femme sombre et mystérieuse. Ce contraste recherché nous raconte ainsi deux histoires qui se rejoignent pour n’en former qu’une finale…

Crimson Peak :  le XXème siècle sur grand écran
Ce contraste nous raconte ainsi deux histoires qui se rejoignent pour n’en former qu’une finale…
©Legendary Picture

Édith, la jeunesse de la vertu du XXème siècle

Le personnage d’Édith porte des couleurs claires ou chaudes. Elle est un symbole de fraîcheur, de liberté et d’insouciance. Une femme profondément nouvelle et tournée vers l’avenir de ce nouveau siècle. On retrouve ici des étoffes délicates, soyeuses et vaporeuses. D’ailleurs, Édith, dans Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran, est un symbole de fertilité. En effet, les papillons, les fleurs ou encore la rondeur de ses tenues représentent la possibilité et la nécessité d’un futur résolument moderne.

Au début du film, la jeune femme porte des couleurs dans les tons ocre. Elle est lumineuse, chaleureuse. Ses vêtements ne l’oppressent pas. Elle demeure libre de ses mouvements. Par exemple, lors de la promenade au parc, elle ne porte qu’une chemise légère et une jupe. Classique et pratique.

Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran
Elle est lumineuse, chaleureuse. ©Legendary Picture

Lors de son mariage avec Thomas Sharpe, le frère de Lucille, elle arrive chez eux dans une robe jaune, créant ainsi un contraste violent avec ce monde terne. Elle a peur et est mal accueillie. Cette dominance de la lumière souligne et renforce cette impression de malaise et de fossé entre les deux familles. Notons d’ailleurs que sur son manteau de mariage, celui-ci est affublé de violettes qui, à l’époque, étaient les fleurs du deuil. Comme l’annonce des évènements à venir…

Petit à petit, Édith s’affuble de vêtements plus lourds (comme une robe de chambre) qui lui permettent de mieux se fondre dans l’atmosphère du château presque en ruine. Pourtant, elle conserve sa part de légèreté avec des pièces vaporeuses et délicates (sa chemise de nuit notamment).

Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran
Édith s’affuble de vêtements plus lourds qui lui permettent de mieux se fondre dans l’atmosphère
©entertainmentweekly

C’est lors de la résolution de l’histoire que toute sa personnalité se dévoile. Elle porte une robe blanche, légère, presque transparente. Ainsi, elle est une icône innocente. La jeune femme se révèle victime et héroïne romantique du récit. On peut y voir une figure presque biblique avec cette pureté virginale. Le travail du plissé viennent renforcer la fragilité et les manches, le col renforcent pourtant son caractère fort et déterminé. Elle est devenue une femme complète.

Lady Lucille, le corbeau noir de Crimson Peak

Lucille aborde une silhouette corsetée, rigide, droite. À l’opposé d’Édith, elle a une allure immuable. Chaque mouvement est contraint, difficile. Ce côté froid du personnage se révèle plus encore dans le choix des couleurs : le bleu sombre, le rouge, le noir… Les tissus ainsi sont lourds avec le velours qui lui donne du poids.

Lady Lucille est un personnage jaloux et torturé. Elle n’aime pas sa belle-sœur et le lui signifie bien. Elle se sent séparée de son frère par cette nouvelle femme. Le personnage est un personnage dramatique, presque une anti-héroïne tragique. Elle se pare de cols hauts qui semblent soutenir l’ensemble de son corps. Ces artifices accentuent sa posture de tragédienne.

Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran
Ces artifices accentuent sa posture de tragédienne. ©entertainmentweekly

Sa personnalité, faite de douleur et d’ombrage, est renforcée avec des broderies. Effectivement, ces dernières esquissent des formes et des reliefs durs, triangulaires et pointus. On peut les comparer aux griffes d’un prédateur. Elles rampent ainsi tout le long de son corps comme un symbole de son envie qui la dévore.

Il s’agit là d’un personnage rattaché au passé. Lucille, vivant depuis toujours à Crimson Peak, s’associe à une allure squelettique. Serrée dans des corsets, des robes étriquées, elle redessine son corps. Elle exagère les formes de dernier, comme pour renforcer sa minceur. De plus, elle apparaît déshumanisée, sa peau est entièrement camouflée. Même la dentelle dans le dos de ses robes esquisse la forme d’une colonne vertébrale

Son opposition avec Édith est flagrante tout au long du film. On pourra le constater très particulièrement lors de la scène du bal. Édith parait dans une robe blanche très simple, aérienne. Cette dernière est le personnage qui va découvrir la vérité. Alors que Lucille porte une robe proche du corps rouge. Cette couleur met en scène les évènements à venir ainsi que la passion destructrice qui l’anime. Sa traîne est alors son passé qui ne la quittera plus.

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Sa traîne est alors son passé qui ne la quittera plus. ©Legendary Picture

Ainsi, dans Crimson Peak : le XXème siècle sur grand écran, les costumes des deux personnages féminins renforcent et marquent leurs différences et leur opposition. Ils dessinent leur personnalité mais surtout leur relation au temps. Là où Édith incarne le présent et donc le futur, Lucille est un fantôme du passé, sans espoir.

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